Chakib El Khiyari : LE JUGEMENT DE LA HONTE !
La sentence de trois ans de prison ferme infligée au défenseur des droits de l’homme Chakib El Khiyari a été confirmée par la Cour d’appel de Casablanca. Un tour de vis supplémentaire de la justice marocaine qui met sur la table la question de la grâce royale.
par Hicham Bennani
«Il faut que le Palais intervienne, car on ne peut plus faire confiance à la justice marocaine», dénonce Amine El Khiyari, frère de Chakib El Khiyari, président de l’association Rif des droits de l’homme. Mardi 24 novembre, la Cour d’appel de Casablanca a confirmé le jugement de première instance de Chakib El Khiyari, poursuivi pour outrage à magistrat et au corps constitué. Résultat : trois ans d’emprisonnement ferme et une amende de 753 930 dirhams.
«Le jugement n’est pas seulement de trois ans. Il est d’une année supplémentaire si jamais El Khiyari ne paye pas l’amende au Trésor», précise Mounir Benlakhdar, avocat de Chakib El Khiyari. (Lire la suite…)
Annahj Addimocrati : marxisme à la marocaine
La voix radicale
Extrême gauche. Le parti marxiste-léniniste Annahj Addimocrati s’apprête à rendre hommage aux martyrs qui ont marqué son histoire. Retour sur un courant politique qui a su faire entendre sa voix, malgré les intimidations des pouvoirs publics.
«Aujourd’hui, le Maroc est victime d’une crise politique très grave, parce que le peuple n’est pas représenté», déplore Abdellah El Harrif, secrétaire national d’Annahj Addimocrati (la Voie Démocratique). Avec tous les membres de son parti, cet ancien militant de l’organisation marxiste Ilal Amam prépare activement «La journée des martyrs» qui aura lieu le 5 décembre prochain. «Nous avons beaucoup de mal à obtenir une salle afin de tenir ce meeting, les autorités nous mettent les bâtons dans les roues, se plaint El Harrif. Au pire des cas, la rencontre n’aura pas lieu dans une salle publique». (Lire la suite…)
USFP : le grand retour de EL YAZGHI ?
L’USFP dos au mur
Même s’il conserve un poids important du fait de son passé politique, le parti de la rose traverse une dangereuse crise où la question du retour à l’opposition se pose en toile de fond. A la veille du conseil national du parti, un retour en grâce de Mohamed El Yazghi serait-il salutaire ?
par Hicham Bennani
Mohamed El Yazghi, qui n’o
ccupe pas de poste officiel à l’USFP depuis décembre 2007, se retrouve en position idéale, après le retrait de la direction actuelle dans la prise en main de l’évolution du parti. Secrétaire général du parti de la rose de 2005 à 2007, il avait dû démissionner après la remise en cause par ses membres de la participation de l’USFP au gouvernement après l’échec des élections. L’homme garde toujours un œil attentif sur les siens. A quelques semaines du conseil national de l’USFP, le ministre d’Etat sans portefeuille pourrait-il faire son retour en grâce ? P (Lire la suite…)
Presse marocaine : LA HOGRA !
Epée de Damoclès sur la presse
par Hicham Bennani
La justice marocaine n’en finit plus d’affaiblir la presse nationale, trop souvent coupable de titiller la monarchie. Le bilan du mois d’octobre, marqué par des sentences démesurées, fait indéniablement régresser la liberté de la presse au Maroc. L’étude des différents cas démontre que l’attitude des pouvoirs publics envers les journaux dépend de la ligne éditoriale qu’ils adoptent vis-à-vis du régime.
La caricature qui dérange
L’affaire Le samedi 26 septembre, jour du mariage de Moulay Ismaïl avec une ressortissante allemande de confession musulmane, Akhbar Al Youm publie une caricature du prince assis sur une aamaria, avec en toile de fond un drapeau du Maroc. Le numéro en question reste en vente dans les kiosques jusqu’au lundi. Le ministère de l’Intérieur décide alors de saisir tous les numéros ainsi que les archives. Les bureaux d’Akhbar Al Youm sont mis sous scellés et interdits d’accès. Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien et Khalid Gueddar, son caricaturiste, sont interrogés sans ménagement par la DST durant deux jours.
La sentence Vendredi 30 octobre, Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar sont condamnés par le tribunal de première instance de Casablanca à trois ans de prison avec sursis et à une amende de trois millions de dirhams à eux deux. Moulay Ismaïl avait déposé une plainte, qui a été maintenue, malgré des excuses de Bouachrine rendues publiques. Poursuivis également par le ministère de l’Intérieur pour «offense au drapeau national», les deux journalistes ont été condamnés par le même tribunal, à l’issue d’un second procès, à un an de prison avec sursis et à une amende conjointe de 100 000 dirhams.
Et maintenant ? (Lire la suite…)
Pierre Vermeren : «Au Maroc, on fait de la politique fiction»
Pierre Vermeren,
historien français, spécialiste du Maghreb
Q : Votre ouvrage Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée vient d’être réédité en France. Comment expliquez-vous son succès ?
R : Il y a beaucoup d’interrogations en France parce que la presse donne un compte-rendu de l’actualité marocaine très aseptisé. La censure du journal Le Monde n’a fait qu’accentuer la demande. Pourtant, le Maroc est un pays qui marche très bien dans l’actualité éditoriale en France, à la fois par intérêt, par amitié et aussi par volonté de comprendre ce qui se passe. Les Français ne sont pas que des touristes potentiels. Une partie de la population française essaye de mesurer la réalité des changements en cours au Maroc. (Lire la suite…)
Documents de la CIA : Hassan II et Kissinger
Prémices d’une marche annoncée
Treize jours avant l’annonce de l’annexion du Sahara par Hassan II, le directeur de la CIA avait écrit une lettre à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, pour le prévenir des intentions de l’ancien monarque. Un document qui éclaire sur les informations dont disposaient les USA dans cette affaire.
par Hicham Bennani

Henry Kissinger, secrétaire d'Etat américain aux Affaires étrangères, s'entretient avec le roi Hassan II du Maroc en novembre 1973 à Casablanca.
«Si l’armée espagnole reste au Sahara, un grave conflit pourrait éclater», prévient William Colby, directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) le 3 octobre 1975, dans un memorandum envoyé à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain. Le document parle d’un pari risqué du Maroc qui joue à «quitte ou double». Selon Colby, cela pourrait conduire soit à la chute du gouvernement de Rabat, soit à une crise politique du côté de Madrid. Le rôle éventuel que pourrait avoir l’Algérie et la Mauritanie est également signalé. Le rapport laisse à penser que la CIA a poussé l’administration américaine à jouer un rôle de médiateur entre le roi du Maroc et les autorités espagnoles. Le médiateur en question n’était autre que le Directeur-adjoint de la CIA à l’époque : le Général Vernon Walters, un proche de Hassan II. Les documents d’histoire attestent du fait que Walters et le défunt monarque se connaissaient depuis l’enfance. En 1973, lorsque l’OLP avait exécuté deux diplomates américains au Soudan, une rencontre entre les Etats-Unis et l’OLP avait été organisée au palais royal grâce aux liens solides qu’entretenaient Walters et Hassan II. (Lire la suite…)
L’hégémonisme du PAM
Par Hicham Bennani

L’élection du nouveau président de la chambre des conseillers n’a fait qu’aggraver la mainmise du parti de Fouad Ali El Himma. Devant l’incohérence de la scène politique, les partis les plus lésés s’organisent tant bien que mal pour faire entendre leur voix.
«Jamais ! Jamais ! Jamais !», a lancé Mahmoud Archane à un parlementaire, dans le hall du parlement le 13 octobre dernier. Par ces mots, cet ancien exécutant de Driss Basri, affichait sa détermination à ne pas voter en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM (Parti Authenticité et Modernité), qui était candidat au poste de président de la Chambre des conseillers. Pourtant, les deux hommes sont loin d’être des ennemis. Ils sont même assez proches, selon plusieurs sources parlementaires. «Ce n’était pas un choix très politique. En fait, on connaissait le bilan de Benkkadour et on savait ce qu’il voulait faire, mais on ne savait pas ce qui allait advenir de la Chambre des conseillers avec ce Biadillah», nous confie Archane. Le 6 octobre précédent, Abdelwahed Darouich, conseiller à la Deuxième chambre, prédisait déjà, dans les colonnes du quotidien arabophone Al Jarida Al Oula, la victoire annoncée du protégé de Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM : «L’élection de Biadillah sera l’événement de l’année. (Lire la suite…)
Familles des victimes de Mawazine : TEMOIGNAGES
Séquelles d’une tragédie
par Hicham Bennani
«Soyez patient, le dossier suit son cours, cela demande du temps, il est entre les mains du roi, on ne peut donc pas bousculer les choses, Dieu est grand ! Ne faites pas quelque chose qui va vous nuire. Il faut être patient». C’est ce que Abdelkrim Guellab, caïd du 15e arrondissement de Rabat a déclaré aux familles qui ont perdu un de leur proche en mai dernier, pendant un concert du festival Mawâzine. «Nous ne réclamons que nos droits les plus élémentaires !», clament d’une seule et même voix toutes ces familles. Elles sont onze. Onze familles qui attendent depuis des mois un geste de l’Etat. Toutes les victimes, âgées de 9 à 55 ans, sont principalement issues de quartiers populaires de Rabat ou Salé. «Depuis la mort de mon fils, c’est le parcours du combattant pour obtenir des informations sur l’avancement de l’affaire», témoigne Mohamed Naji, dont le fils Zouheir est décédé à Mawâzine à l’âge de 14 ans. En manque d’informations, ce père de famille sans emploi qui a encore six enfants à charge, a réuni toutes les familles des victimes durant le mois d’octobre, afin de constituer un groupe soudé qui puisse obtenir justice. Il a déposé une requête aux autorités mettant en avant les intentions des familles de faire avancer le dossier. (Lire la suite…)
Jamal Alioui : «Erbati ferait mieux de se taire au lieu de critiquer les autres!»
Comment avez-vous vécu la dernière défaite des Lions de l’Atlas à l’extérieur contre le Gabon (3-1), alors que vous étiez dans les tribunes ?
J’ai été vraiment déçu après ce match. Ce qui me chagrine, c’est que mon pays perde. Je ne parle pas sur un plan personnel. Que je joue ou que je ne joue pas, je suis le premier à être déçu. Je suis mécontent parce que l’équipe nationale a perdu.
Est-ce que le Maroc a des chances de participer à la coupe d’Afrique ?
Mathématiquement, il faut battre le Cameroun. Il faut aussi que le Gabon batte ou fasse match nul contre le Togo. Maintenant, vu le dernier match, ce sera très difficile.
Qu’est-ce qui explique les mauvais résultats de l’équipe ? (Lire la suite…)
CATACLYSME AU RNI !
Contre toute attente, Mustapha Mansouri est toujours le patron du parti de la colombe, au détriment de Salaheddine Mezouar. Un branle-bas de combat a éclaté entre les deux clans. Les déclarations télévisées d’un membre du bureau politique ont alimenté les interrogations.
De toute évidence, l’émission de Abdessamad Benchrif a agité les parlementaires qui étaient présents le mardi 13 octobre, à l’occasion de l’élection du président de la Chambre des conseillers. La veille au soir, Mohamed Aujjar, membre du bureau exécutif du RNI (Rassemblement National des Indépendants), avait en effet tenu des propos chocs. Dans le cadre de l’émission Tiyarat sur 2M, il a indiqué que son parti quitterait la majorité, si le Premier ministre Abbas El Fassi appelait à voter pour le candidat de l’opposition. A noter que le numéro 1 de l’Istiqlal avait donné des consignes de vote en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM, au détriment de Maâti Benkadour candidat unique de la majorité (RNI). Mêmes directives de la part de Mohand Laenser, secrétaire général du MP (Mouvement Populaire), pourtant lui aussi dans la majorité. Dans le cas où la majorité soutienne l’opposition, le RNI n’a plus rien à y faire, selon Aujjar. Un discours qui se tient jusqu’ici… (Lire la suite…)
Islam au Maroc : sommes nous plus croyants qu’avant ?
Un récent rapport avance que la religion prend de plus en plus d’ampleur. Mais ses arguments sont-ils convaincants ?
Les jeunes, et la société marocaine en général, s’intéresseraient de plus en plus à la religion. C’est ce qui ressort d’un rapport sur les appartenances à la religion dans la société marocaine entre 2007 et 2008, qui a été présenté le 3 octobre dernier à Rabat. Il a été mis en place par le Centre Marocain des études et des recherches contemporaines, qui a récemment vu le jour. Les travaux de recherche ont été effectués par dix chercheurs marocains. «Ce sont tous des Doctorants ou des étudiants qui ont au moins un Master», explique Mustapha El Khalfi, directeur du centre et directeur de publication du quotidien arabophone Attajdid. Pour prouver ce qu’il avance, le rapport met en exergue plusieurs arguments, chiffres à l’appui, comme le taux d’affluence dans les mosquées qui aurait particulièrement progressé. En se basant sur les statistiques du ministère des Habous, le document indique que le nombre de mosquées dans le royaume est passé de 41 755 en 2007 à 47 967 en 2009, dont 13 143 dans les villes et 34 784 dans les zones rurales. (Lire la suite…)
La véritable histoire du Mouvement populaire
50 ans de déchirements
La haraka en est déjà à sa cinquantième année depuis qu’elle a été créée. Retour sur l’histoire encore trop floue d’un parti marqué par de nombreuses scissions, qui a toujours servi la monarchie.
par Hicham Bennani
«Nous n’avons pas acquis l’indépendance pour perdre la liberté». Selon Mahjoubi Aherdane, président du Mouvement Populaire (MP), c’est sur cette phrase que s’est construit son parti. «La liberté se gagne, elle ne se donne pas. Le fils du berger a les mêmes droits que le fils du ministre», argumente Aherdane. Véritable figure de l’amazighité, son nom est intrinsèquement lié au MP. Aujourd’hui encore, il reste incontournable et son poste n’est pas uniquement symbolique. Mais d’autres grands noms comme celui de Abdelkrim El Khatib sont gravés à l’encre indélébile dans les mémoires de la tumultueuse histoire du MP. Les prémices de la création de ce parti apparaissent en 1947, avec la tentative de créer un mouvement pour la libération de l’Afrique du nord. La première réunion devait avoir lieu à Tunis, mais elle a été annulée suite à un désaccord avec les Tunisiens. En 1952, Aherdane, qui est caïd d’Oulmès, refuse de signer une pétition en faveur de la France du Pacha El Glaoui. Un document qui remet en question la légitimité du souverain. Aherdane est alors démis de ses fonctions par le Résident général et entre dans l’Armée de Libération. «Nous étions d’accord sur l’essentiel, sur la base même de notre engagement : le principe monarchique. L’unité du pays garantie par le trône», raconte El Khatib dans l’ouvrage Aherdan, Ezzayegh. Avec les deux hommes, plusieurs membres de l’Armée de Libération comme Lahcen Lyoussi et Mbarek Bekkaï, organisent des réunions dans le but de former un mouvement qui puisse contrecarrer l’hégémonisme de l’Istiqlal. Le Dahir des libertés publiques qui donnerait aux nouveaux partis le droit d’exister est proposé par Mbarek Bekkaï. Mais il n’est pas accepté par les autorités. (Lire la suite…)
Bouderbala : «Zaki n’est pas une solution pour l’équipe nationale»
Interview : Aziz Bouderbala, ancienne légende des Lions de l’Atlas
Après le résultat des Lions de l’Atlas contre le Togo (1-1), quelles sont les chances du Maroc de se qualifier en coupe du Monde ?
Ce n’est pas impossible sur le papier. Mais lorsqu’on regarde l’équipe nationale jouer, cela semble vraiment impensable. Contre le Togo, nous avons été incapables de battre une équipe quasi-inexistante. Nos joueurs évoluent pourtant dans de grands clubs en Europe. Il aurait fallu un exploit individuel pour gagner.
Est-ce une bonne chose que quasiment toute l’équipe soit constituée de joueurs évoluant à l’étranger ?
Le problème n’est pas là. Je pense que les gens qui gèrent le sport au Maroc ne savent pas ce qu’ils veulent…
Vous parlez de qui ? (Lire la suite…)
PAM/RNI : petites querelles, grands enjeux
Mustapha Mansouri est plus que jamais isolé au sein de son parti. Fouad Ali El Himma y est sans doute pour quelque chose, car ses différends avec le président du RNI ne datent pas d’hier.
Aujourd’hui, Salaheddine Mezouar, membre du comité exécutif du RNI (Rassemblement National des Indépendants), ne mâche pas ses mots pour évoquer les problèmes internes de son parti. Une fois n’est pas coutume, le ministre de l’Economie et des Finances a surpris toute la classe politique début septembre, en tirant à boulets rouges sur le président du RNI, Mustapha Mansouri, dans les colonnes du quotidien Al Massae. S’en sont suivies deux déclarations des ministres Mohamed Boussaïd et Aziz Akhannouch, parues dans La Vie éco, dénonçant les résultats du parti (pourtant jugés bons par Mansouri !) «Nous pensons que le bilan de Mansouri est mauvais et il faut donc en débattre», soutient Rachid Talbi, ancien ministre et ex-maire de Tétouan. «L’échec de Mansouri», dénoncé par des figures emblématiques du RNI a fait les choux gras de la presse du pays. Les membres du bureau politique du RNI de toutes les régions ont reçu une pétition pour réclamer le départ de Mansouri, suite à la «mauvaise gestion du parti». Un document élaboré dans la nuit du 20 septembre, après plusieurs débats au cours du mois de ramadan. Maâti Benkadour, Salaheddine Mezouar, Mohamed Boussaïd, Mohamed Aujjar et Rachid Talbi sont les premiers signataires. (Lire la suite…)
Mouvement Populaire : rien ne va plus
Un parti dans la tourmente
Au cours d’une réunion à son domicile, Mohand Laenser est parvenu à amadouer les membres de son bureau politique, faisant fi de la crise qui s’aggrave au MP depuis trois ans. Explications.
Par Hicham Bennani

Les violons ont parfois du mal à s’accorder. Le vendredi 11 septembre, presque tous les membres du bureau politique du Mouvement Populaire (MP) se sont réunis autour d’un ftour chez Mohand Laenser, secrétaire général du parti. La réunion, qui s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, était prévue la veille. «En tant que ministre d’Etat, Laenser était obligé d’assister à la causerie religieuse de Marrakech du jeudi 10 septembre», justifie Essaïd Ameskane, porte-parole du MP. Les mauvaises langues avancent une toute autre version : certains membres ne voulaient pas que la réunion se déroule au domicile de Laenser. Et pour cause, cette rencontre, compte tenu de ses enjeux, ne pouvait pas ressembler à un petit ftour entre amis. Cela a pourtant été le cas. Durant les mois de juillet et août, plusieurs membres du MP avaient pourtant critiqué les décisions de leur secrétaire général. Au menu du jour pour ce 11 septembre : examiner les préparatifs pour les prochaines échéances électorales. Deux personnes ont brillé par leur absence au cours de la soirée. La première est Fatima Moustaghfir, qui s’est retirée du bureau politique quelques jours avant le ftour. «Le bureau politique n’a rien à voir avec ce que tout le monde pense : les décisions sont prises avant les réunions et on nous demande de les appliquer tout en endossant la responsabilité», s’indigne Moustaghfir, jointe par téléphone. Elle reproche à Laenser «le manque de démocratie, de transparence et de travail sérieux» et menace de quitter le MP à la rentrée parlementaire si la situation ne s’améliore pas. Selon Laenser, Moustaghfir lui aurait simplement envoyé une lettre de démission, sans explications. (Lire la suite…)
RAM : les pilotes VS Benhima
Y a t-il un ministre pour sauver la RAM ?
La grève des pilotes a pris fin le 4 septembre dernier. Depuis, les négociations s’enchaînent afin de régler définitivement le malaise. Retour sur les dessous d’une crise annoncée.
par Hicham Bennani
Mohammed VI a fêté ses 46 ans le vendredi 21 août 2009. Ce même jour, tous les notables et décideurs du royaume étaient présents à la garden-party organisée pour l’événement dans la ville de Tétouan. Parmi eux, le fondateur du PAM (Parti Authenticité et Modernité) et ami du roi Fouad Ali El Himma et le patron de la RAM (Royal Air Maroc), Driss Benhima. Hasard ou coïncidence, aussitôt après, ce dernier convoque les pilotes de la RAM à une réunion marathon qui dure 6 heures le lundi 24 août. Driss Benhima remercie les pilotes de ne pas avoir poursuivi leur grève et leur fait des promesses. Depuis le 21 juillet, le PDG de la RAM n’avait assisté à aucune réunion avec les pilotes, qui avaient décrété une série d’arrêts de travail début juillet. Une question coule de source : que s’est-il passé lors de la garden-party ? De source proche du dossier, El Himma aurait affranchi le roi. Résultat : Benhima aurait passé un sale quart d’heure. Mercredi 26 août, le PDG de la RAM rencontre à nouveau les pilotes pendant de longues heures. Les deux jours suivants les négociations se poursuivront sans lui, ce qui tempère quelque peu la crise qui gangrène la RAM depuis presque deux mois (lire encadré 1). (Lire la suite…)
Jallal Toufiq : le spécialiste de la toxicomanie au Maroc
Jallal Toufiq, directeur de l’Hôpital Arrazi (Salé) et du Centre national de prévention, de traitement et de recherche en addictions
Combien y a-t-il de toxicomanes au Maroc ?
Il y a 4,2% de la population marocaine de plus de dix-sept ans qui a un problème d’usage problématique, c’est-à-dire dépendance ou abus, et qui ont potentiellement besoin de se faire traiter. Sinon, il y a environ 500 000 usagers qui consomment du cannabis de façon problématique.
Quelle est la place du Maroc concernant la prise en charge de la toxicomanie par rapport aux voisins maghrébins ?
Je pense que nous avons été pionniers dans ce domaine par rapport aux pays non seulement du Maghreb mais également du Moyen Orient. Le Maroc, depuis la fin des années 80, a entamé une série d’études épidémiologiques qui s’intéressent à la nature et à l’étendue du problème. J’ai eu la chance de faire partie des groupes de chercheurs qui ont accompagné ces études. Nous avons eu le courage politique de mettre le problème sur la table et de vouloir en connaître la nature. Je crois beaucoup à l’adage anglais qui dit : «If you can’t measure it, you can’t improve it». Autrement dit, si vous ne mesurez pas le problème, vous ne pourrez pas l’améliorer. C’est ce qui nous différencie des autres pays du Maghreb.
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Zahra Boudkour, interview exclusive
Le jeudi 9 juillet 2009, vous avez été condamnée à 2 ans de prison ferme par le tribunal de Marrakech. Vous attendiez-vous à un tel verdict ?
(Long silence) J’ai pris deux ans de prison avec neuf autres étudiants. Un étudiant a écopé de quatre ans. Nous étions tous préparés à une telle sentence. Nous étions même prêts à subir bien pire que la prison. La prison, ce n’est qu’un petit lieu de détention.
Vous n’avez donc pas été déçue après le procès ?
Nous étions préparés psychologiquement. Le temps nous donnera raison car la vérité finit toujours par triompher. En attendant, je reste en prison encore quatre à six mois en attendant le procès en appel.
Que s’est-il passé au tribunal en ce «jeudi noir» ? (Lire la suite…)

Un nouvel épisode de l’affaire Ben Barka a éclaté au grand jour le jeudi 1er octobre. Dans la soirée, un représentant du ministère de la Justice informe les médias que les mandats d’arrêts internationaux émis par Interpol contre quatre ressortissants marocains impliqués dans l’affaire vont enfin être diffusés. Le lendemain, à 19h30 sur France 3, Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, se félicite de la décision du ministère. Une source proche du ministère de la Justice marocain, interrogée par l’AFP, se dit alors «surprise de cette annonce, car c’est une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu’une “partie occulte” veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France». Le gouvernement marocain, quant à lui, reste muet. Mais, coup de théâtre, deux heures après, le même ministère revient sur sa décision. «Le parquet de Paris demande la suspension de la diffusion de ces mandats, dans l’attente des précisions demandées au juge d’instruction», indique un communiqué de l’AFP, qui précise : «Interpol (organisation internationale de police criminelle) a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions, ces mandats sont inexécutables».
Interview : Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Youm
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