Enfants de Salafistes : victimes malgré eux
Les enfants des présumés terroristes des attentats de Casablanca se souviennent de l’arrestation de leur père comme si c’était hier. Depuis, ils sont marginalisés par la société. Encore plus que les autres enfants aux conditions précaires, ils n’ont d’autre choix que de s’en remettre à Dieu. Témoignages à Sidi Moumen, quartier qui a vu naitre des kamikazes du 16 mai.
par Hicham Bennani
Les enfants du bidonville des carrières Thomas, en périphérie de Casablanca vivent toujours dans des conditions précaires. Mais certains sont plus marginalisés que d’autres. En ce lieu appelé «Kariane Toma», un grand nombre de présumés terroristes ont été arrêtés par la police, suite aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Selma Mouhim avait 5 ans, lorsque son père Abdelhak a été enlevé à son domicile. Abdelhak Mouhim, 36 ans, peintre en bâtiment, a été condamné à trente ans de prison ferme. «Je m’en souviens comme si c’était hier. Une vingtaines d’hommes en civil ont pénétré par la force dans la maison. En nous injuriant, ils nous ont demandé où était mon père. L’un d’eux m’a violemment frappé à la jambe. Ma mère venait d’accoucher, ils ont alors dit «mabrouk ziada» (bienvenue au nouveau né) !», témoigne la jeune fille aujourd’hui âgée de 12 ans. Après cela, Selma a continué de se rendre à l’école. «Les premiers mois, mes camarades m’insultaient et me traitaient de fille de terroriste. Une institutrice m’a reproché de porter le voile. Ils me disaient : comment se fait-il que tu obtiennes de très bonnes notes, alors que tu es fille de terroriste, tu ne le mérites pas ! Lorsque je rentre à la maison, je me réfugie dans le travail et je pleure. Je veux que l’innocence de mon père soit faite par la justice», lance Selma en éclatant en sanglots. Pour acheter leurs livres et leur matériel scolaire, les enfants de ceux qui ont été incarcérés après les attentats de Casablanca font avec les moyens du bord, car leurs familles sont coupées de toutes aides extérieures. Et personne n’a le droit de leur apporter de l’assistance. «Nous sommes surveillés en permanence, les voisins sont solidaires, mais on leur passerait les menottes s’ils nous donnaient quoi que ce soit», assure Khamissa Rtimi, sœur de Abderazak Karaoui, condamné à 30 ans de prison ferme. (Lire la suite…)
Mohamed Lahbabi : «Le makhzen rabaisse les partis et les hommes»
Mohamed Lahbabi , Professeur universitaire et membre fondateur de l’USFP (Union socialiste des forces populaires)
Intellectuel, homme de principes, enseignant et leader historique de l’UNFP (Union nationale des forces populaires) puis de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), Mohamed Lahbabi, de par son honnêteté et son expérience, bénéficie du respect de la gauche marocaine et de la classe politique en général. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la politique marocaine et l’économie. Si ses détracteurs tentent de le marginaliser, celui qui est aujourd’hui âgé de 85 ans a le mérite de ne pas user de la langue de bois tout en adoptant un discours modéré et cohérent. La déportation de Mohammed V en août 1953 fait partie des événements qui ont marqué la vie de ce militant chevronné. En mars 1965, il a fait une intervention au Parlement pour dénoncer les exactions du régime. Ce qui a provoqué la colère de l’ancien monarque qui a demandé au ministre de l’Enseignement de rayer Mohamed Lahbabi des cadres de son département. Mais Lahbabi était avant tout l’ami intime de Aberrahim Bouabid, membre fondateur de l’USFP, avec qui il a passé six mois derrière les barreaux à Missour en 1981 pour avoir remis en cause le référendum de Hassan II sur le Sahara. (Lire la suite…)
Fondation Bouabid : bilan d’une rencontre
Le 8 janvier dernier, plusieurs prises de position engagées sont ressorties d’une rencontre-hommage à l’icône de l’USFP Abderrahim Bouabid. Driss Lachgar, le nouveau ministre du parti de la rose qui flirte aujourd’hui avec le PAM, a brillé par son absence.
«La prison est préférable au silence sur un sujet qui touche à l’avenir du pays.» Ces paroles de Abderrahim Bouabid, un des principaux fondateurs de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), décédé le 8 janvier 1992, étaient inscrites en langue arabe sur une banderole, au siège de la Fondation Abderrahim Bouabid, le vendredi 8 janvier 2010. Ce jour-là, plus d’une cinquantaine d’acteurs de la société civile s’étaient donné rendez-vous pour commémorer le 18è anniversaire du décès de Abderrahim Bouabid. Driss Lachgar, membre du bureau politique de l’USFP qui vient d’être nommé ministre chargé des Relations avec le Parlement, était absent. Une fois son portefeuille obtenu, l’homme qui parlait d’un Front national pour la démocratie avec le PJD a radicalement changé d’orientation. «Je n’ai pas été invité. De toutes les façons, je n’ai pas l’habitude de participer à toutes les rencontres associatives, que ce soit pour la gauche ou pour El Himma !», nous déclare Lachgar. Pourtant, selon les organisateurs, tous les membres du bureau politique ont été invités. Abdelouahed Radi, secrétaire général de l’USFP ayant également eu des pourparlers avec le PAM et qui vient d’être éjecté de son poste de ministre de la Justice, était également absent. «Je suis très malade en ce moment», se justifie l’ex-ministre au bout du fil. Dernière absence remarquée, celle de Habib Malki, membre du bureau politique et proche de Radi. Contacté par téléphone, Habib Malki, un des fondateurs et membre actif de la Fondation Bouabid, a indiqué qu’il n’avait été prévenu que mardi 12 janvier et qu’il s’était rendu sur la tombe de Abderrahim Bouabid le vendredi matin avec Radi. «J’ai ensuite pris la route, car j’avais un engagement important en dehors de Rabat», précise H. Malki.
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Driss Lachgar ou la servitude volontaire

A la surprise générale, celui qui critiquait l’Etat, dénonçait les pratiques du PAM et prônait un rapprochement avec le PJD vient d’être nommé ministre. Tout porte à croire que sa nomination a été préméditée. Explications.
par Hicham Bennani
Au sein du Parlement à Rabat, on parle de «douche froide» en ce mardi 5 janvier 2010. Les parlementaires sont surpris et choqués. Driss Lachgar, membre du Bureau Politique de l’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) a été nommé la veille ministre chargé des Relations avec le Parlement à la place de l’Istiqlalien Mohamed Saâd Alami. La grande majorité des militants du parti de la rose sont également dépités. Ils se disent «gênées, trahis et déçus». Ali Bouabid, membre du bureau politique ayant boycotté le dernier conseil national de l’USFP, explique que «le remaniement ministériel est fondamentalement politique, mais il s’est fait en excluant les partis !» Même son de cloche du côté de Mohammed Achâari, membre du bureau politique ayant aussi fait l’impasse sur le dernier conseil national. Il estime que le remaniement ministériel ne s’est pas fait dans la transparence politique. «Il n’y a pas eu de débat, pas d’analyse, rien n’est clair, où sont les grandes orientations politiques ?», questionne l’ex-ministre de la culture. Larbi Jaïdi, membre du conseil national de l’USFP s’étonne également du revirement de Driss Lachgar et préfère ne pas se prononcer «à chaud», en attendant des explications du bureau politique. Il nous souffle tout de même au bout du fil que «cela fait trente ans que je travaille avec Lachgar, il n’y a aucune rationalité dans sa nouvelle position !» Et d’ajouter : «Si les choses échappent à des structures nationales, on a plus rien à dire dans la prise de position». Que représentait Lachgar pour les Ittihadis ? Que lui reprochent-ils exactement ? Et pourquoi semblent-ils autant déboussolés ?
Najib Boulif : «Nous pouvons nous allier avec l’USFP»
Mohamed Najib Boulif,
membre du conseil national du PJD (Parti Justice et Développement), président du PJD dans la région Tanger-Tétouan, vice président de la commission des finances et vice-président du groupe parlementaire du PJD.
«La politique n’est pas un objectif en soi»
Q : Comment s’est déroulé le dernier conseil national du PJD qui avait lieu les 12 et 13 décembre derniers ?
R : Cette session ordinaire du Conseil national avait pour objectif d’évaluer le processus électoral de l’été 2009 et de tracer la voie pour 2010. Nous avons donc ouvert un grand débat juste après la présentation du rapport du bureau politique par le secrétaire général. Tout le monde à pu dire ce qu’il avait sur le cœur. Nous n’y sommes pas allés de main morte. Toutes les questions ont été évoquées. Il y a eu un certain nombre de recommandations que nous avons essayé de transmettre au secrétariat général du Parti, parmi lesquelles on peut citer l’alliance avec l’USFP. On a ainsi demandé à Monsieur Benkirane de faire le nécessaire de manière à ce que cela ce concrétise, c’est à dire passer à l’acte au lieu de théoriser davantage. (Lire la suite…)
USFP : session Omar Bendjelloun, reportage exclusif
La grande pagaille
par Hicham Bennani
Le conseil national du parti de la rose qui s’est tenu les 5 et 6 décembre derniers, a été marqué par la désorganisation du bureau politique, l’indiscipline de certains militants et la langue de bois du premier secrétaire. Récit d’un week-end tumultueux.
«Inssihab, Inssihab! Mene Houkoumate addiaabe ! (Sortez, sortez de ce gouvernement de loups !)», clament d’une seule et même voix une trentaine de militants de la Chabiba Ittihadia, le 5 décembre 2009, devant le portail du complexe Moulay Rachid de la Jeunesse et de l’Enfance de Bouznika, à mi-chemin entre Rabat et Casablanca. Il est 15 heures et 24 minutes. Les jeunes Ittihadis s’apprêtent à participer à la deuxième session du conseil national de l’USFP (Union socialiste des Forces populaires) qui va durer deux jours. L’opinion publique voyait en ce rendez-vous l’occasion pour les bases du parti de faire entendre leurs voix grâce à une remise en question du bureau politique. «Aujourd’hui ou demain, l’opposition est indispensable», poursuivent-ils. Un agent de sécurité les empêche de pénétrer dans le complexe sportif sous prétexte qu’ils ne sont pas tous munis d’un badge du parti. «C’est honteux ! L’Ittihad est en danger !», préviennent les militants. Ils finissent par entrer par la force et poursuivent leur démonstration à l’intérieur de l’enceinte. Ils chantent avec conviction l’hymne ittihadi. Vêtu d’un béret, le jeune Nawfel Belmir mène le bal. Tous se dirigent lentement, en tapant des mains, vers la salle de conférence où 20 membres du bureau politique, ainsi qu’environ 270 membres du conseil national (sur 320) sont en place. Quatre membres du bureau politique brillent par leur absence (lire encadré). L’horloge affiche 15 heures et 40 minutes. Dix minutes plus tard, le conseil national de l’USFP s’ouvre enfin. Fathallah Oualalou, vice-premier secrétaire de l’USFP, est le premier à prendre la parole.
Bienvenue au souk (Lire la suite…)
Les MINARETS Suisses, vus du Maroc avec Tariq RAMADAN
La phobie des grandeurs
La France, l’ONU et même le Vatican ont condamné le vote des Suisses qui ont décidé d’interdire la construction de minarets. Plusieurs pays musulmans ont également dénoncé ce choix. Soucieux de ne pas alimenter un faux débat, le gouvernement marocain reste extrêmement prudent.
par Hicham Bennani
«Bush et les néoconservateurs en ont rêvé, la Suisse l’a fait», lance Nadia Yassine, porte-parole du mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et spiritualité) pour résumer la nouvelle orientation du peuple suisse. Dimanche 29 novembre, 57,5 % des Helvètes ont voté, par référendum, pour l’interdiction de la construction de nouveaux minarets. Le parti de droite populiste Union démocratique du centre (UDC) et le parti chrétien de droite UDF sont à l’origine de cette proposition surprenante. En effet, la Suisse ne compte que quatre minarets sur son territoire et n’est composée que de 4% de musulmans. Pour convaincre les 53% de votants, l’extrême droite avait mis en place des affiches représentant une femme en burqa devant un drapeau suisse orné de minarets qui ressemblaient à des missiles. Les réactions n’ont pas tardé en France, en Suède, en Allemagne, en Suisse, mais aussi en Indonésie, au Pakistan, en Egypte et en Lybie. Le 30 novembre, le Vatican s’est déclaré «sur la même ligne que les évêques suisses», qui ont indiqué que le vote était «un coup dur porté à la liberté religieuse». L’ONU a également dénoncé cette «discrimination». Un jour après, le ministre turc chargé des Affaires européennes, Egemen Bagis, a encouragé les musulmans à retirer leur argent des banques suisses. Au Maroc, c’est le Conseil des ouléma qui s’est chargé du message à destination des suisses. (Lire la suite…)
Chakib El Khiyari : LE JUGEMENT DE LA HONTE !
La sentence de trois ans de prison ferme infligée au défenseur des droits de l’homme Chakib El Khiyari a été confirmée par la Cour d’appel de Casablanca. Un tour de vis supplémentaire de la justice marocaine qui met sur la table la question de la grâce royale.
par Hicham Bennani
«Il faut que le Palais intervienne, car on ne peut plus faire confiance à la justice marocaine», dénonce Amine El Khiyari, frère de Chakib El Khiyari, président de l’association Rif des droits de l’homme. Mardi 24 novembre, la Cour d’appel de Casablanca a confirmé le jugement de première instance de Chakib El Khiyari, poursuivi pour outrage à magistrat et au corps constitué. Résultat : trois ans d’emprisonnement ferme et une amende de 753 930 dirhams.
«Le jugement n’est pas seulement de trois ans. Il est d’une année supplémentaire si jamais El Khiyari ne paye pas l’amende au Trésor», précise Mounir Benlakhdar, avocat de Chakib El Khiyari. (Lire la suite…)
Annahj Addimocrati : marxisme à la marocaine
La voix radicale
Extrême gauche. Le parti marxiste-léniniste Annahj Addimocrati s’apprête à rendre hommage aux martyrs qui ont marqué son histoire. Retour sur un courant politique qui a su faire entendre sa voix, malgré les intimidations des pouvoirs publics.
«Aujourd’hui, le Maroc est victime d’une crise politique très grave, parce que le peuple n’est pas représenté», déplore Abdellah El Harrif, secrétaire national d’Annahj Addimocrati (la Voie Démocratique). Avec tous les membres de son parti, cet ancien militant de l’organisation marxiste Ilal Amam prépare activement «La journée des martyrs» qui aura lieu le 5 décembre prochain. «Nous avons beaucoup de mal à obtenir une salle afin de tenir ce meeting, les autorités nous mettent les bâtons dans les roues, se plaint El Harrif. Au pire des cas, la rencontre n’aura pas lieu dans une salle publique». (Lire la suite…)
USFP : le grand retour de EL YAZGHI ?
L’USFP dos au mur
Même s’il conserve un poids important du fait de son passé politique, le parti de la rose traverse une dangereuse crise où la question du retour à l’opposition se pose en toile de fond. A la veille du conseil national du parti, un retour en grâce de Mohamed El Yazghi serait-il salutaire ?
par Hicham Bennani
Mohamed El Yazghi, qui n’o
ccupe pas de poste officiel à l’USFP depuis décembre 2007, se retrouve en position idéale, après le retrait de la direction actuelle dans la prise en main de l’évolution du parti. Secrétaire général du parti de la rose de 2005 à 2007, il avait dû démissionner après la remise en cause par ses membres de la participation de l’USFP au gouvernement après l’échec des élections. L’homme garde toujours un œil attentif sur les siens. A quelques semaines du conseil national de l’USFP, le ministre d’Etat sans portefeuille pourrait-il faire son retour en grâce ? P (Lire la suite…)
Presse marocaine : LA HOGRA !
Epée de Damoclès sur la presse
par Hicham Bennani
La justice marocaine n’en finit plus d’affaiblir la presse nationale, trop souvent coupable de titiller la monarchie. Le bilan du mois d’octobre, marqué par des sentences démesurées, fait indéniablement régresser la liberté de la presse au Maroc. L’étude des différents cas démontre que l’attitude des pouvoirs publics envers les journaux dépend de la ligne éditoriale qu’ils adoptent vis-à-vis du régime.
La caricature qui dérange
L’affaire Le samedi 26 septembre, jour du mariage de Moulay Ismaïl avec une ressortissante allemande de confession musulmane, Akhbar Al Youm publie une caricature du prince assis sur une aamaria, avec en toile de fond un drapeau du Maroc. Le numéro en question reste en vente dans les kiosques jusqu’au lundi. Le ministère de l’Intérieur décide alors de saisir tous les numéros ainsi que les archives. Les bureaux d’Akhbar Al Youm sont mis sous scellés et interdits d’accès. Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien et Khalid Gueddar, son caricaturiste, sont interrogés sans ménagement par la DST durant deux jours.
La sentence Vendredi 30 octobre, Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar sont condamnés par le tribunal de première instance de Casablanca à trois ans de prison avec sursis et à une amende de trois millions de dirhams à eux deux. Moulay Ismaïl avait déposé une plainte, qui a été maintenue, malgré des excuses de Bouachrine rendues publiques. Poursuivis également par le ministère de l’Intérieur pour «offense au drapeau national», les deux journalistes ont été condamnés par le même tribunal, à l’issue d’un second procès, à un an de prison avec sursis et à une amende conjointe de 100 000 dirhams.
Et maintenant ? (Lire la suite…)
Pierre Vermeren : «Au Maroc, on fait de la politique fiction»
Pierre Vermeren,
historien français, spécialiste du Maghreb
Q : Votre ouvrage Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée vient d’être réédité en France. Comment expliquez-vous son succès ?
R : Il y a beaucoup d’interrogations en France parce que la presse donne un compte-rendu de l’actualité marocaine très aseptisé. La censure du journal Le Monde n’a fait qu’accentuer la demande. Pourtant, le Maroc est un pays qui marche très bien dans l’actualité éditoriale en France, à la fois par intérêt, par amitié et aussi par volonté de comprendre ce qui se passe. Les Français ne sont pas que des touristes potentiels. Une partie de la population française essaye de mesurer la réalité des changements en cours au Maroc. (Lire la suite…)
Documents de la CIA : Hassan II et Kissinger
Prémices d’une marche annoncée
Treize jours avant l’annonce de l’annexion du Sahara par Hassan II, le directeur de la CIA avait écrit une lettre à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, pour le prévenir des intentions de l’ancien monarque. Un document qui éclaire sur les informations dont disposaient les USA dans cette affaire.
par Hicham Bennani

Henry Kissinger, secrétaire d'Etat américain aux Affaires étrangères, s'entretient avec le roi Hassan II du Maroc en novembre 1973 à Casablanca.
«Si l’armée espagnole reste au Sahara, un grave conflit pourrait éclater», prévient William Colby, directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) le 3 octobre 1975, dans un memorandum envoyé à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain. Le document parle d’un pari risqué du Maroc qui joue à «quitte ou double». Selon Colby, cela pourrait conduire soit à la chute du gouvernement de Rabat, soit à une crise politique du côté de Madrid. Le rôle éventuel que pourrait avoir l’Algérie et la Mauritanie est également signalé. Le rapport laisse à penser que la CIA a poussé l’administration américaine à jouer un rôle de médiateur entre le roi du Maroc et les autorités espagnoles. Le médiateur en question n’était autre que le Directeur-adjoint de la CIA à l’époque : le Général Vernon Walters, un proche de Hassan II. Les documents d’histoire attestent du fait que Walters et le défunt monarque se connaissaient depuis l’enfance. En 1973, lorsque l’OLP avait exécuté deux diplomates américains au Soudan, une rencontre entre les Etats-Unis et l’OLP avait été organisée au palais royal grâce aux liens solides qu’entretenaient Walters et Hassan II. (Lire la suite…)
L’hégémonisme du PAM
Par Hicham Bennani

L’élection du nouveau président de la chambre des conseillers n’a fait qu’aggraver la mainmise du parti de Fouad Ali El Himma. Devant l’incohérence de la scène politique, les partis les plus lésés s’organisent tant bien que mal pour faire entendre leur voix.
«Jamais ! Jamais ! Jamais !», a lancé Mahmoud Archane à un parlementaire, dans le hall du parlement le 13 octobre dernier. Par ces mots, cet ancien exécutant de Driss Basri, affichait sa détermination à ne pas voter en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM (Parti Authenticité et Modernité), qui était candidat au poste de président de la Chambre des conseillers. Pourtant, les deux hommes sont loin d’être des ennemis. Ils sont même assez proches, selon plusieurs sources parlementaires. «Ce n’était pas un choix très politique. En fait, on connaissait le bilan de Benkkadour et on savait ce qu’il voulait faire, mais on ne savait pas ce qui allait advenir de la Chambre des conseillers avec ce Biadillah», nous confie Archane. Le 6 octobre précédent, Abdelwahed Darouich, conseiller à la Deuxième chambre, prédisait déjà, dans les colonnes du quotidien arabophone Al Jarida Al Oula, la victoire annoncée du protégé de Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM : «L’élection de Biadillah sera l’événement de l’année. (Lire la suite…)
Familles des victimes de Mawazine : TEMOIGNAGES
Séquelles d’une tragédie
par Hicham Bennani
«Soyez patient, le dossier suit son cours, cela demande du temps, il est entre les mains du roi, on ne peut donc pas bousculer les choses, Dieu est grand ! Ne faites pas quelque chose qui va vous nuire. Il faut être patient». C’est ce que Abdelkrim Guellab, caïd du 15e arrondissement de Rabat a déclaré aux familles qui ont perdu un de leur proche en mai dernier, pendant un concert du festival Mawâzine. «Nous ne réclamons que nos droits les plus élémentaires !», clament d’une seule et même voix toutes ces familles. Elles sont onze. Onze familles qui attendent depuis des mois un geste de l’Etat. Toutes les victimes, âgées de 9 à 55 ans, sont principalement issues de quartiers populaires de Rabat ou Salé. «Depuis la mort de mon fils, c’est le parcours du combattant pour obtenir des informations sur l’avancement de l’affaire», témoigne Mohamed Naji, dont le fils Zouheir est décédé à Mawâzine à l’âge de 14 ans. En manque d’informations, ce père de famille sans emploi qui a encore six enfants à charge, a réuni toutes les familles des victimes durant le mois d’octobre, afin de constituer un groupe soudé qui puisse obtenir justice. Il a déposé une requête aux autorités mettant en avant les intentions des familles de faire avancer le dossier. (Lire la suite…)
Jamal Alioui : «Erbati ferait mieux de se taire au lieu de critiquer les autres!»
Comment avez-vous vécu la dernière défaite des Lions de l’Atlas à l’extérieur contre le Gabon (3-1), alors que vous étiez dans les tribunes ?
J’ai été vraiment déçu après ce match. Ce qui me chagrine, c’est que mon pays perde. Je ne parle pas sur un plan personnel. Que je joue ou que je ne joue pas, je suis le premier à être déçu. Je suis mécontent parce que l’équipe nationale a perdu.
Est-ce que le Maroc a des chances de participer à la coupe d’Afrique ?
Mathématiquement, il faut battre le Cameroun. Il faut aussi que le Gabon batte ou fasse match nul contre le Togo. Maintenant, vu le dernier match, ce sera très difficile.
Qu’est-ce qui explique les mauvais résultats de l’équipe ? (Lire la suite…)
CATACLYSME AU RNI !
Contre toute attente, Mustapha Mansouri est toujours le patron du parti de la colombe, au détriment de Salaheddine Mezouar. Un branle-bas de combat a éclaté entre les deux clans. Les déclarations télévisées d’un membre du bureau politique ont alimenté les interrogations.
De toute évidence, l’émission de Abdessamad Benchrif a agité les parlementaires qui étaient présents le mardi 13 octobre, à l’occasion de l’élection du président de la Chambre des conseillers. La veille au soir, Mohamed Aujjar, membre du bureau exécutif du RNI (Rassemblement National des Indépendants), avait en effet tenu des propos chocs. Dans le cadre de l’émission Tiyarat sur 2M, il a indiqué que son parti quitterait la majorité, si le Premier ministre Abbas El Fassi appelait à voter pour le candidat de l’opposition. A noter que le numéro 1 de l’Istiqlal avait donné des consignes de vote en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM, au détriment de Maâti Benkadour candidat unique de la majorité (RNI). Mêmes directives de la part de Mohand Laenser, secrétaire général du MP (Mouvement Populaire), pourtant lui aussi dans la majorité. Dans le cas où la majorité soutienne l’opposition, le RNI n’a plus rien à y faire, selon Aujjar. Un discours qui se tient jusqu’ici… (Lire la suite…)
Islam au Maroc : sommes nous plus croyants qu’avant ?
Un récent rapport avance que la religion prend de plus en plus d’ampleur. Mais ses arguments sont-ils convaincants ?
Les jeunes, et la société marocaine en général, s’intéresseraient de plus en plus à la religion. C’est ce qui ressort d’un rapport sur les appartenances à la religion dans la société marocaine entre 2007 et 2008, qui a été présenté le 3 octobre dernier à Rabat. Il a été mis en place par le Centre Marocain des études et des recherches contemporaines, qui a récemment vu le jour. Les travaux de recherche ont été effectués par dix chercheurs marocains. «Ce sont tous des Doctorants ou des étudiants qui ont au moins un Master», explique Mustapha El Khalfi, directeur du centre et directeur de publication du quotidien arabophone Attajdid. Pour prouver ce qu’il avance, le rapport met en exergue plusieurs arguments, chiffres à l’appui, comme le taux d’affluence dans les mosquées qui aurait particulièrement progressé. En se basant sur les statistiques du ministère des Habous, le document indique que le nombre de mosquées dans le royaume est passé de 41 755 en 2007 à 47 967 en 2009, dont 13 143 dans les villes et 34 784 dans les zones rurales. (Lire la suite…)


Un nouvel épisode de l’affaire Ben Barka a éclaté au grand jour le jeudi 1er octobre. Dans la soirée, un représentant du ministère de la Justice informe les médias que les mandats d’arrêts internationaux émis par Interpol contre quatre ressortissants marocains impliqués dans l’affaire vont enfin être diffusés. Le lendemain, à 19h30 sur France 3, Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, se félicite de la décision du ministère. Une source proche du ministère de la Justice marocain, interrogée par l’AFP, se dit alors «surprise de cette annonce, car c’est une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu’une “partie occulte” veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France». Le gouvernement marocain, quant à lui, reste muet. Mais, coup de théâtre, deux heures après, le même ministère revient sur sa décision. «Le parquet de Paris demande la suspension de la diffusion de ces mandats, dans l’attente des précisions demandées au juge d’instruction», indique un communiqué de l’AFP, qui précise : «Interpol (organisation internationale de police criminelle) a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions, ces mandats sont inexécutables».
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