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Ahmed Dlimi : l’homme des basses besognes de Hassan II

Posté en Décryptage par hichambennani à avril 10, 2009

L’ENIGME DLIMI

A la mort du général Oufkir, Ahmed Dlimi est le personnage le plus puissant du pays après Hassan II. Il devient le patron de l’armée mais aussi le responsable des services de sécurité et l’homme de toutes les missions secrètes. Enquête sur le mystère Dlimi.


par Hicham Bennani

«Dlimi est un Machiavel doublé d’un Richelieu version moderne». C’est ainsi que le qualifie le commandant Mahjoub Tobji qui a été sous ses ordres de 1980 à 1983, dans son livre Les officiers de Sa Majesté. Homme fort des années 1970, Ahmed Dlimi a été un acteur et un témoin essentiel des années de plomb. «Ses adversaires politiques voient parfois en lui un homme plus redoutable qu’Oufkir, un technicien des interrogatoires poussés qui n’hésite pas à opérer lui-même et en éprouve du plaisir», pouvait-on lire dans les colonnes du journal Le Monde en 1966. Excellent tireur, d’un calme intrigant, «il explose en colères brusques et assez terrifiantes», ajoutait le quotidien français. Dlimi est également le dernier militaire qui avait la confiance de Hassan II. Beaucoup pensent qu’il était l’oreille des services secrets français et britanniques. Ou encore qu’il collaborait avec le Mossad israélien. Ami du prince Moulay Abdallah, homme à tout faire de l’ancien monarque et diplomate à ses heures, Ahmed Dlimi ne parlait pas des gens en bien ou en mal. Discret, il était connu pour être l’homme des basses besognes. Bon vivant et amateur de femmes, fan de Jil Jilala, il a amassé une des plus importantes fortunes du pays. Au sommet de sa réussite, Dlimi avait donc tout pour lui. Est-ce pour cela qu’il est mort dans des circonstances douteuses ? Au même titre que la disparition de Mehdi Ben Barka en octobre 1965, la mort de ce haut gradé demeure une véritable énigme. Pourquoi le cas Dlimi n’a-t-il pas fait l’objet de plus d’intérêt ?
Le livre de Tobji est à ce jour le seul ouvrage qui souligne suffisamment l’importance du rôle de Dlimi sous le règne de Hassan II. Et pourtant, Tobji n’est pas un historien, mais un ancien militaire, victime, de surcroît, de la toute-puissance de son supérieur hiérarchique. Tous les autres documents de référence qui s’attardent sur les hommes-clés de l’ère hassanienne se focalisent surtout sur l’opposant Mehdi Ben Barka, le général Mohamed Oufkir et le ministre de l’Intérieur Driss Basri.
Aucun livre n’insiste sur le parcours de Dlimi qui a été l’homme le plus important du Maroc (après le roi) après la mort d’Oufkir.
Le journaliste Ignace Dalle, qui s’est intéressé de près à l’histoire politique du royaume, voit en Dlimi un personnage sulfureux. «Il est mort officiellement d’un “accident de voiture” et a eu des funérailles officielles. Mais tout porte à croire qu’il complotait contre la monarchie et qu’il a été liquidé. Difficile d’écrire sur un personnage aussi mystérieux, aussi brutal et cruel que secret».
En dehors du Maroc, et notamment en France où Oufkir a toujours eu des admirateurs pour avoir combattu avec «héroïsme» en Indochine en tant qu’officier de l’armée française, Dlimi n’a jamais intéressé grand monde parce que ses faits d’armes se sont pour l’essentiel limités à torturer et à réprimer ses compatriotes, conclut Ignace Dalle. (Lire la suite…)

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