Annahj Addimocrati : marxisme à la marocaine
La voix radicale
Extrême gauche. Le parti marxiste-léniniste Annahj Addimocrati s’apprête à rendre hommage aux martyrs qui ont marqué son histoire. Retour sur un courant politique qui a su faire entendre sa voix, malgré les intimidations des pouvoirs publics.
«Aujourd’hui, le Maroc est victime d’une crise politique très grave, parce que le peuple n’est pas représenté», déplore Abdellah El Harrif, secrétaire national d’Annahj Addimocrati (la Voie Démocratique). Avec tous les membres de son parti, cet ancien militant de l’organisation marxiste Ilal Amam prépare activement «La journée des martyrs» qui aura lieu le 5 décembre prochain. «Nous avons beaucoup de mal à obtenir une salle afin de tenir ce meeting, les autorités nous mettent les bâtons dans les roues, se plaint El Harrif. Au pire des cas, la rencontre n’aura pas lieu dans une salle publique». (Lire la suite…)
USFP : le grand retour de EL YAZGHI ?
L’USFP dos au mur
Même s’il conserve un poids important du fait de son passé politique, le parti de la rose traverse une dangereuse crise où la question du retour à l’opposition se pose en toile de fond. A la veille du conseil national du parti, un retour en grâce de Mohamed El Yazghi serait-il salutaire ?
par Hicham Bennani
Mohamed El Yazghi, qui n’o
ccupe pas de poste officiel à l’USFP depuis décembre 2007, se retrouve en position idéale, après le retrait de la direction actuelle dans la prise en main de l’évolution du parti. Secrétaire général du parti de la rose de 2005 à 2007, il avait dû démissionner après la remise en cause par ses membres de la participation de l’USFP au gouvernement après l’échec des élections. L’homme garde toujours un œil attentif sur les siens. A quelques semaines du conseil national de l’USFP, le ministre d’Etat sans portefeuille pourrait-il faire son retour en grâce ? P (Lire la suite…)
L’hégémonisme du PAM
Par Hicham Bennani

L’élection du nouveau président de la chambre des conseillers n’a fait qu’aggraver la mainmise du parti de Fouad Ali El Himma. Devant l’incohérence de la scène politique, les partis les plus lésés s’organisent tant bien que mal pour faire entendre leur voix.
«Jamais ! Jamais ! Jamais !», a lancé Mahmoud Archane à un parlementaire, dans le hall du parlement le 13 octobre dernier. Par ces mots, cet ancien exécutant de Driss Basri, affichait sa détermination à ne pas voter en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM (Parti Authenticité et Modernité), qui était candidat au poste de président de la Chambre des conseillers. Pourtant, les deux hommes sont loin d’être des ennemis. Ils sont même assez proches, selon plusieurs sources parlementaires. «Ce n’était pas un choix très politique. En fait, on connaissait le bilan de Benkkadour et on savait ce qu’il voulait faire, mais on ne savait pas ce qui allait advenir de la Chambre des conseillers avec ce Biadillah», nous confie Archane. Le 6 octobre précédent, Abdelwahed Darouich, conseiller à la Deuxième chambre, prédisait déjà, dans les colonnes du quotidien arabophone Al Jarida Al Oula, la victoire annoncée du protégé de Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM : «L’élection de Biadillah sera l’événement de l’année. (Lire la suite…)
CATACLYSME AU RNI !
Contre toute attente, Mustapha Mansouri est toujours le patron du parti de la colombe, au détriment de Salaheddine Mezouar. Un branle-bas de combat a éclaté entre les deux clans. Les déclarations télévisées d’un membre du bureau politique ont alimenté les interrogations.
De toute évidence, l’émission de Abdessamad Benchrif a agité les parlementaires qui étaient présents le mardi 13 octobre, à l’occasion de l’élection du président de la Chambre des conseillers. La veille au soir, Mohamed Aujjar, membre du bureau exécutif du RNI (Rassemblement National des Indépendants), avait en effet tenu des propos chocs. Dans le cadre de l’émission Tiyarat sur 2M, il a indiqué que son parti quitterait la majorité, si le Premier ministre Abbas El Fassi appelait à voter pour le candidat de l’opposition. A noter que le numéro 1 de l’Istiqlal avait donné des consignes de vote en faveur de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM, au détriment de Maâti Benkadour candidat unique de la majorité (RNI). Mêmes directives de la part de Mohand Laenser, secrétaire général du MP (Mouvement Populaire), pourtant lui aussi dans la majorité. Dans le cas où la majorité soutienne l’opposition, le RNI n’a plus rien à y faire, selon Aujjar. Un discours qui se tient jusqu’ici… (Lire la suite…)
La véritable histoire du Mouvement populaire
50 ans de déchirements
La haraka en est déjà à sa cinquantième année depuis qu’elle a été créée. Retour sur l’histoire encore trop floue d’un parti marqué par de nombreuses scissions, qui a toujours servi la monarchie.
par Hicham Bennani
«Nous n’avons pas acquis l’indépendance pour perdre la liberté». Selon Mahjoubi Aherdane, président du Mouvement Populaire (MP), c’est sur cette phrase que s’est construit son parti. «La liberté se gagne, elle ne se donne pas. Le fils du berger a les mêmes droits que le fils du ministre», argumente Aherdane. Véritable figure de l’amazighité, son nom est intrinsèquement lié au MP. Aujourd’hui encore, il reste incontournable et son poste n’est pas uniquement symbolique. Mais d’autres grands noms comme celui de Abdelkrim El Khatib sont gravés à l’encre indélébile dans les mémoires de la tumultueuse histoire du MP. Les prémices de la création de ce parti apparaissent en 1947, avec la tentative de créer un mouvement pour la libération de l’Afrique du nord. La première réunion devait avoir lieu à Tunis, mais elle a été annulée suite à un désaccord avec les Tunisiens. En 1952, Aherdane, qui est caïd d’Oulmès, refuse de signer une pétition en faveur de la France du Pacha El Glaoui. Un document qui remet en question la légitimité du souverain. Aherdane est alors démis de ses fonctions par le Résident général et entre dans l’Armée de Libération. «Nous étions d’accord sur l’essentiel, sur la base même de notre engagement : le principe monarchique. L’unité du pays garantie par le trône», raconte El Khatib dans l’ouvrage Aherdan, Ezzayegh. Avec les deux hommes, plusieurs membres de l’Armée de Libération comme Lahcen Lyoussi et Mbarek Bekkaï, organisent des réunions dans le but de former un mouvement qui puisse contrecarrer l’hégémonisme de l’Istiqlal. Le Dahir des libertés publiques qui donnerait aux nouveaux partis le droit d’exister est proposé par Mbarek Bekkaï. Mais il n’est pas accepté par les autorités. (Lire la suite…)
PAM/RNI : petites querelles, grands enjeux
Mustapha Mansouri est plus que jamais isolé au sein de son parti. Fouad Ali El Himma y est sans doute pour quelque chose, car ses différends avec le président du RNI ne datent pas d’hier.
Aujourd’hui, Salaheddine Mezouar, membre du comité exécutif du RNI (Rassemblement National des Indépendants), ne mâche pas ses mots pour évoquer les problèmes internes de son parti. Une fois n’est pas coutume, le ministre de l’Economie et des Finances a surpris toute la classe politique début septembre, en tirant à boulets rouges sur le président du RNI, Mustapha Mansouri, dans les colonnes du quotidien Al Massae. S’en sont suivies deux déclarations des ministres Mohamed Boussaïd et Aziz Akhannouch, parues dans La Vie éco, dénonçant les résultats du parti (pourtant jugés bons par Mansouri !) «Nous pensons que le bilan de Mansouri est mauvais et il faut donc en débattre», soutient Rachid Talbi, ancien ministre et ex-maire de Tétouan. «L’échec de Mansouri», dénoncé par des figures emblématiques du RNI a fait les choux gras de la presse du pays. Les membres du bureau politique du RNI de toutes les régions ont reçu une pétition pour réclamer le départ de Mansouri, suite à la «mauvaise gestion du parti». Un document élaboré dans la nuit du 20 septembre, après plusieurs débats au cours du mois de ramadan. Maâti Benkadour, Salaheddine Mezouar, Mohamed Boussaïd, Mohamed Aujjar et Rachid Talbi sont les premiers signataires. (Lire la suite…)
Mouvement Populaire : rien ne va plus
Un parti dans la tourmente
Au cours d’une réunion à son domicile, Mohand Laenser est parvenu à amadouer les membres de son bureau politique, faisant fi de la crise qui s’aggrave au MP depuis trois ans. Explications.
Par Hicham Bennani

Les violons ont parfois du mal à s’accorder. Le vendredi 11 septembre, presque tous les membres du bureau politique du Mouvement Populaire (MP) se sont réunis autour d’un ftour chez Mohand Laenser, secrétaire général du parti. La réunion, qui s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, était prévue la veille. «En tant que ministre d’Etat, Laenser était obligé d’assister à la causerie religieuse de Marrakech du jeudi 10 septembre», justifie Essaïd Ameskane, porte-parole du MP. Les mauvaises langues avancent une toute autre version : certains membres ne voulaient pas que la réunion se déroule au domicile de Laenser. Et pour cause, cette rencontre, compte tenu de ses enjeux, ne pouvait pas ressembler à un petit ftour entre amis. Cela a pourtant été le cas. Durant les mois de juillet et août, plusieurs membres du MP avaient pourtant critiqué les décisions de leur secrétaire général. Au menu du jour pour ce 11 septembre : examiner les préparatifs pour les prochaines échéances électorales. Deux personnes ont brillé par leur absence au cours de la soirée. La première est Fatima Moustaghfir, qui s’est retirée du bureau politique quelques jours avant le ftour. «Le bureau politique n’a rien à voir avec ce que tout le monde pense : les décisions sont prises avant les réunions et on nous demande de les appliquer tout en endossant la responsabilité», s’indigne Moustaghfir, jointe par téléphone. Elle reproche à Laenser «le manque de démocratie, de transparence et de travail sérieux» et menace de quitter le MP à la rentrée parlementaire si la situation ne s’améliore pas. Selon Laenser, Moustaghfir lui aurait simplement envoyé une lettre de démission, sans explications. (Lire la suite…)
Le PAM à la rescousse de son maire
Fatima Zahra Mansouri, présidente du Conseil de la ville de Marrakech, est sur un siège éjectable depuis que le tribunal de la ville ocre a décidé d’annuler sa victoire aux dernières élections.

FZ Mansouri
L’affaire éclate le lundi 13 juillet. Le tribunal administratif de Marrakech décide d’annuler les résultats des élections communales concernant l’arrondissement de Menara. La raison ? Le Front des forces démocratiques (FFD), par le biais de Rabiî Kaoutari (tête de liste de Menara) et Rouissi Hassania, dépose une plainte dans laquelle il dénonce de nombreuses irrégularités apparues lors du déroulement des élections. Les partis concernés sont le Parti Authenticité et Modernité (PAM), l’Istiqlal (PI), le Parti Travailliste (PT), le Parti de la Justice et du Développement (PJD) et l’Union Constitutionnelle (UC). «Le tribunal était obligé d’annuler les résultats des élections, c’était trop flagrant, confirme Thami Khyari, Secrétaire national du FFD, les élections se sont pas passées de façon anormale, il y a eu des différences entre les PV, on a trouvé des bulletins de vote en faveur de l’USFP à l’extérieur des urnes et nous avons présenté des preuves qui indiquaient que les résultats étaient biaisés». (Lire la suite…)
Elections communales : le bilan
Au delà d’une victoire
Après les résultats rendus publics le 13 juin, le parti d’El Himma est sorti vainqueur des communales. Mais la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît.
par Hicham Bennani
«Nous avons réussi à créer un véritable bouleversement», s’est félicité Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM (Parti authenticité et modernité) lors d’un point de presse tenu mercredi 17 juin. Le PAM a obtenu la majorité en terme de sièges à l’issue des élections communales du 12 juin. Au nouveau siège flambant neuf du PAM, sis boulevard John Kennedy à Rabat, Biadillah répond aux questions, parfois agressives, d’une flopée de journalistes, en usant de la langue de bois. «Vous avez critiqué les notables et on constate que vous traitez toujours avec eux», constate une personne. «Dans tous les pays, il faut savoir tourner la page. Cela est aussi valable pour notre parti», rétorque sèchement Biadillah. L’arrivée de Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM, est annoncée plus d’une fois, en vain. «Nous sommes ouverts aux critiques mais lorsqu’on nous attaque gratuitement, ce n’est pas constructif», lance Biadillah pour mettre un terme au débat qui commence à chauffer. Ce n’est que trois heures après qu’El Himma arrive discrètement, alors que plus personne ne l’attendait. Il s’enferme avec quelques dirigeants de son parti sans faire de déclarations. Pourquoi un tel retard ? «Si vous le rencontrez vous lui poserez la question…», répond Hassan Benaddi, président du Conseil national du PAM qui rappelle que «le fait qu’on ait présenté 68% de gens qui se lançaient pour la première fois en politique a eu un effet bénéfique sur les résultats». Mais peut-on réellement parler de victoire du PAM ? (Lire la suite…)
Mouvement populaire : Prémices d’un éclatement
Les fidèles de Mahjoubi Aherdane ne cessent de quitter la Haraka depuis trois ans au profit des hommes de Mohand Laenser. A l’approche des élections municipales, les pratiques du secrétaire général du MP sont vivement critiquées.

Aherdane, président du MP
Les problèmes internes du Mouvement populaire (MP) prennent des tournures dramatiques. La loi sur les partis politiques oblige ceux-ci à créer des instances nationales pour gérer les accréditations. La question que tous les membres de la Haraka se posent aujourd’hui est la suivante : qui va gérer la commission des accréditations régionales pour les municipales du 12 juin ? (Lire la suite…)
Le Maroc, vu d’ailleurs
Ancien correspondant ou spécialiste du Maghreb, 7 journalistes étrangers analysent, à travers leur expérience, l’évolution économique, politique et sociale du Maroc de Hassan II à Mohammed VI.
Propos recueillis par Hicham Bennani
Ignacio Cembrero
L’Espagne et le Maroc : une lune de miel sans nuit de noces
Journaliste à El Pais, il a réalisé des centaines de reportages, d’analyses et d’interviews sur le Maroc touchant à presque tous les sujets.
Beaucoup de choses m’ont marqué depuis 1977, date à laquelle j’ai assisté à une conférence de presse d’Hassan II. Je retiens surtout mon interview avec le Roi Mohammed VI en 2005, la détresse des enfants des rues qui, par exemple, se concentrent à Beni Enzar dans l’espoir de rentrer à Melilia, l’abattement des Subsahariens qui rebroussent chemin après avoir échoué dans leur tentative de sauter le grillage de Melilia et la splendeur de la médina de Fez à la tombée du jour. Malgré tous ses problèmes, le Maroc est sur le bon chemin, mais il pourrait sans doute aller plus vite avec une meilleure tenue de route. C’est le pays d’Afrique du Nord qui attire le plus d’investissements étrangers hors hydrocarbures. Cette simple constatation suffit pour se rendre compte que c’est celui qui inspire le plus de confiance. Avec le temps vous verrez que c’est une aubaine de ne pas avoir de pétrole ni de gaz ! (Lire la suite…)
Conférence de Tanger
Nouvelle empoignade maroco-algérienne
Le bras de fer entre les deux pays voisins pour la question du Sahara n’a fait que s’amplifier lors de la visite du Premier ministre algérien pour la conférence de Tanger entre les pays du Maghreb.
Un incident diplomatique entre le Maroc et l’Algérie a bien failli éclater dimanche 27 avril à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la conférence des partis du Maghreb arabe. Les cinq pays du Maghreb étaient réunis à Tanger afin de se remémorer le temps où ils luttaient contre le colonialisme et de relancer l’idée d’une Union du Maghreb Arabe (UMA) encore beaucoup trop fictive. Six jours seulement après que Peter Van Walsum, émissaire des Nations Unies pour le conflit du Sahara ait déclaré qu’ « un Sahara Occidental indépendant n’est pas une proposition réaliste », Mohamed El Yazghi, ministre d’Etat marocain, a titillé les représentants algériens en évoquant l’éternel problème du Sahara. Il a tout bonnement provoqué le président algérien Abdelaziz Bouteflika en l’appelant avec les dirigeants maghrébins « à soutenir le projet marocain pour sortir le dossier du Sahara de l’impasse ». (Lire la suite…)
Van Walsum
Tohu-bohu onusien
Le discours de Van Walsum, médiateur des Nations Unies pour la question du Sahara, marque un tournant décisif qui donne un avantage incontestable au Maroc.
Fracassante déclaration que celle de Peter Van Walsum, émissaire des Nations Unies pour le conflit du Sahara. Son rapport, présenté lundi 21 avril aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, sonne assurément le glas d’une époque révolue. En l’absence de «pression sur le Maroc pour qu’il abandonne sa revendication de souveraineté, un Sahara occidental indépendant n’est pas une proposition réaliste», a déclaré l’expert qui a remplacé James Baker en juillet 2005. Une affirmation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, en la personne de Dumisani Kumalo, ambassadeur d’Afrique du Sud et présidant du Conseil de sécurité. Ce dernier a réagi à ce pavé dans la marre en usant d’un raccourci facile : «Si nous nous engageons dans cette voie, nous devrions aussi dire aux Palestiniens de renoncer !» Autre coup de tonnerre, Peter Van Walsum aurait indiqué dans son rapport remis à Dumisani Kumalo que dès le début des négociations de Manhasset, les experts onusiens ont «plus ou moins écarté l’option d’indépendance». Rien que ça. Pour sa défense, le président du Conseil a également pointé du doigt la «contradiction» entre les idées de Van Walsum et celles de Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l’ONU, appelant de son côté à la poursuite des négociations entre le Maroc et le Polisario.
Panier de crabes (Lire la suite…)
Portrait : Yasmina Baddou
Désirs d’avenir istiqlaliens
par Hicham Bennani
Fraîchement désignée à la tête du ministère de la Santé, Yasmina Baddou hérite d’une institution malade. Comment en est-elle arrivée là et de quelle manière gère- t-elle son nouveau statut ?
Nous sommes le lundi 21 janvier. Une centaine d’infirmiers et d’infirmières manifestent devant le ministère de la Santé à Rabat. Arrive alors Yasmina Baddou. La nouvelle ministre de la Santé a du mal à se frayer un chemin pour pénétrer dans son fief. Elle évite le plus possible la foule avec laquelle elle s’est déjà entretenue maintes fois, sans pour autant éviter ce sit-in qui perdure depuis 20 jours. Cette istiqlalienne de sang n’en est pas à ses premiers obstacles. Fille de Abderrahmane Baddou, ancien membre du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, ex-ambassadeur et ancien secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères sous l’ère Boucetta, elle a toujours baigné dans la politique. Yasmina Baddou a décroché son baccalauréat à Marseille au lycée Mongrand et s’est ensuite lancée par choix dans des études de droit à l’université Mohammed V de Rabat. Sa carrière juridique débute en 1990. Avocate au barreau de Casablanca, elle ne tarde pas à se faire remarquer et à travailler avec de gros calibres comme l’actuel patron de la RAM, Driss Benhima. « J’appartiens toujours à la famille de la justice. Après avoir terminé ma mission, il est certain que je reviendrai au barreau parce que c’est mon métier » indique aujourd’hui l’épouse de Ali Fassi Fihri, directeur général de l’ONEP. Parallèlement, l’Organisation de la femme istiqlalienne a toujours constitué son cheval de bataille. Dès l’âge de 25 ans, elle fait son entrée en politique et milite aux côtés de Latifa Bennani Smires (première femme à avoir été élue au Parlement en 1993). La protégée du clan «fassi» poursuit un chemin, en apparence tranquille, qui la conduira, à travers de nombreuses activités, à devenir secrétaire de section à Anfa. Cette mère de trois filles explique qu’elle a toujours eu la profonde conviction que c’était à travers l’action politique que l’on pouvait agir. (Lire la suite…)

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