Zoo de Rabat : comment vont les animaux ?
Ceci n’est pas un Zoo
Cela fait maintenant plus de deux ans que les travaux immobiliers du groupe Addoha ont débuté sur le terrain du zoo de Rabat. Quid des animaux ?
Existe-t-il toujours un parc zoologique dans la région de Rabat ? A priori non, puisqu’en lieu et place de l’entrée principale de notre zoo national, on trouve un chantier pharaonique. Il s’agit de Ryad Al Andalous, projet immobilier du groupe Addoha lancé depuis novembre 2006 et dont le coût est estimé à environ 4 milliards de dirhams. Derrière la poussière, les tracteurs et les grues, il existe pourtant une parcelle de terrain qui n’est toujours pas occupée. Sur les 50 hectares de l’ancien terrain, 24 ont été engloutis par le groupe d’Anas Sefrioui, en attendant l’ouverture d’un zoo flambant neuf. «Le zoo est dans un état délabré depuis vingt ans. S’il était bien, on n’aurait jamais eu besoin de le transférer dans quelque chose qui réponde aux standards internationaux», constate Abdelâadim El Hafi, Haut commissaire aux Eaux et Forêts. (Lire la suite…)
Ces Marocains qui font aussi la France

Certaines célébrités marocaines qui vivent en France font partie intégrante de l’Hexagone. Ces personnalités font même la Une de l’actualité dans leur pays de résidence. A tel point qu’elles incarnent, parfois, une certaine image de la France à l’étranger. Elles sont en quelque sorte la vitrine politique, culturelle et sportive du pays qui les a adoptées. Leur réussite est souvent décrite comme un modèle… Mais, revers de la médaille, ces figures sont également des instruments que véhiculent, notamment, les médias français en les présentant comme des exemples à suivre. Le secret de leur réussite ? Il réside probablement dans la capacité qu’elles ont eu à intégrer la dimension de leur double appartenance. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles ? Comment ont-elles percé en France au point de devenir incontournables ? Gros plan sur des destins croisés.
La face cachée de Marrakech
Derrière sa clinquante vitrine, la ville ocre abrite encore de nombreux quartiers défavorisés où une grande population de démunis tente en vain de vivre dignement.
Par Hicham Bennani

Photos Hicham Bennani
Le Pacha. Une des plus grandes discothèques d’Afrique qui attire des visiteurs du monde entier. Entrée : 200 dirhams. Prix d’une bouteille de vodka : 1 200 dirhams. Il est 3 heures du matin. Plus de deux mille fêtards se trémoussent dans une ambiance house-électro. Danseurs et danseuses professionnels à moitié nus aguichent la foule. L’euphorie et le faste sont de mise. Parfois même à l’extrême. On se croirait en Europe. A l’extérieur, sur l’avenue Mohammed VI, l’artère principale de Marrakech qui regroupe palaces, grands hôtels, restaurants et cafés de luxe, des enfants font la manche. Parmi eux, Aïcha quémande désespérément une petite pièce. Cette Marrakchia âgée de huit ans n’a pas le choix. Elle habite Diour El Boune, un quartier populaire en plein Marrakech. En ce 17 mars 2009, à l’aube, Aïcha rapporte un maigre butin (65 dirhams) à son père, maçon de son état. Situé à cinq kilomètres de la place Jamaâ El Fna, Diour El Boune est constitué de 13 000 habitations. Construites dans l’anarchie totale, elles sont toutes plus laides les unes que les autres. «Il suffit de donner un pot-de-vin au moqqadem de la région pour construire sa maison», dénonce un passant. (Lire la suite…)
Transports de Rabat
Magouilles préméditées
L’affaire a été manigancée avec brio par les autorités de Rabat : une société étrangère vient de remporter la gestion du réseau d’autobus de la capitale.
Courir désespérément après un autobus fait partie du quotidien des Rbatis. Les usagers de la capitale se plaignent de la pollution, des agressions, de la conduite dangereuse, des bousculades, des retards et des tarifs trop élevés. Dépités, ils jettent l’opprobre sur les patrons de sociétés de transport urbain. Le 26 février dernier, une convention a été signée entre Veolia et les communes urbaines de Rabat sous la présidence du wali. Jeudi 26 mars, le groupe français a annoncé officiellement qu’il prendrait les rênes des transports à partir d’août 2009 avec deux autres sociétés marocaines. Ce nouveau départ marquera-t-il un changement ? Comment cette entreprise étrangère est-elle devenue, progressivement, une menace pour les sociétés d’autobus de Rabat, qui existent pourtant depuis 1986 et dont les contrats courent parfois jusqu’en 2016 ? (Lire la suite…)
Maroc : Mission française
MISSION IMPOSSIBLE
Les maux dont souffre la Mission française au Maroc s’aggravent d’année en année. Aujourd’hui, la situation n’a jamais été aussi préoccupante.
Par Hicham Bennani
La violence dans l’enceinte et aux abords de Lyautey, plus important lycée français du Royaume témoigne d’un malaise ambiant. Il y a vingt ans, on retenait bon an mal an trois conseils de disciplines chaque année dans l’ensemble des Lycées français du Maroc sous tutelle française. Aujourd’hui, on atteint parfois les quinze conseils ! Les règlements de compte à l’arme blanche, consommation de drogues et agressions beaucoup trop fréquents ont poussé une association de parents d’élèves à financer la mise en place d’un service de sécurité dédié à l’établissement. Une mesure qui n’empêche malheureusement pas les débordements. D’autant que les agents de sécurité n’interviennent pas dans les rapports entre les élèves.
Drame collatéral
Jeudi 5 février, un petit garçon de 13 ans s’est suicidé. Ses camarades de classe du Lycée Lyautey sont encore sous le choc. Très peu d’entre eux osent se rendre à la cellule psychologique mise en place par l’établissement pour la circonstance. (Lire la suite…)
SDF au Maroc
Les SDF se ramassent à la pelle
La wilaya de Casablanca a lancé une opération pour recueillir les sans abris, principales victimes de la vague de froid. Une action entre com’ et solidarité.
Par Hicham Bennani

Dimanche 7 décembre. Quatre estafettes se dirigent à vive allure vers la gare Ouled Ziane de Casablanca, la plus importante gare routière du Maroc. Les forces de l’ordre s’apprêteraient à faire une nouvelle descente musclée ? Pas du tout. Les véhicules appartiennent à l’unité d’action sociale de la wilaya de Casablanca. Après Casa Anfa et El Fida, le programme de ramassage des SDF se poursuit dans une nouvelle préfecture. En ces temps de froid inhabituel dans le Royaume, les sans abris luttent pour survivre. Il n’est pas rare de voir des feux de camp allumés en plein centre de la capitale économique. Quatre agents de police et cinq assistants sociaux sont là pour repérer les sans-logis et les acheminer vers le centre d’action sociale de Tit Mellil. Ils sont suivis de très près par une équipe de la télévision nationale venue couvrir l’événement. La caméra est enclenchée. Top départ. (Lire la suite…)
Pitbull au Maroc
Attention chiens méchants !
Il est dangereux, hyper entraîné et gambade dans les rues. Le pitbull made in Morocco est prédestiné à des combats qui sévissent en toute clandestinité. Eclairage.
Par Hicham Bennani
Dimanche 30 novembre, 9 heures. Derb Soltane, quartier populaire en périphérie de Casablanca. Dans un petit jardin caché, situé Boulevard Modibo Keita, une vingtaine de jeunes désœuvrés du quartier entourent deux pitbulls. Le combat peut commencer : Tyson contre Stallone. Un gros molosse blanc de 35 kilos sur la bascule, affronte un étrange quadrupède marron accusant un poids similaire. Face à face, les deux forces de la nature à la musculature imposante, tenues en laisse par leurs maîtres, rugissent sur leurs deux pattes arrière. Une fois lâchées, elles se jettent l’une sur l’autre. « Explose-le ! », hurle Mohssine. Cet ado du quartier, un chômeur de 22 ans issu d’un bidonville avoisinant, est là pour supporter son favori : Tyson . « C’est comme l’équipe du Raja, je mise tout sur lui », affirme Mohssine qui a parié la coquette somme de 200 dirhams. « Aller Tyson ! Arrache-lui l’oreille », renchérit un autre spectateur. Les deux gladiateurs se livrent un combat sans merci. Car il ne peut en rester qu’un. (Lire la suite…)
Radios Maroc
Ondes de choc
par Hicham Bennani
Les émissions de radios qui donnent la parole aux auditeurs en direct font de plus en plus parler d’elles à l’heure où certaines stations fêtent leur premier anniversaire. Ce phénomène en pleine expansion comporte certaines limites à ne pas dépasser par les opérateurs. Tour d’horizon.

10 mai 2006, une date à marquer d’une pierre blanche. La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) octroyait dix licences privées de radio entamant ainsi une nouvelle ère pour la communication au Maroc. Une révolution dans le secteur de l’audiovisuel qui ne comptait que six radios il y a un an et demi.
Aujourd’hui, la mosaïque des radios au Maroc est très diversifiée. Chacune possède un style qui lui est propre et cherche à séduire un public spécifique, même si certaines ratissent plus large que d’autres. Pratiquement toutes les stations sont à cheval entre l’arabe et le français afin de satisfaire le plus grand nombre d’auditeurs. Des fréquences comme Radio Sawa qui émet en arabe ou radio amazigh qui n’use que de l’amazigh comme l’indique son nom, ont préféré se cantonner à une seule langue de prédilection. A noter l’originalité de Casa FM, qui communique par l’intermédiaire du dialectal marocain, la darija, même à travers son flash info ! (Lire la suite…)
Les Marocains et l’argent
Fric, sou, oseille, flouze, blé, pépètes, thune, pèze, maille, galette… les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier le pognon. Jusqu’où vont les magouilles ? Les Marocains se mentent-ils à eux-mêmes pour s’enrichir en faisant fi de leurs principes ?
par HICHAM BENNANI

« Pour rémunérer le plébiscite du vice-roi, l’Etat a injecté 7 milliards de ressources publiques d’un coup dans un petit patelin qui était encore inconnu il y a quelques années ! Le désintérêt de l’Etat pour une redistribution véritablement rationnelle et équitable saute aux yeux ! ». Cette vérité de la Palice a été lâchée par l’économiste Fouad Abdelmoumni le vendredi 23 mai lors d’un colloque intitulé L’argent et l’éthique.
La manifestation qui s’est déroulée à Rabat a été mise en place par la revue Economia et le Centre d’Etudes Sociales, Economiques et Manageriales (HEM) en partenariat avec la fondation Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG). Une vingtaine d’économistes, sociologues, politologues, anthropologues, philosophes ou encore professeurs ont échangé leurs réflexions sur une vaste question : comment ouvrir les yeux sans être aveuglé par l’argent ? S’intéressant de très près à la réalité marocaine, le colloque a aussi évoqué d’autres contextes pour favoriser une approche comparative. Vieux comme le monde, ce débat démontre que l’argent qui était censé accompagner l’autonomisation des individus engendre aujourd’hui l’effet contraire. L’argent régit le monde. En profonde mutation, la société marocaine possède un rapport spécifique à l’argent, codifié par des lois, avec en toile de fond le poids des traditions, de la religion et du passé. Quels rapports entretiennent les Marocains vis-à-vis de leur portefeuille ? Se dirigent-ils tout droit vers le mur de l’individualisme ? Est-ce que l’enrichissement se fait toujours dans le respect des règles éthiques ? Plusieurs intervenants du colloque ont répondu au Journal Hebdomadaire afin de mettre en lumière la relation ambiguë que les Marocains entretiennent avec l’argent (Lire la suite…)
Alcool au Maroc
Et si les Marocains trinquaient mieux ?
par Hicham Bennani
En 2001, le magnat du vin Brahim Zniber rachète le groupe Ebertec. Un coup de fouet porté au secteur de l’alcool au Maroc et en particulier à la culture viticole. Parallèlement à la tendance mondiale, de moins en moins de Marocains consomment de l’alcool tout en cherchant à l’apprécier. C’est en tout cas ce qu’avancent de nombreux connaisseurs comme Boris Bille, sommelier à Ebertec depuis 1998. Le groupe Ebertec se scinde en deux activités. La première se situe au Domaine des Ouled Thaleb de Ben Slimane où la production du vin est réalisée à Thalvin, la plus vieille cave encore à l’exploitation au Maroc. La deuxième, basée stratégiquement à Casablanca, concerne le négoce et la distribution des produits alcoolisés. Ballantine’s, Jack Daniel’s, Absolut Vodka, Glenfiddich, Ricard, Campari, Malibu, Jacques Cartier, Médaillon, Cuvée du Président, Sémillant, San Miguel… les plus grands kaisers sont sous le joug du géant Ebertec. « Il y a vingt ans au Maroc, les gens pouvaient boire du whisky ou de la vodka à table. Aujourd’hui, on prend plutôt du vin », raconte Boris Bille, qui baigne dans le milieu du vin depuis sa plus tendre enfance. Il explique que la demande en vin est de plus en plus pointue au Maroc : « Lorsque j’ai créé un département réservé aux vins de grands vignerons français, c’était très difficile à vendre au début car il n’y avait pas de culture du vin au Maroc. Petit à petit, on a réussi et aujourd’hui on a 200 à 250 références. » Et d’ajouter : « Un amateur de vin qui ne connaît pas le Maroc trouve à sa disposition dans la carte de vins, les meilleures bouteilles de la planète ! » Le particulier marocain, lorsqu’il en a les moyens, semble donc demandeur d’une véritable culture vin et achète également de grands crus de champagne, de grandes cuvées, des millésimes et de grands rosés. « Aujourd’hui, quand vous arrivez au Maroc, vous trouvez tout ce qui se fait de mieux en matière de spiritueux, toutes les grandes marques sont présentes », atteste Boris Bille.
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La drogue au Maroc
La solitude des drogués
par HICHAM BENNANI

Cocaïne, haschich, ecstasy, héroïne, karkoubi… Après le chantier mis en place par le ministère de la Santé il y a un peu plus d’un an, la prise en charge des toxicomanes au Maroc est toujours quasi-inexistante.
« Nous dormons par terre, il n’y a pas assez de lits pour nous accueillir, aucun médecin pour nous parler… » Mehdi, jeune intoxiqué âgé de 17 ans du fameux pavillon 36 de l’hôpital Averroès de Casablanca ne sait plus à quel saint se vouer. Loin d’être anecdotique, sa situation reflète malheureusement une réalité encore passée sous silence. C’est pourquoi en février 2007, le ministère de la Santé a lancé un vaste programme national pour la santé mentale et la toxicomanie. L’OMS a apporté son aide au projet. Il s’agissait d’une enquête nationale effectuée au niveau des ménages dans le but de déceler le type de toxicomanie qui existe au Maroc. Le CHU Ibn Rochd de Casablanca, l’Hôpital Universitaire Psychiatrique Ar-Razi de Salé et des psychiatres du secteur privé ont collaboré main dans la main pour mener à bien cette mission sous la houlette du ministère de la santé. Il en ressort que la drogue la plus consommée, la plus néfaste et même la plus mortelle est le tabac. « Tout le monde parle du trafic de cocaïne ou du haschich, mais on a tendance à ignorer totalement le tabac ! » s’insurge Jallal Toufiq, médecin chef de l’hôpital Ar-Razi. Autre constat qui est un secret de polichinelle, la drogue la plus utilisée au Maroc reste le cannabis avec 500 000 usagers. Concernant la cocaïne, elle est de plus en plus répandue. Un phénomène général dans le monde qui touche donc fortement le Maroc. La cocaïne est même devenue une drogue douce pour la jeunesse dorée casablancaise. « Nous prenons d’autres choses maintenant, la cocaïne c’est de la rigolade, ça ne nous amuse plus… » raconte Yassine, casablancais âgé de 21 ans qui a préféré s’enticher de l’extasie. Annoncé en grande pompe aux médias, le programme du ministère de la santé qui devait sonner le glas d’une époque où la lutte contre la toxicomanie n’était pas un phénomène de mode au Maroc (comme le Sida ou le cancer), n’a pas encore porté ses fruits. « Quand je suis en état de manque, je me mutile, je regrette ma vie… » clamait une jeune fille filmée en très gros plan sur la vidéo présentée à la presse pour cet événement. Le ministère de la santé reste très réticent à afficher les chiffres de la drogue au Maroc, de peur de provoquer un cataclysme national. Dans ses chiffres officiels, le ministère s’efforce de comparer les résultats du Maroc avec les Etats Unis, la France ou encore l’Algérie, afin de nuancer toute interprétation possible. Les chiffres rocambolesques indiquant le nombre d’établissements mis en place pour prendre en charge les patients atteints de maladie mentale ne sont que l’arbre qui cache la forêt d’un triste état de fait : il n’existe que deux centres de désintoxication au Maroc. Il s’agit du centre de toxicomanie de Tanger réservé uniquement aux consultations et du Centre national de recherche en toxicomanie de l’hôpital A-Razi de Salé qui offre des lits d’hospitalisations et des consultations spécialisées. Fait surprenant, ce dernier est la première structure du genre au Maghreb.
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