Maroc Infos

Ils nous ont quitté en 2007

Posted in Nécro by hichambennani on décembre 30, 2007

Driss Chraïbi

Décédé le 1er avril 2007 à Crest (France)

Driss Chraïbi est un des pionniers de la « littérature maghrébine d’expression française ». Né le 15 juillet 1926 à El Jadida (Mazagan à l’époque), cet ancien du lycée Lyautey effectue des études de chimie à Paris en 1945 et obtient un diplôme d’ingénieur chimiste en 1950. Par la suite, il se consacre à l’écriture et se fait remarquer en 1954 avec un roman autobiographique : Le passé simple. Jugé trop critique vis à vis de l’Islam et des traditions de la société patriarcale marocaine, le livre fait scandale auprès de l’intelligentsia du Royaume. En profond désaccord avec le système « hassanien », le plus anarchiste des écrivains marocains s’exile pendant 25 ans. Il n’a jamais hésité à prendre position et à défendre des intellectuels en difficultés comme le poète Abdellatif Laâbi. L’intronisation de Mohammed VI sera perçue comme le début d’une ère nouvelle par le romancier.

Malika El Fassi

Décédée le 12 mai 2007 à Rabat

Malika El Fassi est l’une des premières femmes à avoir adhéré au mouvement nationaliste en 1937. Ayant participé à la réalisation du Manifeste de l’Indépendance, elle est l’unique femme à l’avoir signé. Née à Fès en 1919, sœur de Allal Al Fassi, fondateur de l’Istiqlal et d’Abdelkbir qui participe à la lutte armée en 1953, elle épouse Mohamed Al Fassi, son cousin et ancien ministre de l’enseignement. Cette militante se bat durant toute sa vie pour les droits de la femme et rédige ou retranscrit tous les documents que les nationalistes veulent faire parvenir au sultan Mohammed V. Véritable pionnière en matière de journalisme féminin, elle dénonce dès l’âge de 15 ans la situation de la femme au Maroc. Le combat qu’elle mène durant toute sa vie pour lutter contre l’analphabétisme lui vaut d’être récompensée par l’UNESCO et d’être décorée par le Roi Mohammed VI.

Driss Benzekri

Décédé le 20 mai 2007 à Rabat

Driss Benzekri s’est éteint à l’âge de 57 ans des suites d’un cancer. Natif de Aït Ouahi, ce diplômé en linguistique de la faculté de Rabat a effectué ses études à l’université d’Aix-Marseille. Opposant au régime de Hassan II, il est arrêté en 1974 et détenu pendant 17 ans pour avoir entre autres adhéré à un groupe marxiste-léniniste (Ila Al Amame). A sa sortie de prison, il poursuit ses études et obtient un magistère en droit international à l’université d’Essex en Grande-Bretagne. Fervent militant contre la peine de mort au Maroc, il adhère au Forum Vérité et Justice en 1999 et en devient le président. En 2003, l’homme est nommé président de l’IER (Instance Equité et Réconciliation) par le Roi Mohammed VI, pour plancher sur l’épineux dossier des droits de l’homme au Maroc entre 1960 et 1999. 17 000 demandes d’indemnisation seront présentées. 10 000 connaitront une suite favorable sous l’égide de Driss Benzekri. Il fut critiqué pour n’être pas allé jusqu’au bout de sa dénonciation, mais restera l’une des personnalités marquantes de son époque.

Driss Basri

Décédé le 27 août 2007 à Paris

« Il y a eu quatre très grands serviteurs du royaume sous Hassan II : Mohamed Oufkir, Ahmed Dlimi, Mohamed Reda Guedira et moi-même. Tous sont morts, sauf moi » déclarait en 2005 Driss Basri au magazine Jeune Afrique. Symbole de l’ancien régime, il fut l’un des premiers à être limogé par le roi Mohamed VI. L’ex mentor de Hassan II a rejoint cette année les grands acteurs des années de plomb. En exil à Paris depuis 2004, l’ancien numéro 2 du régime a succombé à un cancer dans un hôpital parisien à l’âge de 69 ans. Et c’est en pleine période électorale que l’homme, longtemps accusé d’avoir trafiqué les résultats des élections, a rendu l’âme. Fils d’un gardien de prison de Settat, Driss Basri a d’abord été commissaire principal à Rabat puis est passé directeur de la direction générale de la surveillance du territoire (DST) en 1973 avant d’être nommé secrétaire d’Etat à l’Intérieur l’année suivante. Il devient ministre de l’intérieur en 1979 et conservera sa place jusqu’à la mort de Hassan II en 1999.

Rajae Belmlih

Décédée le 2 septembre 2007 à Rabat

L’artiste restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes voix de la chanson marocaine. Dès son plus jeune âge, elle s’intéresse à la musique et se fait rapidement remarquer. Ce qui ne l’empêche pas de décrocher une licence à la faculté de lettres de Rabat. L’émission « Mawahib » d’Abdenbi El Jirari en 1980 la propulse sur les devants de la scène marocaine. «Wahaqqika anta al mouna», «Salou qalbi», «Madinate al hachichin», «Ya jarata wadina»… le répertoire de la chanteuse ne laisse personne de marbre. Le Caire, dans les années 90, lui donne l’occasion de conquérir le monde arabe et de se métamorphoser en phénomène. La chanteuse travaille avec des compositeurs de renom comme Mohamed Diae, Jamal Salama, Salah Chernoubi ou encore Hilmi Bakr. Ses albums Sabri Alik Tal, Ya Rhayeb et Letiraf resteront gravés à tout jamais dans les mémoires de ses fans. La diva se verra décerner de nombreuses distinctions pour l’ensemble de son œuvre et sera nommée ambassadrice de l’UNICEF en 1999. Rajae Belmlih a tiré sa révérence à l’âge de 45 ans, victime d’un cancer.

Mohamed Sijelmassi

Décédé le 17 octobre 2007 à Casablanca

Né à Kénitra, Mohamed Sijelmassi a rendu l’âme à l’âge de 75 ans. Cet homme de culture et de savoir a fait des études de médecine à Paris. A partir des années 1960, il exerce la profession de pédiatre pendant une trentaine d’années. Parallèlement il s’intéresse au patrimoine marocain et publie plusieurs ouvrages sur la peinture, la calligraphie, l’architecture et les villes du Maroc. La mise en valeur du patrimoine culturel marocain constituait le cheval de bataille de cet ambassadeur du Maroc qui a toujours eu un intérêt prononcé pour l’art islamique. Il a également publié des ouvrages sur l’enfance, s’appuyant sur son vécu professionnel. Réédité par Gallimard en 1994, son ouvrage réalisé avec Abdelkebir Khatibi intitulé L’art calligraphique arabe ou la célébration de l’invisible se verra décerner le prix de l’Académie française et sera traduit dans plusieurs langues.

Ali Haddani

Décédé le 28 octobre 2007 à Rabat

Au service de l’interprète et du compositeur, Ali Haddani était parolier. Les chansons qu’il a écrite comme Yak a jarhi, Qitar Al Hayat, Kif idir a sidi, Bared ou skhoun, feront de lui un poète incontournable. Les compositeurs Abdessalam Amir, Abdelkader Wahbi, Mohamed Ben Abdeslam, Mohamed Kadmiri, Abdelkader Rachdi et les stars Abdelhadi Belkhayat, Abdelwahab Doukkali, Mohamed Al Hayani, les frères Megri, Naïma Samih, Majda Abdelwahab se sont attachés ses services. Mort à 71 ans, il incarnait avec Fathallah Lamghari, Tayeb Laalaj et Hassan Moufti la dernière génération des auteurs compositeurs de chanson traditionnelle marocaine.

Mohamed Bouzoubâa

Décédé le 15 novembre 2007 à Rabat

Celui qui a occupé ces cinq dernières années le poste de ministre de la Justice est né à Meknès en 1939. Il a d’abord fait partie de la première génération de l’UNEM (union nationale des étudiants du Maroc) avant de devenir membre fondateur de l’USFP (union socialiste des forces populaires). Avocat à Rabat depuis 1962, il a occupé en 1973 le poste de Secrétaire général du barreau de Rabat avant d’être élu en 1976, conseiller et premier vice-président du conseil municipal de Rabat. En 1983, il devient membre du comité administratif de l’USFP. Mohamed Bouzoubâa a joué un rôle dans une grande partie des procès politiques : coup d’état de 1972, procès de Marrakech en 1970, procès d’Amaoui en 1992… Sous sa houlette, de nombreux procès controversés ont vu le jour ces dernières années. Les attentats du 16 mai 2003 ont définitivement mis à mal son ministère.

Abderrahim Bargach

Décédé le 5 décembre 2007 à Casablanca

Abderrahim Bargache a effectué ses études secondaires au Lycée Moulay Abdallah. Lauréat du Centre de Formation des Journalistes de Rabat et du Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes de Paris, ce natif du quartier des Habous a occupé plusieurs postes à la MAP et a été correspondant à Paris, rédacteur en chef central et chef du Bureau régional de la MAP à Casablanca. Il a ensuite enfilé la casquette d’animateur télé, puis de comédien. L’émission Walima lui octroiera une réputation d’expert de la gastronomie marocaine. Il a collaboré avec plusieurs organes de presse français (Le Monde, Libération, Psychologie, AFP…) et plusieurs auteurs dont Mohamed Sijilmassi (pour le livre « Vivre Marrakech »). Mort à 59 ans, le « Maïté » marocain a marqué toute une génération par son caractère, son humour et sa passion pour l’art culinaire.

Hommage réalisé en décembre 2007 par Hicham Bennani pour Le Journal Hebdomadaire.

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