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Objectif CAN

Posted in Sport by hichambennani on janvier 12, 2008

À la conquête du Graal

par Hicham Bennani

À quelques jours de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui aura lieu au Ghana, les dès sont désormais jetés. Quelles sont les clés de la réussite du Maroc pour cette compétition ?

Henri Michel a dévoilé une liste de 23 joueurs qui défendront les couleurs du Maroc lors de la plus prestigieuse des compétitions africaines le 20 janvier. Avant ce rendez-vous, deux rencontres amicales se tiendront en terre marocaine les 12 et 16 janvier contre la Zambie et l’Angola. Ce dernier tour de chauffe sera l’occasion pour les joueurs de régler leurs automatismes et de huiler au mieux la machine Maroc.
Depuis l’arrivée du sélectionneur en septembre dernier, quatre matchs amicaux ont été disputés. Le Maroc s’est mesuré au Ghana (défaite 2-0), à la Namibie (victoire 2-0), à la France (2-2) et au Sénégal (victoire 3-0). Quatre petits duels qui ont vu la sélection nationale monter petit à petit en puissance. Depuis la CAN 2004, perdue en finale contre la Tunisie, alors pays organisateur, l’équipe du Maroc n’a plus convaincu. Pire, elle n’a séduit à aucun moment, jusqu’à ses deux dernières apparitions. Sous la houlette de Baddou Zaki, les Lions de l’Atlas avaient effectué un parcours quasi sans fautes en 2004. Au cours de l’ultime rencontre de la CAN, une erreur du dernier rempart Fouhami, allait plonger le football national dans un marasme de quatre longues années (cf encadré). Henri Michel, qui avait reçu la nationalité marocaine du défunt souverain Hassan II, a aujourd’hui toutes les cartes en main. « Il y a 23 joueurs. A eux de se battre pour faire partie des sélectionnés. La Fédération n’intervient pas dans mes choix. Le choix définitif m’appartient, c’est moi qui prend les responsabilités et quand c’est la merde, c’est moi qui prend tout ! » déclarait Henri Michel mercredi 9 janvier à l’occasion d’une conférence de presse à Fès. L’ex-entraîneur demi-finaliste de la coupe du monde 1986 avec la France a mené la Côte d’Ivoire en finale de la dernière CAN, ne s’inclinant que lors de l’épreuve des tirs aux buts. Avec le Maroc, il avait pourtant démissionné suite à un « lynchage médiatique » provoqué par une élimination prématurée lors de la CAN 2000. Les Marocains ne lui en tiendront pas rigueur très longtemps. La coupe du Monde 1998 restera gravée dans les esprits. Son sacre en coupe de la CAF (2003) et son titre national avec le RAJA (2004) scelleront définitivement son destin. Reste que le meilleur résultat d’Henri Michel en coupe d’Afrique avec le Royaume chérifien est une place en demi-finale…

Un espoir de renouveau

Quoi qu’il en soit, l’équipe nationale n’a jamais excellé dans cette compétition. Elle ne l’a remportée qu’une seule fois en 1976. À cette époque, en Ethiopie, un mini championnat s’était disputé au deuxième tour. Il n’y avait donc pas eu de matchs à élimination directe. Affichant toujours sa préférence pour la Coupe du Monde, l’encadrement technique marocain a trop souvent négligé cette fête du football africain, berceau de talents qui ont brillé en Europe comme Eto’o, M’boma, Essien et Drogba pour ne citer qu’eux. L’épreuve a propulsé des équipes comme le Sénégal et le Ghana sous le feu des projecteurs lors de coupes du Monde.
Même si l’étoffe du Maroc, classé 39ème au classement FIFA (7ème pays africain), est loin des éternels leaders du ballon rond, toute comparaison reste intéressante, dans la mesure où elle peut donner l’espoir d’un renouveau. Les grandes nations footballistiques ont toujours connu des hauts et des bas. La France, championne du Monde en 1998, a été éliminée dès le premier tour en 2002, sans parvenir une seule fois à mettre le ballon au fond des filets. Quatre ans plus tard, elle ne perd qu’aux tirs aux buts en finale de la Coupe du Monde. L’équipe du Maroc semblait s’être refaite une nouvelle jeunesse en 2004. Elle a ensuite connu un sort comparable aux tricolores de 2002. Le moment semble donc idéal pour une résurrection des Lions de l’Atlas. L’effectif aligné contre la France ressemblait de très près au onze type de la CAN 2004. Et le groupe qui sera présent cette année sera composé de joueurs conscients de la valeur et des dangers d’une compétition de cette envergure. L’arrivée d’Henri Michel sonne ainsi le glas d’une ère révolue. Ce qui a ouvert la voie à un mouvement d’euphorie. Beaucoup d’observateurs pensent que le premier tour sera une formalité pour les Lions de l’Atlas. C’est le cas par exemple du journaliste d’Al Bayane, Belaïd Bouimid, qui n’ira au Ghana « qu’en quarts de finales » !

Plus qu’un entraîneur, un éducateur

Dans le même esprit, le très en vue attaquant Soufiane Alloudi a tout récemment affirmé au quotidien Assabah, que le Maroc soulèverait le trophée de la CAN le 10 février. Des propos quelque peu nuancés par Youssef Hadji : « Ce que nous craignons le plus, c’est nous-mêmes. À notre meilleur niveau, nous n’avons peur de personne. » La tête sur les épaules, le ballon d’or marocain précise qu’il prendra tous les matchs très au sérieux. Najib Salmi, légendaire journaliste sportif, estime qu’avoir de l’ambition est une attitude positive, mais « annoncer une victoire est beaucoup trop prématuré. Dire que l’on va gagner c’est donner trop d’espoir aux gens et s’exposer à de grosses critiques en cas d’échec » explique le spécialiste. « La Namibie, premier adversaire du Maroc et petit poucet de la compétition peut très bien faire le match de sa vie » ajoute-t-il en faisant une référence implicite à la plus lourde défaite qu’ai connu le Maroc en coupe d’Afrique. L’anecdote remonte à l’année 1978. Après un nul 1-1 contre la Tunisie et une courte victoire 1-0 contre le Congo, les Marocains, pourtant tenants du titre s’effondrent à la surprise générale contre l’Ouganda sur le score de 3 à 0. Trois buts encaissés lors de la première mi-temps. L’équipe n’ira pas en quart de finales. Mustapha Badri, Directeur du journal Al Mountakhab affiche lui aussi une certaine prudence. « Notre groupe est celui où il y a le plus de pièges ! » analyse ce passionné de ballon rond. Et d’ajouter : « Alloudi en est à sa première CAN, il s’est emporté. Il doit modérer ses déclarations. » Mustapha Badri souligne tout de même l’impact d’Henri Michel sur ses troupes : « C’est plus qu’un entraîneur, c’est un éducateur. Il a toujours été prêt à servir le Maroc. Il a regonflé le moral des joueurs qui ont retrouvé la joie du jeu ! ».

Entrée en matière en crescendo

« Rien n’est acquis d’avance.» Fidèle à cette maxime bien à lui, le plus Marocain des entraîneurs étrangers pense que les Lions de l’Atlas, même s’ils sont mentionnés comme faisant partie des favoris de cette CAN, devront faire face aux aléas qui accompagnent une compétition de cette envergure. Les blessures de dernière minute, les conditions de jeu dans un pays d’Afrique, les états de forme de chacun, la préparation physique et mentale de ses protégés entreront aussi en ligne de compte pour faire pencher la balance Maroc vers le succès. Autre paramètre, sur les 23 acteurs désignés, seulement 4 évoluent en Botola (championnat marocain). Parmi eux, on compte 3 gardiens de but. C’est dire si le sélectionneur expérimenté mise avant tout sur le vivier des globe-trotters marocains. « Il y a beaucoup de joueurs de talent et je ne peux plus me permettre de m’embêter avec des joueurs qui n’ont pas beaucoup d’expérience sur le plan international. » précise Henri Michel. Autre facteur non négligeable : la chance ne devra pas être un simple espoir, il faudra la provoquer. Concernant l’ossature de l’équipe, l’essentiel sera l’animation autour du dispositif mis en place par le maître à penser. Contre une éventuelle « starisation » de ces joueurs, celui qu’on appelait en Côte d’Ivoire, le sorcier blanc, veut opérer avec une équipe de talents complémentaires. Respectueux de ses adversaires, son objectif est avant tout de bien figurer dans cette compétition et si possible, de l’emporter. Mais l’homme voit au-delà. La qualification pour la Coupe du Monde 2010 constitue sa plus grande motivation. Cela passe par la constitution d’un groupe solide et d’un résultat en coupe d’Afrique. La Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Ghana, le Maroc et l’Egypte sont situés en tête de liste des bookmakers. Au final, il ne pourra en rester qu’un. La raison du plus fort sera la meilleure.
Le Maroc aura pour avantage de commencer sa campagne africaine par un match contre la Namibie. Il affrontera ensuite la Guinée puis les Blacks Stars du Ghana. Une entrée en matière en crescendo qui devrait aider les Lions de l’Atlas à passer le premier tour de la compétition. Si c’est le cas, le Nigéria ou la Côte d’Ivoire devraient se dresser sur la route des coéquipiers de Youssef Hadji en quart de finale. A eux d’écrire une nouvelle page d’histoire.

Les 23 conquérants

À l’heure où l’équipe du Maroc affronte la Zambie et l’Angola, derniers rendez-vous avant la CAN, Henri Michel dispose d’une liste de 23 joueurs. Gros plan sur les prétendants au sacre final.

Le maître du jeu

Youssef Hadji (Nancy/FRA) > Attaquant
La pièce maîtresse des Lions de l’Atlas n’est plus à présenter. Élu meilleur joueur marocain de l’année (par 20 entraîneurs et le quotidien Al Mountakhab), vice champion d’Afrique en 2004, le petit frère de Mustapha Hadji n’en fini plus de cumuler les distinctions et se taille de plus en plus une place de choix dans le panthéon du football marocain. Son équipe de Nancy où il est un élément clé, effectue une saison exceptionnelle. Elle talonne de très près Lyon, sextuple champion de France, dans les hautes sphères du classement.

L’inégalable

Tarik Sektioui (FC Porto/POR) >Attaquant
Tarik Sektioui s’est offert une deuxième jeunesse avec le FC Porto. L’attaquant n’en finit plus d’enchaîner les prestations de haut rang, allant même jusqu’à devenir le déclencheur des victoires de son équipe. Son match contre la France a sans doute définitivement convaincu Henry Michel de l’étendue de son talent et de son degré de motivation. Seul bémol, depuis le début de sa carrière, le joueur est fréquemment blessé.

Le sage

Abdeslem Ouaddou (Valenciennes/FRA)>Défenseur
Ce défenseur central est un pilier indéboulonnable de l’équipe nationale. Ces galons de titulaires sont indiscutables au même titre que ceux de Sektioui. S’appuyant sur ses 46 sélections avec l’équipe du Maroc, le capitaine de Valenciennes s’est forgé un mental d’acier. Pendant sa carrière, il a pu évoluer aux côtés d’un Noureddine Naybet en fin de règne. Nul doute qu’il saura apporter les conseils adéquats à ses coéquipiers.

Les indispensables

Soufiane Alloudi (El Ain/EAU) > Attaquant
La star du Raja de Casablanca d’abord prêtée à Al Aïn (Emirats) a signé un contrat de trois ans avec le club émirati. Il vient d’être élu meilleur sportif marocain de l’année (avec l’athlète Hassna Benhassia) au terme d’un sondage de la MAP effectué auprès de 29 organes de presse. En ne disputant qu’une mi-temps contre le Sénégal, l’attaquant surmotivé a offert une passe décisive et poussé le cuir au fond des filets. Il avait également ouvert la marque contre la Namibie en octobre.

Marouane Chamakh (Bordeaux/FRA) >Attaquant
Grand artisan de l’épopée de la CAN 2004, Marouane Chamakh n’a marqué que deux buts en championnat avec Bordeaux où il ne fait pas souvent partie des 11 de départ. En revanche, il est bien plus en vue en Coupe de l’UEFA. Marouane Chamakh aura, à n’en pas douter, une place de choix dans les papiers d’Henry Michel. Ses acquis avec l’équipe nationale le placent au rang de star incontestable.

Talal El Karkouri (Al Qatari/QAT) >Défenseur
Victime d’une entorse au genou, le capitaine des Lions de l’Atlas n’a pas pu tenir son rang contre la France et le Sénégal. L’ancien défenseur du PSG avait inscrit un but en toute fin de match contre la Namibie. Indéboulonnable pour certains, trop kamikaze pour d’autres, cet ex-rajaoui a roulé sa bosse dans les championnats européens et en sélection. Il sera à coup sûr, retenu pour « tenir la baraque » comme titulaire.

Youssef Safri (Southampton/ENG) >Milieu de terrain
Vieux baroudeur de la sélection, Youssef Safri n’a rien perdu de son lustre. Il a trouvé ses marques en Angleterre où son club mythique espère accéder à la Premier Ligue. Il est cité du bout des lèvres par Henri Michel comme un éventuel successeur de Naybet. Excusez du peu.

Michael Chrétien Bassir (Nancy/FRA) >Défenseur
Auteur d’un match irréprochable contre la France, la deuxième star marocaine de l’AC Nancy fait penser, de par son style de jeu, à Willy Sagnol, défenseur du Bayern. Pour la petite histoire, il a évolué avec l’équipe de France Espoir en mars 2004, avant d’opter pour son pays d’origine pour faire parler son talent en sélection.

L’inattendu

Khalid Fouhami (RCA/MAR) > Gardien de but
Khalid Fouhami fait l’objet de toutes les controverses depuis sa bévue en finale de la CAN 2004 contre la Tunisie, alors qu’il avait (mis à part cette bourde) réalisé une bonne compétition. Henri Michel, faute de dénicher un gardien du temple digne de ce nom, pourrait miser sur l’expérience de Fouhami et sur son capital de matchs engrangés avec le Raja en championnat et en Ligue arabe des clubs champions.

Le téméraire

Youssef Mokhtari (MSV Duisburg/GER) > Attaquant
Grâce à son but égalisateur de grande classe contre l’équipe de France et à un autre contre le Sénégal, Youssef Mokhtari qui avait remplacé Mbark Boussoufa blessé, a réussi un véritable coup de poker. Grand artisan l’année dernière de la montée de son équipe en Bundesliga, il faudra désormais compter avec lui. Formé en Allemagne, l’international marocain vient de signer avec Al Rayyan (Qatar).

Les baroudeurs

Hicham Aboucherouane (Espérance Tunis/TUN) > Attaquant
Fort d’une réalisation impressionnante contre le Sénégal, où il a slalomé sur le flanc gauche en éliminant plusieurs adversaires pour ouvrir la marque, cet ancien joueur du LOSC et du Raja a participé à la terrible désillusion des Lions de l’Atlas lors de la CAN 2006. C’est donc un joueur d’expérience qui pourra se servir des enseignements du passé. Il semble avoir trouvé sa voie avec l’Espérance de Tunis où son rendement est plus que positif.

Jamal Alioui (Sion/SUI) > Défenseur
Ce défenseur central de formation s’est peu à peu mué en latéral suite à son passage au FC Metz, ce qui a rendu son jeu plus fluide. Artisan de la victoire contre le Sénégal, grâce notamment à la concrétisation du 3ème but, Alioui faisait partie de l’équipe de la CAN 2004 mais n’a pas été retenu en 2006.

Badr El Kadouri (Dynamo Kiev/UKR) > Défenseur
Sous contrat jusqu’en 2010 avec le plus titré des clubs ukrainiens, l’arrière gauche du Dynamo Kiev figure sur les tablettes de Monaco, Saint-Etienne et Manchester City. Même si le championnat des compatriotes de Shevchenko est très peu relevé, le club a le mérite de se confronter chaque année aux grands d’Europe par le biais de la coupe aux grandes oreilles (Ligue des Champions).

Houcine Kharja (Piacenza /ITA) >Milieu de terrain
Cet ancien de l’AS Rome, évolue en série B italienne. Auteur d’un grand match contre la France, ratissant un grand nombre de ballons, il fera très probablement partie des plans du sélectionneur franco-marocain.

Abdelkrim Kissi (Enosis Paralimini/CHY) > Milieu de terrain
Pour ceux qui ne se souviennent plus de lui, Abdelkrim Kissi a joué tous les matchs de la CAN 2004 en tant que titulaire. Capitaine de l’équipe nationale des moins de 17 ans, ce ceinture noire de taekwondo a fait ses classes au Maroc (Oujda et Fès) avant de se rendre en Russie, en Bulgarie et aux Pays Bas. Denrée rare, sa place de charnière centrale devrait lui assurer une place au soleil.

Les jokers

Bouchaib El Moubarki (Grenoble/FRA) > Attaquant
Ce renard des surfaces a connu une carrière en dents de scie. El Moubarki est capable du meilleur comme du pire. Il a participé aux qualifications pour la CAN 2008 et appartient à cette catégorie de joueurs qui de par leurs instabilités chroniques contribuent à déstabiliser une équipe. Son curriculum vitae actuel, floqué d’une place en Ligue 2 n’arrange pas vraiment sa situation.

Moncef Zerka (Nancy/FRA) > Attaquant
Les mauvaises langues diront que ce franco-marocain est en sélection marocaine faute de ne pas pouvoir évoluer avec la France. C’est parce qu’il a été blessé à plusieurs reprises durant sa carrière que Moncef Zerka a endossé une tunique d’attaquant. Un choix de Pablo Correa, son entraîneur à l’AS Nancy. Polyvalent, il a pour indéniable avantage de côtoyer Hadji et Bassir, même s’il n’est que très rarement titulaire. De plus, il n’a repris l’entraînement que depuis peu. Un joueur frais fait souvent la différence dans les compétitions nationales.

Amine Rbati (Dafra/EAU) > Défenseur
Après un essai peu concluant de quelques jours à Bordeaux, cet ancien défenseur central du Raja évolue actuellement aux Emirats. Ayant prouvé sa valeur ajoutée en qualification pour la CAN, il constituera un maillon important de l’équipage.

Hicham Mahdoufi (Metallist/UKR) > Défenseur
Après six mois prolifiques en Ukraine, ce protagoniste de la surface de vérité est de retour de prêt. Son club, l’Olympique de Khouribga va devoir faire face aux convoitises de grands d’Europe comme l’Ajax Amsterdam (Pays Bas), Marseille (France), l’Espanyol Barcelone (Espagne) où encore Anderlecht (Belgique).

Nadir Lamyaghri (Wac/MAR) > Gardien de but
Titulaire contre la France, Lamyaghri a commis l’irréparable. Il s’est attiré, comme tous les joueurs à ce poste depuis des années, les foudres des supporters. Cependant, grâce à ses démonstrations en club, le portier reste en ballottage favorable pour endosser une tunique de n°1.

Les outsiders

Abderrahmane Kabous (Csk Sofia/BUL) > Milieu de terrain
Le milieu récupérateur du CSK Sofia a obtenu sa première convocation contre la France. Il a joué comme milieu de terrain défensif avec plusieurs équipes en France, au Maroc et en Suède.

Abdessamad Chahiri (Dhj/MAR) > Défenseur
Chahiri fait partie des joueurs issus du cru qui ont fait un appel du pied à Henri Michel. Le défenseur d’El Jadida a été délaissé par le Raja, mais a tout de même rebondi par ses performances. Il s’agit du seul joueur de champ qui évolue actuellement au Maroc à avoir été convoqué. Un exploit à signaler.

Abdelilah Bagui (Mas/MAR) > Gardien de but
Le gardien de but du Mas de Fès n’en est pas à sa première sélection. Concurrence oblige, il a peu de chances de disputer un match durant la CAN… à moins d’un étonnant concours de circonstances. Selon les rumeurs des tribunes, Bagui aurait des problèmes de vue…info ou intox ? Cela témoigne tout de même de son manque de fiabilité.

Les grands absents

L’intraverti

Othman El Assas (Gharra/QAT) > Milieu de terrain
Malgré ses bonnes performances, « le gardien » comme l’indique son nom a décliné l’invitation du sélectionneur où il devait faire partie des 30 présélectionnés pour la CAN. Il ne fera donc pas partie de l’aventure.

Le poisseux

Mbarek Boussoufa (Anderlecht)
De retour de blessure, le soulier d’or 2006 du championnat belge, pas assez en jambes, n’a pas été appelé. À son meilleur niveau, Mbarek Boussoufa fait trembler plus d’un défenseur. A condition de retrouver ses automatismes, il pourrait faire son retour à l’occasion des qualifications pour la coupe du Monde.

Et tous les autres …

Tarik El Jarmouni (FAR), Yassine Abdessadki (Strasbourg), Mimoun
Azaouagh (Schalke 04), Kamel Chafni (Auxerre), Mohamed Yaacoubi (Espanyol Barcelone), Nabil Baha (Malaga), Jaouad Zaïri (Asteras Tripolis), Réda Riahi (El Jadida), Jaouad Ouaddouch (FAR), Jamal Triki (OCK), Adil Razzaki (Kac/MAR) Hicham El Amrani (Rca/MAR) Abderrazak El Mnassfi (Mat/MAR), Nouredine Boukhari (Sparta Rotterdam/NED), Adil Rami (Lille/FRA), Ahmed Elouali Alami (Kac/MAR), Abdessalam Benjelloun (Édimbourg, ECO)

Certains ont roulé leur bosse avec l’équipe nationale comme le feu follet Jaouad Zaïri ou le vétéran Tarik El Jarmouni. D’autres comme Adil Rami étaient trop convalescents pour faire partie de la liste des gladiateurs. Et la majorité restante, comme Kamal Chafni ou Mohamed Yaakoubi, a été victime du choix de l’entraîneur. « Yacoubi a quitté le stage en France sans donner d’explication. Il a fait une erreur. » a justifié Henri Michel. Le chef d’orchestre de la sélection, face à un choix cornélien, a eu la lourde tâche de trancher. A lui maintenant de composer au mieux pour justifier ses choix.

CAN 2008
Groupe A
Ghana, Guinée, Namibie, Maroc

Groupe B
Nigéria, Bénin, Mali, Côte d’Ivoire

Groupe C
Egypte, Soudan, Zambie, Cameroun

Groupe D
Tunisie, Angola, Afrique du Sud, Sénégal

Les Lions de l’Atlas en chiffres

Nombre de participation à la CAN : 13
1972, 1976, 1978, 1980, 1986, 1988, 1992, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008
Palmarès : 1 victoire en 1976, finaliste en 2004

Bilan contre la Namibie :
2 victoires, 1 nul, 0 défaite
Dernière confrontation : Mar-Nam 2-0 (amical) le 17/10/2007

Bilan contre la Guinée :
6 victoires, 0 défaite, 5 nuls
Dernière confrontation: Mar-Gui 1-0 (CAN qualif.) le 26/03/2005

Bilan contre le Ghana :
4 victoires, 3 nuls, 3 défaites
Dernière confrontation : Gha-Mar 2-0 (amical) le 08/09/2007

Lions de l’Atlas

Quatre années dans le bourbier

Depuis quatre ans, la sélection ne fait plus rêver . Premier acte d’un embrasement annoncé : la non-qualification pour la Coupe du Monde 2006. Le Maroc, pourtant seule équipe invaincue de son groupe s’est fait coiffer sur le fil par les protégés de Roger Lemerre… encore eux. Alors qu’ils menaient les débats lors du dernier match contre les Tunisiens, les Lions de l’Atlas ont flanché. Malgré ses bons et loyaux services rendus à la FFRM, Baddou Zaki a du essuyer les critiques des médias et des supporters qui cherchaient alors un bouc émissaire. Ce qui explique sa démission en octobre 2005. Deuxième épisode non pour le moins ubuesque : le choix de Philippe Troussier pour tenir les rênes des Lions de l’Atlas. Ce dernier, faute de trouver un terrain d’entente avec les dirigeants marocains verra son séjour au Maroc écourté. Son contrat sera résilié en raison de « divergences de vues assez profondes » selon M’Hamed Aouzal, vice-président de la Fédération royale marocaine de football. M’Hamed Fakhir, loin de faire l’unanimité, le remplace à la fin de l’année 2005. La CAN 2006 en Egypte est alors un véritable fiasco. Le Maroc ne marque aucun but et sort par la petite porte. Bien plus tard, Fakhir qualifie son équipe pour la CAN. Une formalité puisque la poule regroupait, outre le Maroc, le Malawi et le Zimbabwe. Arrive alors un certain Henri Michel. Dernier homme à avoir qualifié le Maroc à une coupe du Monde, il est accueilli en messie.

Entretien : Henri Michel

Henri Michel a parfaitement conscience des dangers auxquels s’expose l’équipe du Maroc lors de la prochaine coupe d’Afrique des Nations. Il s’explique sur ses choix et son état d’esprit avant d’affronter la Zambie et l’Angola juste avant la CAN.

Les Lions de l’Atlas disputent deux matchs amicaux contre des équipes qui seront présentes lors de la CAN. Vous commencez donc cette compétition avant tout le monde ?

Henri Michel – Non, il y a des entraîneurs qui ont décidé de jouer, d’autres pas. Personnellement je pense que c’est bien d’avoir ces deux matchs amicaux pour se mettre en jambe. Cela peut donner confiance à l’équipe, cela permet aux joueurs d’avoir quelques repères. Selon le résultat, ça peut aussi être négatif bien sûr. Il y a un risque qui est pris.

Le premier match amical se déroule le 12 janvier à Fès. Pourquoi le choix de cette ville ?

HM- À partir du moment où nous avions décidé de rester au Maroc, il fallait trouver un lieu. Les conditions de travail à Fès sont formidable. Il n’y a donc pas de raisons de s’en priver. L’accueil a été excellent. C’est donc un lieu idéal. C’est bien de délocaliser la première partie de notre stage. De plus, l’équipe nationale appartient à tout le peuple marocain. On a déjà joué à Tanger, Marrakech et Agadir. Aujourd’hui, c’est au tour de Fès.

Et ensuite Rabat ?

HM- Oui nous disputons le deuxième match à Rabat le 16, en transit, avec un deuxième match contre l’Angola qui est une équipe de qualité. Nous nous envolerons le lendemain pour Accra. Nous serons donc au Ghana quatre jours avant le début du premier mach. Ce qui nous permettra de nous acclimater et de prendre nos marques.

Tout le monde pointe du doigt l’éternel problème du gardien de but. Avez-vous fait un choix concernant le N°1 ?

HM- Non, chacun à sa chance, je laisse le suspens jusqu’au dernier moment. Et même si j’ai une petite idée concernant mon choix final, je ne peux rien dévoiler. Mais je le répète, rien n’est définitif pour l’instant.

Avez-vous un plan particulier pour passer le premier tour de la CAN ?

HM- Il faut faire un résultat au premier match pour bien aborder les choses. En même temps, cela ne veut rien dire. Même si on fait un match nul, on aura toujours des chances de passer. On peut se qualifier pour le deuxième tour si on se concentre sur chaque match, mais il faudra mettre toutes les chances de notre côté. Rien n’est acquis d’avance.

Naybet était un genre de conseiller, une sorte de guide pour les joueurs de sa génération, un peu comme Laurent Blanc en équipe de France. Est-ce qu’un joueur est en mesure d’assumer son rôle aujourd’hui ?

HM- Une personnalité ça ne s’invente pas. Tout se fait au fil des années. Chaque joueur à sa personnalité. Un champion ça se construit. Mais chacun est différent. Maintenant je pense peut être à Safri et El Karkouri qui sont des anciens. Mais ce sont des profils un peu différents. C’est une autre génération. Il y en a sûrement d’autres que je connais moins.

Après les matchs contre la France et le Sénégal, beaucoup ont vu le Maroc comme un favori de cette CAN. Quels sont vos pronostics ?

Je ne fais jamais de pronostics. Il y a de grands pays en Afrique qui le resteront toujours, comme le Nigéria ou le Cameroun. La Côte d’Ivoire que je connais bien a un potentiel extrêmement important. D’autres nations ont aussi des chances de l’emporter. Il s’agit de l’Egypte, la Tunisie et le Sénégal. La Guinée et le Ghana qui sont dans notre groupe pourraient faire parler d’eux. Le Mali a énormément de joueurs de qualité, on a tendance à l’oublier. Tout ce beau monde a le potentiel pour aller au bout, au même titre que le Maroc. Il y a tellement de choses qui peuvent intervenir d’ici la finale (blessures, maladies…), qu’il est impossible de donner des pronostics.

Dans quel état d’esprit abordez-vous la compétition de façon générale ?

HM- Etre à cent pour cent et être les meilleurs possibles. Il faut s’appuyer sur nos qualités. Les joueurs doivent être dans les meilleures conditions. Surtout qu’il n’y a aucunes contraintes. L’ambiance est excellente, l’état d’esprit est au beau fixe. La qualité du travail en ce moment est là. Il faut maintenant le confirmer par des résultats.

Le programme

12 janvier (amical)
Maroc-Zambie à Fès
16 janvier (amical)
Maroc-Angola à Rabat
21 janvier (CAN)
Namibie-Maroc, à Accra
24 janvier (CAN)
Guinée-Maroc, à Accra
28 janvier (CAN)
Ghana-Maroc, à Accra
3 février (CAN)
Vainqueur du groupe A – 2e du groupe B, à Accra

Le Journal Hebdomadaire, Janvier 2008

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