Maroc Infos

Alcool au Maroc

Posted in Société by hichambennani on mars 20, 2008

Et si les Marocains trinquaient mieux ?

par Hicham Bennani

En 2001, le magnat du vin Brahim Zniber rachète le groupe Ebertec. Un coup de fouet porté au secteur de l’alcool au Maroc et en particulier à la culture viticole. Parallèlement à la tendance mondiale, de moins en moins de Marocains consomment de l’alcool tout en cherchant à l’apprécier. C’est en tout cas ce qu’avancent de nombreux connaisseurs comme Boris Bille, sommelier à Ebertec depuis 1998. Le groupe Ebertec se scinde en deux activités. La première se situe au Domaine des Ouled Thaleb de Ben Slimane où la production du vin est réalisée à Thalvin, la plus vieille cave encore à l’exploitation au Maroc. La deuxième, basée stratégiquement à Casablanca, concerne le négoce et la distribution des produits alcoolisés. Ballantine’s, Jack Daniel’s, Absolut Vodka, Glenfiddich, Ricard, Campari, Malibu, Jacques Cartier, Médaillon, Cuvée du Président, Sémillant, San Miguel… les plus grands kaisers sont sous le joug du géant Ebertec. « Il y a vingt ans au Maroc, les gens pouvaient boire du whisky ou de la vodka à table. Aujourd’hui, on prend plutôt du vin », raconte Boris Bille, qui baigne dans le milieu du vin depuis sa plus tendre enfance. Il explique que la demande en vin est de plus en plus pointue au Maroc : « Lorsque j’ai créé un département réservé aux vins de grands vignerons français, c’était très difficile à vendre au début car il n’y avait pas de culture du vin au Maroc. Petit à petit, on a réussi et aujourd’hui on a 200 à 250 références. » Et d’ajouter : « Un amateur de vin qui ne connaît pas le Maroc trouve à sa disposition dans la carte de vins, les meilleures bouteilles de la planète ! » Le particulier marocain, lorsqu’il en a les moyens, semble donc demandeur d’une véritable culture vin et achète également de grands crus de champagne, de grandes cuvées, des millésimes et de grands rosés. « Aujourd’hui, quand vous arrivez au Maroc, vous trouvez tout ce qui se fait de mieux en matière de spiritueux, toutes les grandes marques sont présentes », atteste Boris Bille.
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La drogue au Maroc

Posted in Société by hichambennani on mars 15, 2008

La solitude des drogués

par HICHAM BENNANI


Cocaïne, haschich, ecstasy, héroïne, karkoubi… Après le chantier mis en place par le ministère de la Santé il y a un peu plus d’un an, la prise en charge des toxicomanes au Maroc est toujours quasi-inexistante.

« Nous dormons par terre, il n’y a pas assez de lits pour nous accueillir, aucun médecin pour nous parler… » Mehdi, jeune intoxiqué âgé de 17 ans du fameux pavillon 36 de l’hôpital Averroès de Casablanca ne sait plus à quel saint se vouer. Loin d’être anecdotique, sa situation reflète malheureusement une réalité encore passée sous silence. C’est pourquoi en février 2007, le ministère de la Santé a lancé un vaste programme national pour la santé mentale et la toxicomanie. L’OMS a apporté son aide au projet. Il s’agissait d’une enquête nationale effectuée au niveau des ménages dans le but de déceler le type de toxicomanie qui existe au Maroc. Le CHU Ibn Rochd de Casablanca, l’Hôpital Universitaire Psychiatrique Ar-Razi de Salé et des psychiatres du secteur privé ont collaboré main dans la main pour mener à bien cette mission sous la houlette du ministère de la santé. Il en ressort que la drogue la plus consommée, la plus néfaste et même la plus mortelle est le tabac. « Tout le monde parle du trafic de cocaïne ou du haschich, mais on a tendance à ignorer totalement le tabac ! » s’insurge Jallal Toufiq, médecin chef de l’hôpital Ar-Razi. Autre constat qui est un secret de polichinelle, la drogue la plus utilisée au Maroc reste le cannabis avec 500 000 usagers. Concernant la cocaïne, elle est de plus en plus répandue. Un phénomène général dans le monde qui touche donc fortement le Maroc. La cocaïne est même devenue une drogue douce pour la jeunesse dorée casablancaise. « Nous prenons d’autres choses maintenant, la cocaïne c’est de la rigolade, ça ne nous amuse plus… » raconte Yassine, casablancais âgé de 21 ans qui a préféré s’enticher de l’extasie. Annoncé en grande pompe aux médias, le programme du ministère de la santé qui devait sonner le glas d’une époque où la lutte contre la toxicomanie n’était pas un phénomène de mode au Maroc (comme le Sida ou le cancer), n’a pas encore porté ses fruits. « Quand je suis en état de manque, je me mutile, je regrette ma vie… » clamait une jeune fille filmée en très gros plan sur la vidéo présentée à la presse pour cet événement. Le ministère de la santé reste très réticent à afficher les chiffres de la drogue au Maroc, de peur de provoquer un cataclysme national. Dans ses chiffres officiels, le ministère s’efforce de comparer les résultats du Maroc avec les Etats Unis, la France ou encore l’Algérie, afin de nuancer toute interprétation possible. Les chiffres rocambolesques indiquant le nombre d’établissements mis en place pour prendre en charge les patients atteints de maladie mentale ne sont que l’arbre qui cache la forêt d’un triste état de fait : il n’existe que deux centres de désintoxication au Maroc. Il s’agit du centre de toxicomanie de Tanger réservé uniquement aux consultations et du Centre national de recherche en toxicomanie de l’hôpital A-Razi de Salé qui offre des lits d’hospitalisations et des consultations spécialisées. Fait surprenant, ce dernier est la première structure du genre au Maghreb.
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Le brouhaha footballistique ne fait que commencer

Posted in Sport by hichambennani on mars 13, 2008

La Fédération de football devait désigner un nouvel entraîneur mardi 12 mars. Une décision finalement reportée au vu et au su des médias qui avaient déjà sacré Baddou Zaki.

La prise en charge des Lions de l’Atlas par Baddou Zaki n’a finalement pas eu lieu. Pourtant, depuis vendredi 7 mars, l’arrivée de l’ancien entraîneur qui a mené l’équipe nationale en finale de la Coupe d’Afrique en 2004 semblait quasi-imminente. Tout du moins à en croire une grande partie des médias marocains. Pratiquement unanime, la presse a accordé une place de choix dans ses pages à celui qu’elle qualifiait de « grand favori ». Analyses, gros plans, interviews, titres vendeurs… Même les plus professionnels ont été bernés. Najib Salmi, référence en matière de journalisme sportif, a écrit à son plus grand regret, dans les lignes du quotidien L’opinion, que Baddou Zaki serait le prochain sélectionneur. A la surprise générale, la FRMF (Fédération Royale Marocaine de Football), qui devait dévoiler mardi 11 mars le visage du nouveau coach a pris à contre-pied toute l’armada des médias. La veille au soir, le bureau fédéral annonçait envers et contre tous le report de sa réunion décisive qui devait sonner le glas d’une période trouble. Raison officielle de ce report ? Le planning trop chargé du général Benslimane, incontestable numéro un du football marocain réputé pour son austérité. « M. Aouzal, vice-président de la FRMF a été invité par la FIFA à Zurich pour l’organisation de la coupe du monde des clubs qui se déroulera à Tokyo.» précise Abdelhak Mendoza, président de l’Amicale des entraîneurs. Quant à Benslimane, il aurait eu « des obligations » selon cette même source. Fait habituel, le bureau fédéral n’a envoyé aucune mise au point à la presse. Un mutisme qui fait peur. (more…)

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Psychanalyse en terre d’islam

Posted in Livres by hichambennani on mars 4, 2008

Le livre de Jalil Bennani ouvre le débat sur les racines de la psychanalyse au Maghreb et en particulier au Maroc. Une première

Le concept de psychanalyse est-il le même dans les pays du Maghreb, et en particulier au Maroc, qu’en Europe, où cette discipline est née ? C’est une des questions centrales à laquelle répond Jalil Bennani dans Psychanalyse en terre d’islam. L’ouvrage du psychanalyste vient de paraître en France aux éditions Arcanes Erès. Le livre est également disponible au Maroc sous le sceau des éditions Le Fennec. Dans la préface, Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire du Maghreb et de la colonisation française indique que les pays musulmans, et en particulier le Maroc, pourtant si proches de la France, présentent souvent à l’observateur occidental pressé l’image de sociétés impénétrables, figées dans des traditions ancestrales, indéchiffrables. « Jalil Bennani nous invite à penser autrement. Son livre permet de comprendre, d’analyser le regard porté sur le colonisé par les médecins de la maladie mentale » écrit Benjamin Stora. Et d’ajouter : « L’auteur explique bien comment les psychiatres coloniaux ont introduit une rupture dans le champ des croyances traditionnelles. Voulant passer du champ de la magie ou de la religion à celui du savoir, ils ont introduit une pensée porteuse de rationalité ». Jean-Richard Freymann, directeur de la collection pour l’édition française souligne que le travail du chercheur marocain s’ouvre à la fois vers l’ensemble des pays francophones et sur les pays du Maghreb. Il explique que l’œuvre est un outil indispensable qui, à partir d’une approche historique analytique et épistémologique, ouvre la psychanalyse sur ses rapports à l’islam. Un document de travail qui permettra aux praticiens, psychanalystes et étudiants, de trouver des indications incontournables sur le rapport de l’inconscient freudien aux cultures du Maghreb. « Jusqu’à présent nous manquions de documents de travail en France sur la psychanalyse au Maroc et dans les pays du Maghreb sur la pratique freudienne » témoigne Jean-Richard Freymann. Même son de cloche dans les paroles du psychanalyste Mohammed Ham. Ce maître de conférence à l’université de Nice définit l’ouvrage en question comme la première synthèse aboutie qui éclaire de façon pertinemment analytique les conditions de l’arrivée et de l’installation de la psychanalyse au Maghreb. « Il a fallu beaucoup de travail et de don de soi pour réaliser une telle prospection, étude et recherche » déclare ce spécialiste. (more…)

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SURF au Maroc

Posted in Sport by hichambennani on mars 3, 2008

SEA, SURF AND SUN

Sport de plus en plus populaire chez les jeunes, le surf attire des étrangers du monde entier depuis 40 ans. Gros plan sur une discipline restée trop longtemps dans l’ombre.

« L’histoire du surf au Maroc est une histoire passionnante et empreinte de valeurs d’échange et de multiculturalisme. Elle est aussi, à l’image des difficultés que connaît notre pays, parsemée de frustrations, parfois d’erreurs, qui ont eu de lourdes et durables conséquences sur le développement de ce sport », ont écrit Driss Ghallab et Rachid Fahmi dans leur édito du premier numéro du magazine Amouage, unique revue marocaine consacrée aux sports de glisse parue fin 2007. Malgré d’excellentes performances des sportifs marocains, le surf manque encore cruellement d’infrastructures et ses adeptes ont du mal à trouver des sources de financement. En outre, il n’est pas suffisamment pris au sérieux par les médias. Pourtant, le surf n’était-il pas, avec le golf, le sport sur lequel misait le ministère du Tourisme pour accueillir ses mythiques dix millions de touristes ? Née à Hawaï au XVème siècle, cette discipline est un moyen simple et sûr d’attirer les surfeurs du monde entier sur les plages du royaume. Dernier exemple en date, celui de trois Sud-africains. Michael Sternberg, John Fleming et Tim Harris ont eu la folle idée, de sillonner les côtes de l’Afrique en 4X4 pour aller vers l’Europe. Leur but ? Faire du surf et découvrir le continent africain. Stone, Lurks et Tim, comme on les surnomme, se sont connus à l’université du Cap. Depuis le 27 mars 2007, ils se sont reconvertis en aventuriers, amoureux de la nature et friands de rencontres inopinées. « Nous avons travaillé pendant six ans pour mettre en place ce voyage » explique Tim, le plus fringant des trois mercenaires. Partis du Cap, ils ont traversé la Namibie, l’Angola, la République Démocratique du Congo, le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Nigéria, le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, la Gambie et la Mauritanie avant de fouler le 21 février le sol marocain. (more…)

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