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SURF au Maroc

Posted in Sport by hichambennani on mars 3, 2008

SEA, SURF AND SUN

Sport de plus en plus populaire chez les jeunes, le surf attire des étrangers du monde entier depuis 40 ans. Gros plan sur une discipline restée trop longtemps dans l’ombre.

« L’histoire du surf au Maroc est une histoire passionnante et empreinte de valeurs d’échange et de multiculturalisme. Elle est aussi, à l’image des difficultés que connaît notre pays, parsemée de frustrations, parfois d’erreurs, qui ont eu de lourdes et durables conséquences sur le développement de ce sport », ont écrit Driss Ghallab et Rachid Fahmi dans leur édito du premier numéro du magazine Amouage, unique revue marocaine consacrée aux sports de glisse parue fin 2007. Malgré d’excellentes performances des sportifs marocains, le surf manque encore cruellement d’infrastructures et ses adeptes ont du mal à trouver des sources de financement. En outre, il n’est pas suffisamment pris au sérieux par les médias. Pourtant, le surf n’était-il pas, avec le golf, le sport sur lequel misait le ministère du Tourisme pour accueillir ses mythiques dix millions de touristes ? Née à Hawaï au XVème siècle, cette discipline est un moyen simple et sûr d’attirer les surfeurs du monde entier sur les plages du royaume. Dernier exemple en date, celui de trois Sud-africains. Michael Sternberg, John Fleming et Tim Harris ont eu la folle idée, de sillonner les côtes de l’Afrique en 4X4 pour aller vers l’Europe. Leur but ? Faire du surf et découvrir le continent africain. Stone, Lurks et Tim, comme on les surnomme, se sont connus à l’université du Cap. Depuis le 27 mars 2007, ils se sont reconvertis en aventuriers, amoureux de la nature et friands de rencontres inopinées. « Nous avons travaillé pendant six ans pour mettre en place ce voyage » explique Tim, le plus fringant des trois mercenaires. Partis du Cap, ils ont traversé la Namibie, l’Angola, la République Démocratique du Congo, le Congo, le Gabon, le Cameroun, le Nigéria, le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, la Gambie et la Mauritanie avant de fouler le 21 février le sol marocain. Leur expédition doit se poursuivre en Espagne, au Portugal, en France et en Angleterre où leur destination finale sera Londres. Ce qui explique sans doute qu’ils aient accordé une interview à la BBC lors de leur escale à Rabat. « Pourquoi prendre l’avion pour Londres quand tu peux y aller en roulant ! » s’exclame Tim, le sourire aux lèvres. Lurks précise que les sud-africains ont pour tradition de se rendre en Angleterre pour y travailler ou pour étudier. « Dans notre pays, les gens ne connaissent rien du reste de l’Afrique, ils s’intéressent plus à ce qui se passe en Europe » indique Lurks qui poursuit : « Nous avions envie de dépasser les clichés sur l’Afrique. Par l’intermédiaire de notre blog, on raconte aux gens ce qu’on voit, ce qu’on fait et on leur ouvre les yeux sur l’exceptionnelle beauté du continent noir ». Ils ont accédé au Maroc par le Sud, à la frontière avec la Mauritanie, où les autorités leur ont d’abord refusé l’accès. Leur appartenance à un pays qui a officiellement reconnu le Sahara comme une république indépendante, y est sans doute pour quelque chose. Mais leur seul but était de découvrir « de nouvelles vagues » comme en témoigne Stone. « Nous sommes finalement entrés et nous avons pu visiter un pays qui offre des plages magnifiques », raconte l’intéressé. Dakhla, Sidi Ifni, Mirleft, Taghazout, Imsouane, Essaouira, El Jadida, Moulay Bousselham, Chaouen, Tanger… les bourlingueurs ont passé plus de temps au Maroc que dans tous les autres pays d’Afrique. C’est dire le potentiel dont regorge le Royaume tant pour les sports de glisse que pour le tourisme en général. Les trois compères ont finalement quitté le Maroc le 16 avril, après que l’un d’eux ait été incarcéré à Tanger pour un léger problème de visa. Qu’importe… Pour ne pas faire de vagues, ils ne retiendront que les « spots » (lieu où l’on surfe) marocains. « Ils ont réalisé le rêve de tous les surfeurs du monde ! », résume Dris Mhammedi, jeune designer appartenant à la communauté des surfeurs marocains. Ce dernier a partagé des vagues à Oued Cherrat, près de Rabat avec les trois « riders ».

Le creux de la vague

Les échanges entre marocains et étrangers amoureux de pureté et à la recherche de sensations fortes ne datent pas d’hier. L’histoire du surf au Maroc trouve ses racines dans la petite ville de Mehdia. En 1912, le maréchal Lyautey décide de doter Kénitra d’un port militaire et de commerce. Claude Bernard, un militaire de cette base franco-américaine a été le premier à apporter une planche de surf au Maroc. En compagnie de Henri Coggia, Pierre Chalaud et Kabbour Abboud, il apprend à dompter les vagues marocaines dans les années 60. Kabbour Abboud, dit Mamoune, est le premier surfeur marocain de l’Histoire. Agé aujourd’hui de 68 ans, cet ancien maître nageur de la plage de Mehdia est aussi le premier Marocain à avoir participé à une compétition internationale. A Biarritz, capitale européenne du Surf, Pierre Chalaud rencontre des Australiens et leur propose de tester les côtes marocaines. Il s’agit d’étudiants voulant échapper à la guerre du Vietnam. Le Maroc attire par la suite de plus en plus d’étrangers amoureux de la nature et du dépaysement comme les hippies. En 1970, Mehdia séduit un grand nombre de français du Maroc comme les frères Lacomar ou Agostini qui ont créé l’entreprise T&C à Hossegor (France). Anglais, Sud-africains, Français… plus personne ne résiste à Mehdia. Les Marocains sont eux aussi pris dans cette vague. Boumedienne Omari, gérant de l’école de surf Atlantic Mehdia Surfing a fait partie de la nouvelle vague marocaine de ce sport. « C’était la belle époque. Tous les surfeurs se connaissaient du Nord au Sud » raconte l’homme. La première compétition de surf au Maroc s’est déroulée en 1988 aux Sablettes (Mohammedia). Trois ans après, le pays participe pour la première fois à une compétition internationale : l’European Professional Surfing Association. Championnats et associations voient peu à peu le jour. En 1994, le Maroc se classe 21ème au championnat du monde au Brésil, une date à marquer d’une pierre blanche. Depuis, le surf a progressivement pris une place conséquente dans le pays. Mais elle reste en deçà du phénoménal potentiel naturel à disposition. Tantôt dans le creux de la vague, comme en atteste l’absence de compétitions nationales entre 1998 et 2000 qui a largement nui au surf marocain, tantôt au sommet de son art, grâce à des génies comme Abdelkhalek El Harim ou Yassine Ramdani pour ne citer qu’eux, le surf marocain cherche aujourd’hui un nouveau souffle. Début 2007, l’état de santé du surf au Maroc n’était pas au beau fixe. Des conflits entre plusieurs sportifs et la Fédération Royale Marocaine de Surf et de Bodyboard (FRMSB) plombaient les performances des jeunes espoirs. « Pourquoi Maroc Télécom a refusé de sponsoriser Abdelkhalek alors qu’il a un book très impressionnant doté d’une 13ème place au classement pro européen ? Il a battu un ex-champion du monde en la personne de Mick Fanning ! » s’insurge Dris Mhammedi. Mais depuis la fin de l’année dernière, tout semble repartir sur de bons rails. L’initiative de la FRMSB de créer un « Top 16 », où s’affronte la crème des surfeurs marocains, a relancé ce sport de glisse tant sur le plan national, qu’international. De plus, la FDMSB vient d’annoncer l’organisation d’une étape du championnat d’Europe de Longboard 2008, compétition phare, à Imessouane. Même les femmes se sont jetées à l’eau. Imane Zagraoui par exemple, vice championne du Maroc, a débuté le surf à 16 ans et vient de lancer un « surf camp », école d’apprentissage pour les filles. Aujourd’hui, tout porte à croire que les acteurs du surf au Maroc auront le vent en poupe dans les années à venir. À la condition sine qua non d’un changement des mentalités…

Hicham Bennani

http://www.surf-maroc.com
http://www.fedesurfmaroc.com
http://www.africansurfer.com

Le Journal Hebdomadaire, mars 2008

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2 Réponses

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  1. imane aoullay said, on février 7, 2009 at 2:21

    Projet collectif pour la préservation de la mémoire du surf au maroc.
    Phase d’étude.

    Si vous souhaitez y prendre part, ou en savoir plus, merci de contacter : 041274935

  2. CHALAUD Pierre said, on septembre 14, 2009 at 5:00

    Cher Monsieur Hicham Bennani,

    Je tiens à vous préciser que bien que vous ayez repris certains articles à propos de l’histoire du surf au Maroc que mon beau-frére Claude Bérard qui a importé de France la premiére planche de surf au Maroc n’était pas militaire sur la base américaine, mais français ( né en Turquie) employé civil à la base américaine.
    J’en profite pour vous dire que le fils de Paul Lacomare (ex-Fassi) à remporté le R.C.P Junior, ce qui confirme son leadership dans le classement du circuit européen Pro Junior et il vient d’etre couronné champion européen ASP 2009 aux Canaries, cela promet !
    amicalement, Pierre Chalaud


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