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Une institution dans le bourbier

Posted in Maroc by hichambennani on mai 30, 2008
Benchaâboun, ex-DG de l’ANRT

Des cadres supérieurs dénoncent le système archaïque de l’ANRT, qui s’est concrétisé à l’époque de Mohamed Benchaâboun, ancien directeur général.

Cela fait maintenant dix ans que l’ANRT (Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications) a vu le jour. Derrière sa reluisante vitrine d’établissement public censé veiller aux pratiques concurrentielles dans le domaine des télécoms, se cache en réalité une institution malade, rongée par les conflits internes et le totalitarisme de ses dirigeants. Le 18 février 2008, une assemblée générale de plus de 40 agents de l’ANRT, crée un bureau syndical, en vue de secourir l’agence « de la situation catastrophique qu’elle vit depuis des années en raison de la mauvaise gestion, de l’inconscience et du manque de professionnalisme de quelques directeurs et responsables de l’Agence qui continuent malgré cela de bénéficier de la confiance du nouveau directeur général de l’ANRT » stipule un communiqué datant du lundi 26 mai. Plus d’une centaine de fonctionnaires de l’agence dénoncent l’existence d’un clan composé de directeurs, chefs de division et cadres qui s’est réellement mis en place pendant que Mohamed Benchaâboun dirigeait l’ANRT. L’actuel PDG de la Banque Populaire (BCP) a été remplacé à la tête de l’agence par Azzedine El Mountassir Billah en mars dernier. El Mountassir Billah est connu pour sa complicité avec le maghzen et serait même un ami de Karim Zaz, PDG de Wana. Une question coule de source : est-ce que le fait de nommer un ami de Wana, une des sociétés de l’ONA qui est un opérateur télécom, garantie l’indépendance et l’impartialité de l’ANRT vis-à-vis du secteur ? « Lorsque l’on sait que l’épouse de Benchaâboune n’est autre que la directrice du centre monétique interbancaire et que la BCP est actionnaire de Maroc télécommerce, qui s’occupe des paiements électroniques, on se dit que le nouveau DG s’inscrit dans la continuité » résume une source bien informée. Pour l’instant, l’actuel DG de l’ANRT se contente d’observer une institution visiblement à feu et sang, avant peut-être de prendre des décisions.
Dans un autre communiqué datant du 28 mai 2008, des cadres de l’ANRT donnent quelques exemples de « harcèlement moral et mauvais traitement psychologique » que Az El Arabe Hassibi, directeur technique de l’ANRT et Mustapha Bessi, chef de la division de gestion du spectre des fréquences, auraient fait subir à des agents de direction du temps de Benchaâboun. Ne pas convoquer les cadres aux réunions, les priver de sources d’information, (courriers, formations professionnelles et missions), s’approprier leur travail et le présenter en leur nom devant le DG, valoriser seulement le travail de leurs amis parachutés, leur donner des avantages et fixer des objectifs irréalisables, font partis des nombreuses distorsions évoquées. L’abus de pouvoir des deux responsables qui useraient quotidiennement d’un vocabulaire inapproprié pour traiter leurs employés est également un point à signaler. « Soit tu acceptes le système et tu y adhères, soit tu ne l’acceptes pas et tu es éjecté… »s’indigne un cadre de l’ANRT.

Mauvaise gestion

LANRT doit sortir du bourbier !
L’ANRT doit sortir du bourbier !

Des comportements qui ont apparemment eu de graves conséquences sur le moral et l’état psychologique du personnel de l’agence. Depuis la création de l’ANRT en février 1998, une trentaine d’agents de la direction technique ont donc par la force des choses, pris la poudre d’escampette. 80% des ingénieurs d’Etat de l’ANRT se seraient tournés vers l’étranger ou le privé. Un record dans un établissement public marocain ! Abderrahim Khafaji, Ismail Slaoui, Alaaeddine Daoudi, Alaa Bensaid, pour ne citer qu’eux, ont rejoint la HACA, Alcatel, la CDG, et l’OCP. Ces comportements anormaux ont eu de graves conséquences sur un cadre supérieur de la direction technique. Un homme souffre actuellement d’une dépression nerveuse. Et ce, suite à des menaces perpétrées à son égard par Az El Arabe Hassibi, Driss Benayachi Lalami, secrétaire général de l’ANRT et Abderrahim Chetoui, chef de la division des ressources humaines et des affaires sociales. La victime aurait simplement critiqué des aspects de la mauvaise gestion de l’ANRT. « Pourtant, tout en prétendant qu’il était instable psychologiquement, il a été suspendu pendant plus de 6 mois et privé de 3 mois de salaire, alors qu’il aurait dû être assisté psychologiquement et non pas sanctionné » dénonce un employé de l’ANRT qui a assisté aux évènements.
Dans la lignée de ces dénonciations, un homme, victime d’un préjudice moral et matériel subi par une décision illégale de Mohamed BENCHAABOUN, sort du lot et parle à visage découvert. Hicham El Menzhi, président du nouveau bureau syndical et président de l’association des œuvres sociales de l’ANRT, dans une lettre ouverte à Benchaâboun, jette l’opprobre sur l’ancien DG de l’ANRT. « Le départ d’excellents directeurs pour des destinations meilleures et leur remplacement par des responsables de 2e et 3e rang a eu un effet négatif sur la qualité de la gouvernance des ressources humaines qui a donné lieu à des excès de pouvoir non justifiés, exercés en violation des dispositions de l’article premier de la loi N°03-01 du 23 Juillet 2002 relative à la motivation des décisions administratives » argumente ce cadre supérieur de l’ANRT, qui compte vingt années d’ancienneté bien que son âge ne dépasse pas les 39 ans. Après avoir évoqué Terrab et Demnati, « personnalités qui ont marqué l’ANRT par leur grande compétence et leur charisme humain », Hicham El Menzhi déclare : « j’ai compris que je suis l’objet d’une machination orchestrée par ceux qui prétendaient normaliser ma situation et qui en fait, sont à l’origine de la décision négative prise à mon encontre. La gestion de mon dossier par l’ancien directeur général s’est avérée être un leurre qui a calmé le jeu, le temps de lui assurer une promotion inespérée ».

Intervention royale

Un télégramme intitulé « 10 ans, ça se fête », provenant de la cellule communication de l’ANRT datant du 14 mai 2008 indique : « 10 ans de régulation, 10 ans d’évolution, 10 ans de communication, pour mieux préparer l’avenir… » Dans ce texte aux allures de discours oratoire (digne de celui d’un président de la République), les « collègues » sont cordialement conviés à l’anniversaire des dix ans de l’ANRT qui devait normalement avoir lieu le 23 mai dernier et a été reporté d’un mois. Cet événement qui aura lieu soit à l’hôtel L’amphitrite, soit à la Villa des Arts, d’après certains cadres, sera organisé par Avant Scène, l’agence de communication de Jamel Debbouze et coûtera environ six millions de dirhams. Inconnue au bataillon, une « Directrice traiteur » a été nommée à l’ANRT pour organiser cet anniversaire, confirmant ainsi la réputation interne d’une agence dite, de recrutement par téléphone… Un ancien responsable à l’ANRT confie sur les nerfs : « J’ai 38 ans d’exercice et ils ne m’ont même pas invité ! Lorsque j’ai pris ma retraite, ils ne m’ont même pas remercié ou envoyé une lettre ! » témoigne le retraité, dépité.
Début mai à Anefgou (Khénifra), le souverain Mohammed VI a pu constater que la « couverture totale » du territoire en service de base des télécommunications notamment en téléphonie et internet pour tous les citoyens marocains, pourtant supposée être assurée auparavant par Benchaâboun, n’était pas réelle sur le terrain. Deux conventions visant la desserte en téléphonie et Internet ont alors été signées, grâce à une intervention royale. Autre signe d’une agence au manque de crédibilité flagrant : la suspension sine die du bureau d’Al Jazeera de Rabat annoncée à la chaîne par l’ANRT. « L’ANRT s’exécute devant la HACA et donne l’autorisation des fréquences…le directeur technique de l’ANRT a été contacté par des gens bien placés dans l’Etat qui lui ont demandé de rédiger cette lettre et de l’envoyer à Al Jazira, les raisons sont sûrement politiques… » pense un fonctionnaire de l’ANRT.
Une petite révolution a été annoncée par Benchaâboune le 26 mai à la BCP. Le nouveau DG veut tout réorganiser. Selon le quotidien Le Soir, une conférence aura lieu début juin pour définir une nouvelle stratégie plus agressive de cette banque. De source sûre, des centaines de millions de dirhams ont été placés par l’ANRT à la BCP, la BMCI et le Crédit Agricole. Pourquoi de telles sommes, provenant d’un établissement public, n’ont pas été placées au trésor public pour pallier au déficit budgétaire grandissant de l’Etat. La question restera sans réponse.

Hicham Bennani

Le Journal Hebdomadaire, mai 2008

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Une Réponse

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  1. hajar said, on février 8, 2010 at 10:30

    Bonjour,
    puis je avoir vous cordonné?
    je suis une salariée qui souffre des harcelement de son chef hiérchique qui n’a aucune relation avec le professionnalisme, j’ai attrapper plusieurs crise de déprision a cause de cela, je travail dans une agence autre que l’ANRT qui est tré connu par son bonn réputation ainsi celle de ses cadres et ses chef compétent qui seront perturber a cause de cett article, j’aimerai bien etr un membre de cett agence que cell ou je travail nous somme mal traiter surtt nous les bac + 2 alors pourquoi ce traitemen la?nous somm pas des cadres pour avoir qu’un jounaliste comm vous hicham ecrit sur notre souffrance


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