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Posted in Société by hichambennani on juillet 16, 2008

Ondes de choc

par Hicham Bennani

Les émissions de radios qui donnent la parole aux auditeurs en direct font de plus en plus parler d’elles à l’heure où certaines stations fêtent leur premier anniversaire. Ce phénomène en pleine expansion comporte certaines limites à ne pas dépasser par les opérateurs. Tour d’horizon.

10 mai 2006, une date à marquer d’une pierre blanche. La Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) octroyait dix licences privées de radio entamant ainsi une nouvelle ère pour la communication au Maroc. Une révolution dans le secteur de l’audiovisuel qui ne comptait que six radios il y a un an et demi.
Aujourd’hui, la mosaïque des radios au Maroc est très diversifiée. Chacune possède un style qui lui est propre et cherche à séduire un public spécifique, même si certaines ratissent plus large que d’autres. Pratiquement toutes les stations sont à cheval entre l’arabe et le français afin de satisfaire le plus grand nombre d’auditeurs. Des fréquences comme Radio Sawa qui émet en arabe ou radio amazigh qui n’use que de l’amazigh comme l’indique son nom, ont préféré se cantonner à une seule langue de prédilection. A noter l’originalité de Casa FM, qui communique par l’intermédiaire du dialectal marocain, la darija, même à travers son flash info !
Dans un pays à fort taux d’analphabétisme, où l’oral a toujours primé sur l’écrit, la majorité des stations ouvrent de plus en plus leurs antennes à la parole des auditeurs, ce qui constitue un bouleversement important. Pour faire face à la concurrence, la meilleure solution est de « répondre aux attentes et aux préoccupations de tous » souligne Rachid Hayeg, PDG de Chada FM. De plus, les émissions interactives ont un faible coût et elles permettent même parfois aux radios de gagner de l’argent par le biais des appels téléphoniques. Les interventions des auditeurs s’articulent autour de deux grands modes de paroles. Le premier consiste à parler de soi et de ses problèmes personnels, tandis que le deuxième donne la possibilité de traiter de sujets d’actualité, sociaux, politiques, économiques ou de l’ordre du divertissement. Beaucoup écoutent les talk shows pour passer le temps ou parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire. Mais d’autres, suivent avec beaucoup d’assiduité et d’attention un certain nombre de programmes. C’est le cas de Kamal, informaticien à Rabat, qui trouve que ces émissions sont un moyen de créer un espace public. Selon lui, « ce sont des lieux d’échange et de rencontre dans lesquels se confrontent des idées et des opinions ». Ainsi, chacun peut, s’il le désire, participer par téléphone à de véritables joutes verbales. Par ailleurs, la radio participative permet aux représentants des différents groupes d’intérêts, lobbies et autres associations de s’exprimer dans un espace médiatique.
Les jeunes quant à eux, sont très friands de ces émissions, ils les perçoivent comme des sources d’informations car tous les thèmes évoqués sont au centre de leurs préoccupations. C’est aussi pour eux une manière de s’immiscer dans la vie privée des autres. « J’adore écouter Libre antenne sur Hit Radio, c’est mieux que de regarder la Star Ac ! » raconte Hind, lycéenne.
Mahjoub, chauffeur de taxi casablancais passe son temps à écouter Casa FM et Aswat. Pour lui, les émissions qui donnent la parole aux auditeurs illustrent un reflet de la société marocaine. Une sorte de « miroir » dans lequel les gens évoquent tous leurs problèmes et leurs préoccupations. Mais si les auditeurs parlent de tout au Maroc, ils semblent moins à l’aise à l’antenne lorsqu’il s’agit de traiter de questions épineuses comme par exemple, de politique.

Des auditeurs audacieux

Chourouk Gharib anime pendant la semaine, l’émission Nouadeh Lika (Je t’explique) sur radio Atlantic. De 14h à 16h, les auditeurs sont invités à débattre d’un thème défini en compagnie de l’animatrice et d’un invité. Le tout, entrecoupé de flashs infos et de publicités. Les thèmes abordés sont, selon les propos de Chourouk, « des thèmes qui intéressent les citoyens ». Elle explique que l’équipe de radio Atlantic tente « de trouver des sujets originaux à travers un angle nouveau. J’essaie de faire de l’humour avec les auditeurs pour détendre l’atmosphère et créer une proximité. » La langue est toujours choisie en fonction des intervenants même si Chourouk semble afficher, avec beaucoup d’élégance, une préférence pour la darija ponctuée d’arabe classique. Les thèmes abordés sont très vastes et sont traités en tenant compte du volet économique, cheval de bataille de radio Atlantic. Problèmes de société, polémiques en tout genre, politique, sexualité, malnutrition… tout y passe. Mais « il faut toujours recadrer l’auditeur en fonction du sujet de l’émission » raconte Chourouk qui précise que les auditeurs sont souvent très audacieux à la radio, alors qu’à la télévision ils sont plus réservés. Concernant le choix de la tranche horaire, il s’agit d’ « un choix qui a permis à radio Atlantic de créer ses propres auditeurs », ajoute la journaliste.
D’autres stations ont préféré, pour des choix stratégiques, transmettre ce type d’émissions le soir. C’est le cas de Hit Radio qui reçoit 1000 appels et 600 sms par jour. Cette radio constituée d’une équipe de jeunes permet aux 12-35 ans de se confier à Momo, nouvelle coqueluche des jeunes ados, de 20h à minuit, du lundi au vendredi dans « Libre antenne ». Momo raconte que trois ou quatre sujets sont traités chaque soir. « Etudes, amour, mariage, viol, handicap, parents adoptifs… toutes les problématiques qui font partie de la vie des jeunes sont discutées sans tabous » indique la star de Hit radio.
« Je veux déclarer ma flamme », « J’ai des problèmes avec mes parents », « Je bois trop d’alcool », « Comment faire pour ne pas souffrir ? »… tous les sujets d’ados sont passés en revue.
Si la majorité des radios offrent une tribune d’expression au public marocain, toutes ne le font pas de la même manière. Youmiate Ouled El Blade (Les carnets des enfants du pays) diffusée sur Aswat tous les jours de la semaine de 17h30 à 19h00 a connu un intérêt sans précédent de la part des auditeurs. « Tous les sujets possibles sont traités dans le plus grand respect et avec une approche sérieuse en prenant l’avis de professionnels et d’experts » se défend Sanae Zaime, animatrice de l’émission. Elle parle avec enthousiasme d’un véritable « forum sociétal » qui est né sur Aswat : « Cette émission s’est construite petit à petit sur le long terme. On parle souvent de démocratie au Maroc. A travers cette émission, les Marocains ont prouvé qu’ils étaient capables d’être solidaires les uns des autres, de se respecter et de s’aimer». Car il est vrai que la richesse des débats sur les ondes d’Aswat est frappante : relations amoureuses, immigration, santé, relations parents-enfants, problèmes d’adolescents, etc. Alors que les sujets traités sont parfois très simples, « les Marocains prouvent qu’ils ont une réflexion et des idées, ils poussent souvent très loin les débats » conclut ce pilier d’Aswat.

Une ligne de conduite à respecter

Mais peut-on vraiment tout dire sur les ondes marocaines ? Qui choisit les thèmes abordés et qui contrôle le contenu des interventions des auditeurs ? Au-delà de tout cela, la liberté de parole comporte-t-elle des risques ?
A Hit Radio, les intervenants subissent toujours un traitement « avant antenne », où on leur demande leur numéro de téléphone et leurs coordonnées. Et malgré cela, « les gens ont fini par tout dire, absolument tout… » s’étonne Younes Boumehdi, créateur de cette station, qui poursuit : « Il faut que les gens trouvent normal de parler de sujets graves à l’antenne, pour qu’ils puissent ensuite être capables d’aller les rapporter à leurs proches». Il mentionne aussi le fait que les gens qui se confient ou émettent des demandes bénéficient d’un suivi. « Si une personne a besoin d’un renseignement ou de conseils que nous ne pouvons pas lui donner, nous prenons toujours l’avis d’experts pour la satisfaire». Le PDG de Hit Radio termine son argumentation par cette anecdote : « Un jour, une fille a appelé, elle était dans la détresse. Des gens ont téléphoné et ils lui ont proposé un boulot et de l’argent ! »
Christophe Lecomte, directeur technique d’Aswat, explique les choses autrement. Il souligne que son équipe ne fait que répondre à une demande et note qu’il faut être prudent dans les émissions car « ce qui est dit dans une radio a toujours plus de répercussion que ce qui est écrit dans un journal… Les sujets sont choisis par les animateurs et tout se fait au rythme du Maroc, qui est un pays à deux vitesses ». Ce membre fondateur de la radio en question évoque une ligne de conduite à Aswat mais souligne qu’aucune pression n’est exercée sur ses responsables.
A radio Atlantic, on pose carte sur table. Khadija Rédouane, rédactrice en chef, se dit pour la liberté d’expression et le professionnalisme. Elle rapporte que le choix des thèmes se fait en équipe et que « la sélection des sujets est très pointue. » Elle poursuit : « On ne coupe pas les gens à l’antenne même lorsqu’ils débordent où ont des excès de langage. Il n’y a pas de censure mais il ne faut jamais choquer l’oreille des auditeurs. »

De véritables mélodrames

Les débats avec les auditeurs sur les ondes marocaines ne datent pourtant pas d’hier. Dès les années 70, M’hamed Bhiri a été l’un des premiers animateurs au Maroc à donner la parole aux gens en direct. Cela se passait dans les studios de la « Chaine internationale », rebaptisée RTM Chaîne Inter et connue aujourd’hui sous le nom de Rabat Chaîne Inter. L’émission s’appelait « De fibre à fibre » et traitait d’une multitude de sujets en français de 22h à 1h. M’hamed Bhiri se souvient qu’ à l’époque, on pouvait écouter cette émission en famille. Ce pionnier de la radio explique qu’il a toujours été très concentré lorsqu’il parlait à un auditeur car il était « le lien entre l’intervenant et les auditeurs ». Il constate que c’est un exercice psychologique et que le style de son émission était simplement de laisser les gens s’exprimer. « Je n’intervenais que lorsque je sentais que c’était vraiment nécessaire » précise-t-il. Et d’ajouter : « Avec le casque qui permet d’entendre le souffle et la voix de la personne avec beaucoup d’intensité, je finissais toujours par deviner qui se cachait derrière mes interlocuteurs. » Le célèbre homme des médias, termine son analyse par cette phrase : « On imagine toujours la personne qui est derrière le son », ce qui permet de contrôler en permanence le contenu de ce qui se dit.
Mais aujourd’hui, la situation est tout autre. Lorsqu’on écoute Rabat Chaîne Inter le soir, on assiste à de véritables mélodrames pendant « l’émission la plus écoutée au Maroc » selon Noureddine Karam son animateur vedette. Fatim Zohra de Bni Melal est âgée de 26 ans. Elle a réussi, après maintes tentatives à décrocher un ticket d’entrée pour raconter ses malheurs sur les ondes de la SNRT : « Depuis l’âge de 16 ans, mes cheveux ont commencé à tomber. Je pensais au début que c’était passager, mais ça n’a fait qu’empirer. Je suis devenue presque chauve et le médecin m’a pris deux millions et ne m’a pas soignée. Je me suis dis : Dieu a voulu que je porte le voile ! ». Cette tirade sera accompagnée d’un fond sonore où l’on reconnaîtra la fameuse « Balade pour Adeline » de Clayderman qui ajoutera plus de dramaturgie aux pleurs de la jeune fille. Pour couronner le tout, l’animateur, seul au monde, y mettra son grain de sel : « tu as de l’argent à la banque ou le coiffeur t’a tout pris ? » Pathétique. Il fera tout de même l’effort de venir en aide à la jeune fille : « c’est peut-être psychosomatique, mais je ne suis pas médecin » a-t-il tenu à préciser.
Il paraît évident que les auditeurs et en particulier les jeunes parlent de plus en plus de sujets tabous à la radio de manière provocatrice dans le contexte de la société marocaine. Abdallah Ouardini, pédopsychiatre, pense que tous les talk shows doivent obéir à une éthique et que personne ne peut s’improviser animateur du jour au lendemain. Pour ce spécialiste, la parole doit toujours être soumise à des règles et se situer dans un cadre bien précis. Il apporte un témoignage intéressant : « Un jour, une fille a menacé de se suicider sur Hit Radio, Momo était désemparé, il a dû appeler une psy pour régler le problème ». Cette situation kafkaïenne démontre la complexité de ces programmes. Elle illustre parfaitement la frontière à ne pas dépasser pour les opérateurs.

La HACA rappelle à l’ordre Hit Radio

Le 15 novembre 2007, le Conseil Supérieur de la Communication Audiovisuelle (CSCA), équivalent du CSA en France, décide de sanctionner Hit Radio pour un « défaut de maîtrise d’antenne » à une amende de 100 000 dirhams. Dans un communiqué de la HACA, le CSCA a indiqué que le traitement en interaction avec le public et en particulier les jeunes, de questions « socialement et culturellement sensibles » exigeait une bonne maîtrise d’antenne et une animation assistée par des professionnels. Le CSCA accuse en fait l’animateur de Libre Antenne d’avoir traité avec trop de légèreté deux sujets graves relatifs au viol et à l’homosexualité. Ce qu’explique Younes Boumehdi, PDG de Hit Radio, c’est que lors des émissions en question, Hit Radio n’a pas eu la possibilité de faire intervenir un expert, fête de l’Aïd oblige, pour assister Momo. Mourad Ouagacem, lui aussi membre de « la radio 100% Hit » indique qu’une demande a été faite pour que l’amende soit revue à la baisse, tout en précisant qu’il respectait la décision de la HACA. En France, le CSA a le pouvoir de censurer ce qui lui paraît contraire au respect de la dignité de la personne humaine et doit également veiller à ce que les programmes ne contiennent aucune incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de sexe, de meurs, de religion ou de nationalité. Le CSA peut donc interdire à tout moment un programme de radio. Dans les cas les plus graves, il retire à un opérateur son autorisation d’émettre. Mais si une amende lui est infligé, celle-ci n’est appliquée qu’après plusieurs avertissements et discussions entre le CSA et la radio concernée.

Récapitulatif des stations

Médi 1, radio généraliste basée à Tanger émet depuis 1980 pour l’ensemble du Maghreb. Les stations publiques de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) occupent une place importante de par leur nombre au sein des radios marocaines. La SNRT propose un large choix : radio marocaine, radio amazigh, Rabat Chaîne Inter, radio Mohammed VI du Saint Coran, Radio FM Casablanca et dix autres radios régionales de proximité. Valeur montante, radio Atlantic qui appartient au groupe Eco-Médias, fait de plus en plus parler d’elle dans les bassins d’audience de Rabat-Casa. Cette chaîne multirégionale qui a fêté son premier anniversaire le 15 novembre dernier s’adresse à tous les Marocains. Aswat, elle aussi, est une des radios les plus en vue du moment. Elle est pensée pour les adultes et a pour ligne de conduite de toujours donner la parole aux auditeurs. D’autres stations ont choisi de s’adresser aux jeunes. Il s’agit de Hit Radio, Radio 2M et Radio Sawa. Enfin, certaines radios ont opté pour un ton de proximité visant un public ciblé. C’est le cas de Chada FM et de Casa FM qui couvrent la région de Casablanca. Cap Radio est suivie dans le Nord du Rif et de l’Oriental, MFM Souss et Radio+ à Agadir, MFM Saïs à Fès et Radio Atlas à Marrakech.

INTERVIEW

Younes Boumehdi
Directeur Général et fondateur d’HIT RADIO

« On veut être capté par l’ensemble de la jeunesse »

Q : Où en est votre projet de lancement d’une nouvelle chaîne TV ?
R : On a besoin d’industrialiser les médias dans notre pays. Les jeunes méritent d’avoir des médias puissants qui s’intéressent à eux. Il n’y a pas de concurrence inter-marocaine dans les médias, que se soit en radio ou en télévision. Il y a un vide énorme, il n’y a pas assez de télévision, pas assez d’offre. Par contre, il y a une concurrence internationale qui arrive, qui se manifeste depuis quelque temps. Beaucoup de chaînes internationales commencent à s’adresser au marché marocain. Il faut absolument faire contre-pied à tout cela, on a suffisamment été envahis par plein de choses dans le domaine culturel. Créer un média qui puisse développer la scène culturelle et musicale est essentiel. Le projet est encore pragmatique. Le marché marocain n’est pas non plus comparable aux USA. La cible, l’architecture globale du projet et le format sont définis, il n’y a plus qu’à être autorisé.

Q : C’est une autre paire de manche…
R : Je suis de nature optimiste. J’ai mis 13 ans pour avoir la radio, si je dois mettre 13 ans pour avoir une télévision je suis prêt à le faire… j’espère tout de même que ce sera plus rapide. En tout cas le besoin est réel. Il y a une urgence. Internet et le satellite sont extrêmement présents aujourd’hui, si on ne propose pas des produits ou des supports nouveaux à la jeunesse marocaine, elle va aller vers les autres supports internationaux. Notre culture ne gagnerait pas à ça. La presse écrite à été salutaire… il faut qu’on fasse de même.

Q : Pourquoi Hit Radio n’est pas captée dans des villes importantes comme Tanger, Meknès ou Fès ?
R : Nous n’avons pas encore été autorisé à le faire. À l’origine, Hit Radio (je pense que d’autres radios ont connu les mêmes difficultés au départ), souhaitait couvrir un plus grand nombre de fréquences. On voulait avoir une couverture beaucoup plus large. Dès le départ, Hit Radio a une vocation nationale. On veut être capté par l’ensemble de la jeunesse marocaine où qu’elle soit. C’est une question d’image. On a une responsabilité. Je reçois beaucoup d’email de mécontentements de jeunes qui veulent écouter Hit Radio. On leur répond : « adressez-vous aux élus locaux, nous ne sommes pas responsables ou écrivez à la HACA ! » Mais ils pensent que c’est à nous d’agir. On a demandé 12 zones de fréquence, on a 8 aujourd’hui et on attend toujours.

Q : Comment expliquez-vous que ça traîne ainsi ?
R : Ce n’est pas une mauvaise volonté de la haute autorité. Le problème est technique. Le parc de fréquence est limité. L’ANRT et la HACA font ce qu’ils peuvent tout en gardant un petit stock pour les prochaines régularisations. Le risque, c’est qu’ils ne donnent pas la couverture souhaitable aux radios actuelles afin de les garder pour les radios qui arrivent. Si on est autorisé demain à diffuser à Laâyoune, Nador ou ailleurs, on ira.

Q : Comment avez-vous vécu votre sanction de novembre 2007?
R : A ma connaissance, je ne crois pas que d’autres radios aient reçues une telle amende. La haute autorité dans son rôle de régulateur est intervenue. C’est un tampon qui doit gérer au mieux. On assume. Je suis content d’avoir un régulateur avec lequel on peut discuter. Les Marocains se sont appropriés la liberté de parole. Vient après la liberté d’expression.

Q : Est ce que cette décision de la HACA a changé vos habitudes ?
R : Il est vrai qu’on fait attention pour ne pas avoir à nouveau d’amendes. Une amende de 100 mille dirhams au démarrage d’une radio, c’est un électeur en moins…mais c’est aussi comme ça qu’on apprend. On s’auto-régule, on apprend, on fait attention…mais c’est un prix à payer pour plus de liberté. La presse écrite a été la première à tester des contrôles. À chaque fois qu’on crée le débat, ça développe un esprit critique et les gens se positionnent.

Q : Êtes vous en décalage dans certaines de vos émissions avec la réalité de la société marocaine ? En d’autres termes, Hit Radio ne serait-elle pas une radio élitiste ?
R : Le risque existe toujours lorsqu’on s’adresse à une large audience. Mais nos animateurs ne sont pas issus de la mission française. Momo par exemple vient d’un quartier populaire, d’un lycée marocain… il vit les mêmes problèmes que ceux de la jeunesse marocaine. La musique est quelque chose d’extrême démocratique. Le groupe H-kayne intéresse aussi bien quelqu’un qui vient d’un lycée français, américain, marocain, riche ou pauvre… Les animateurs ont réussi cette alchimie qui fait qu’il n’y a plus de barrières entre les deux Maroc. Pendant la libre antenne, on passe de la darija au français et on essaye de décomplexer complètement par rapport à la langue. Beaucoup de gens qui appellent, qui ne parlent pas très bien français, se font un point d’honneur à parler français… car le français quoi qu’on dise, ça reste une promotion sociale. Ils sont décomplexés. Personne ne leur fait de remarques à l’antenne, c’est une force.

BIO

1970.
Naissance à Rabat
1988-1992.
Études de marketing à Paris,
1993.
Premier dossier radio déposé
2006.
Création de HIT RADIO

propos recueillis par Hicham Bennani


Articles parus dans Le Journal Hebdomadaire entre novembre 2007 et juillet 2008

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