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Boites de prod au Maroc

Posted in Maroc by hichambennani on novembre 7, 2008

Le boom des boites de prod’

 

Par Hicham Bennani

 

Des émissions télé au spot de pub, plus de 500 sociétés se partagent un marché juteux. Et l’octroi des nouvelles licences audiovisuelles risque d’accentuer le phénomène.

 

Chapeau melon, costume noir et blanc, un Charlot fait tourbillonner sa canne à la manière de l’acteur hollywoodien, devant les passants incrédules d’une ruelle obscure du centre-ville de Rabat. Derrière le vrai-faux Charlie Chaplin, l’équipe de Najat Kobi tourne un épisode de Aji Tchouf, émission de téléréalité à succès, diffusé depuis janvier 2007 sur Al Aoula.

Pour mettre en bobine son concept, inspiré de l’émission belge Striptease, la jeune femme a créé sa propre boite de production, après avoir s’être fait les dents sur le circuit. Une entreprise presque téméraire mais qui compte de plus en plus d’aventurier. Depuis 2005, les sociétés de production poussent comme des champignons. Et pour cause, cette année-là, la HACA (Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel) impose aux chaines nationales, dans leur cahier des charges, de sous-traiter au moins 30% des programmes à des structures externes. S’ajoute, à l’été 2006, les premières licences audiovisuelles accordées par l’organisme. Aujourd’hui, la conjoncture leur est à nouveau favorable. Le petit milieu de l’audiovisuel est aux aguets, attendant l’annonce de la deuxième vague d’autorisations de la HACA. «D’autres boites de prod’ vont voir le jour car les nouvelles chaînes auront naturellement besoin de contenu », explique un professionnel du secteur.

 

L’grima à tout prix

En deux ans, le nombre de boites de production est passé de 400 à 542. Mais beaucoup de sociétés ferment boutique, parfois très rapidement. Car, parmi elles, uniquement 341 structures bénéficient d’une autorisation d’exercice de production, première étape avant de se voir délivrer un agrément par le CCM (Centre Cinématographique Marocain), lui-même condition sine qua non pour bénéficier d’une autorisation de tournage. Ensuite, seules les 101 sociétés de production bénéficiant du précieux sésame peuvent commercialiser leur production : 59 sociétés à Casablanca, 22 dans la région de Rabat-Salé, 8 à Marrakech, 6 à Tanger, 2 à Fès et 1 à Settat, Kenitra, Asilah et Agadir.

Une camionnette du CCM sillonne le Maroc, à la recherche des contrevenants qui peuvent écoper, selon les cas, d’une amende variant de 50 000 à 100 000 dirhams. Que font les sociétés qui n’ont pas d’agrément ? « Elles végètent dans l’illégalité, vivent de films institutionnels, de pub, de petits métiers connexes au milieu, en attendant le salut », répond un professionnel sous couvert d’anonymat.

Qualité minimum

De leur côté, les heureuses élues prennent en charge en toute légalité « la réalisation des films de commande et l’exécution pour le compte d’entreprises (…) des prestations de services, relatives à la constitution des équipes technico-artistiques et à l’organisation des tournages de films», indique le CCM dans son règlement officiel. Encore faut-il justifier d’un capital social « de 300 000 dirhams pour une SARL et de 500 000 dirhams pour une SA » et produire « un film de long métrage, de fiction, ou 3 films de court métrage ». Et lorsqu’une boîte a fini la bataille technique d’éligibilité, elle attend un dernier verdict : la voix du CCM, qui juge si le produit est « artistiquement et techniquement acceptable ». «Parmi les 80 courts-métrages produits cette année, une dizaine d’œuvres sont vraiment valables », argumente Nourredine Sail, directeur général du CCM. Au centre, on se réjouit de l’augmentation du nombre de court-métrages réalisés chaque année (5 en 2003),  arguant que la quantité ne peut que favoriser l’apparition de produits de qualité. Une information confirmée par l’enquête du cabinet Valyans Consulting, selon laquelle la production nationale a connu une amélioration « quantitative et qualitative depuis 1998 ».  Mais, se cache une autre réalité. « Parfois, les trois petits films permettant de décrocher le fameux agrément sont montés à la va-vite par des producteurs, qui se contentent ensuite de réaliser des spots publicitaires», explique ce professionnel. Il s’interroge : « Est-il pertinent de demander à ce genre de structures de produire des fictions, sachant qu’au final, cela ne constituera pas leur cœur de métier ? Ne vaudrait-il pas mieux demander au CCM d’adapter ses textes de lois ?». La question reste posée…

 

Boîtes à fric

En attendant, nombreuses sont les boites de la place qui continuent de faire leur beurre quasi exclusivement grâce à la réclame ou encore à la production de séries et d’émissions destinées au petit écran. Plusieurs très grosses boites font 95% de leur chiffre d’affaires avec la publicité. « C’est une question de survie, martèle ce professionnel. La fiction n’est pas assez rentable compte tenu du budget limité alloué par les chaines, il est donc normal que les producteurs s’en détournent». D’autant qu’avant de décrocher un budget auprès d’une chaîne, le producteur doit proposer un film « pilote » à ses frais, au risque d’y laisser des plumes.

Pour plus de rentabilité, les sociétés de production, composées de 1 à 35 personnes, mettent  régulièrement des freelances à contribution ou sollicitent des directeurs photo et réalisateurs étrangers. « Ils sont payés de 20 000 à 60 000 euros pour tourner un spot en deux jours», se plaint un habitué des plateaux de tournages. « On aimerait bien embaucher plus de Marocains, mais la main d’œuvre n’est pas assez qualifiée », justifie un producteur. Conséquence : « Les profils sont inadaptés. Par exemple, un preneur de son se reconverti dans une autre fonction. Il y a peu de matériel et le script est inexistant», dénonce un monteur. Des petites boites de prod’ dont Sarim Fassi Fihri prédit la disparition : « Il y a dispersion d’énergie, les parasites vont finir par s’évaporer ». Noureddine Sail, plus optimiste, veut voir dans ces PME l’avenir du secteur.

 

 

Formations

En 2017, si tout va bien

 

Le manque de formation aux métiers de l’audiovisuel est clair comme de l’eau de roche. Une enquête de Valyans Consulting affirme que « la formation aux métiers du cinéma reste limitée au Maroc, formant environ 65 étudiants par an ». Le CCM, affiche plus d’optimisme sur la question, indiquant que d’ici 2017, la production nationale emploiera 4000 personnes. A la même cadence, le Maroc aura formé 585 personnes. Une école à Marrakech, une autre à Ouarzazate et quelques petites autres à Rabat-Casa, constituent le maigre choix qu’ont, pour l’instant, les passionnés de l’image désireux de se former au Maroc. A noter l’ouverture d’une licence en audiovisuel à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech sur le modèle de l’Université de Casablanca. Pensée par la chambre des producteurs il y a plusieurs années, l’association AMPAC (association des métiers de la production audiovisuelle et du cinéma) devrait voir le jour en octobre 2009 et créer une nouvelle école d’audiovisuel. Pour le moment, il est donc «kafkaïen de demander un diplôme dans un pays ou il n’y a pratiquement pas d’écoles de cinéma ! », fustige Sarim Fassi Fihri, président de la chambre des producteurs.

 

Article paru dans TELQUEL, numéro 345  

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2 Réponses

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  1. nawfal ezzehar said, on août 27, 2010 at 5:21

    Bonjour,

    Je me présente, Ezzehar Nawfal du Maroc précisement de Casablanca.

    je Suis Stagiaire Audiovisuelle 2 ème Ané Dans Une Ecole Privé A Casablanca IFJ SUP je veux faire Stage Chez Vous Je veux faire un stage chez vous je veux savoir comment faire déposer Mon Cv Merci

  2. monssif said, on décembre 31, 2010 at 10:31

    Monssif rizk
    c.i.n : AB811296
    Imm 12 n 6 syba3 sidi youssef ibn ali Marrakech
    Né le 01/01/1986 a Marrakech
    Marocain célibataire
    (+212) 0658800872
    Formation

    2006-2007 niveau baccalauréat
    Stage nationale des arts théâtreux association des jeunes creaturs en éducation et culture a assilla 2004

    Stage nationale des arts théâtreux association des jeunes creaturs en éducation et culture a assilla 2005
    Stage national des arts théâtreux centre d’accueil des jeunes à Marrakech 2007
    Stage professionnel d’éclairage et sonorisation a la maison de culture MOHAMED HAJJI a sala el jadida 2007

    Expérience

    Moniteur de théâtre de 2003-2008
    Technicien d’éclairage et sonorisation de 2007-2008
    Porteur provisoire au sein de la société bahia plastic de 2008-2010
    Langues

    Arabe : langue maternelle
    Français ; lu – écrit- parlé
    Connaissances informatiques

    Bonne maîtrise du WORD – EXCEL et INTENET
    Atouts

    Associative – capacité d’adaptation – capacité d’analyse – gestion du temps – esprit d’équipe.

    Centres d’intérêt

    Peinture – voyages – natation


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