Maroc Infos

Le PAM à la rescousse de son maire

Posted in Politique by hichambennani on juillet 25, 2009

Fatima Zahra Mansouri, présidente du Conseil de la ville de Marrakech, est sur un siège éjectable depuis que le tribunal de la ville ocre a décidé d’annuler sa victoire aux dernières élections.

FZ Mansouri

L’affaire éclate le lundi 13 juillet. Le tribunal administratif de Marrakech décide d’annuler les résultats des élections communales concernant l’arrondissement de Menara. La raison ? Le Front des forces démocratiques (FFD), par le biais de Rabiî Kaoutari (tête de liste de Menara) et Rouissi Hassania, dépose une plainte dans laquelle il dénonce de nombreuses irrégularités apparues lors du déroulement des élections. Les partis concernés sont le Parti Authenticité et Modernité (PAM), l’Istiqlal (PI), le Parti Travailliste (PT), le Parti de la Justice et du Développement (PJD) et l’Union Constitutionnelle (UC). «Le tribunal était obligé d’annuler les résultats des élections, c’était trop flagrant, confirme Thami Khyari, Secrétaire national du FFD, les élections se sont pas passées de façon anormale, il y a eu des différences entre les PV, on a trouvé des bulletins de vote en faveur de l’USFP à l’extérieur des urnes et nous avons présenté des preuves qui indiquaient que les résultats étaient biaisés». Au lendemain de la prononciation du jugement, une grande partie de la presse nationale annonce l’éviction de Fatima Zahra Mansouri, membre du PAM et maire de la ville ocre. «Madame Mansouri est la principale concernée, puisqu’elle tient les rênes de la ville», constate Salah Bousokri, avocat du FFD. Mais il précise que «tous les partis sont touchés, puisqu’il y a eu des procès-verbaux bien distincts».

Graves défaillances
Fatima Zahra Mansouri, avocate âgée de 33 ans, est maire depuis le scrutin du 12 juin. Elle est la première femme à occuper ce poste à Marrakech et la deuxième maire de l’Histoire du Maroc après Asmaâ Chaâbi à Essouira. Depuis que les médias évoquent son «échec», la remplaçante de Omar Jazouli est étrangement injoignable. Elle avait obtenu 54 voix contre 35 face au maire sortant. «Son élection renvoie l’image d’un Maroc moderne», avait déclaré Mohamed Cheikh Biadillah, Secrétaire général du PAM, après ce résultat. Aujourd’hui, le jugement laisse pourtant penser le contraire. C’est pourquoi le mardi 14 juillet, dans l’urgence, le bureau national du PAM a organisé une réunion extraordinaire afin d’examiner «les causes et les répercussions de l’annulation des résultats des élections» au niveau de la circonscription de Ménara. Hamid Narjisse, coordinateur régional du PAM de la région de Marrakech, atteste que ce n’est que le mercredi à midi que le juge aurait signé le jugement en question. «Je pense que le b.a.ba du droit c’est que lorsque l’on prononce un jugement contre une partie, elle doit en être informée pour pouvoir se défendre. Cela n’a été le cas ni pour le PAM, ni pour tous les autres partis concernés. Ils n’ont reçu aucune notification avant le jugement final», affirme Hamid Narjisse qui précise que «toute cette opération s’est déroulée dans un contexte de république bananière jusqu’au moment où la rumeur du jugement est sortie». A sa lecture, ce membre du PAM dénonce de graves défaillances sur le plan légal : «Les avocats ont eu tout le loisir de décortiquer les choses avant de les présenter». Depuis la date officielle du verdict, le PAM dispose de trente jours pour faire appel. S’il ne le fait pas, Fatima Zahra Mansouri ne sera plus maire de Marrakech. Mais en attendant, elle conserve son titre envers et contre tous. «Après le recours, tout sera suspendu, et si jamais un nouveau jugement confirme le précédent, il y a encore le recours à la Cour suprême, nous sommes donc loin de l’éviction de Madame le maire», souligne Hamid Narjisse. La première bataille du PAM pour sauver sa protégée est d’abord juridique, car le contexte dans lequel l’opération légale a été gérée par la justice et l’autorité locale pose problème au parti du tracteur. La deuxième, qui est étroitement liée à la première, est médiatique. Mercredi 15 juillet, un communiqué du PAM renvoie le ministère de l’Intérieur à ses responsabilités et s’étonne que la notification de la plainte ne se soit limitée «au seul plaignant et au wali de Marrakech sans que les autres parties concernées ne soient avisées». Le document va plus loin, en rappelant les agissements du wali de Marrakech et de «certains de ses collaborateurs, qui ont reçu des instructions verbales pour imposer leur tutelle à Mme le maire, lui demandant de fermer l’œil sur certains dossiers suspects». Cette attitude serait une «marque de défiance à l’égard des capacités de la femme, alors même que l’opinion publique nationale et internationale a pu suivre, avec un intérêt inégalé, le processus d’accession de Mme Fatima Zahra Mansouri…», poursuit le communiqué. Dans la foulée, le PAM a organisé le jeudi 16 juillet, une conférence de presse à son siège. Il a annoncé une grève de 48 heures renouvelable, de tous les responsables des conseils élus de Marrakech et de sa région. Le parti de Fouad Ali El Himma, qui dit ne pas être un représentant de la monarchie, a rappelé, pour faire taire ses détracteurs, qu’il fallait obéir aux «hautes instructions Royales» pour le bon déroulement des élections…

Hicham Bennnani

Le Journal Hebdomadaire, numéro 405, juillet 2009

Advertisements
Tagged with: , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :