Maroc Infos

Taoufiq Bouachrine : «J’ai moi-même validé cette caricature !»

Posted in Interviews by hichambennani on octobre 10, 2009

bouachrineakhbarlyawm5bInterview : Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Youm

Que représente la caricature qui a valu à votre journal d’être poursuivi en justice ?
C’est une caricature d’actualité. Elle fait référence à la célébration du mariage du prince Moulay Ismaïl. On peut y voir le prince sur une aamaria avec, en arrière- plan, un grand drapeau du Maroc. Le dossier qui accompagnait la caricature concernait simplement les traditions mises en place par la famille royale pour les grands mariages.

Mais l’étoile du drapeau marocain semble être une étoile de David. Et le prince tend la main vers le haut comme s’il effectuait le salut nazi…
Le but n’était pas de montrer le drapeau marocain. Mais de mettre en avant Moulay Ismail. Concernant le geste qu’il fait de la main, je vous fais remarquer qu’il existe une photographie officielle similaire du roi qui est exactement dans la même posture, faisant le même geste sur une aamaria. Je ne vois donc pas pourquoi on parle de salut nazi…

Dans ce cas, pourquoi le ministère de l’Intérieur a-t-il indiqué que «l’utilisation de l’étoile de David dans la caricature suscite des interrogations sur les insinuations de ses auteurs et dénote des penchants d’antisémitisme flagrant» ? (more…)

Publicités

La véritable histoire du Mouvement populaire

Posted in Politique by hichambennani on octobre 10, 2009

50 ans de déchirements

La haraka en est déjà à sa cinquantième année depuis qu’elle a été créée. Retour sur l’histoire encore trop floue d’un parti marqué par de nombreuses scissions, qui a toujours servi la monarchie.

par Hicham Bennani

Aherdane«Nous n’avons pas acquis l’indépendance pour perdre la liberté». Selon Mahjoubi Aherdane, président du Mouvement Populaire (MP), c’est sur cette phrase que s’est construit son parti. «La liberté se gagne, elle ne se donne pas. Le fils du berger a les mêmes droits que le fils du ministre», argumente Aherdane. Véritable figure de l’amazighité, son nom est intrinsèquement lié au MP. Aujourd’hui encore, il reste incontournable et son poste n’est pas uniquement symbolique. Mais d’autres grands noms comme celui de Abdelkrim El Khatib sont gravés à l’encre indélébile dans les mémoires de la tumultueuse histoire du MP. Les prémices de la création de ce parti apparaissent en 1947, avec la tentative de créer un mouvement pour la libération de l’Afrique du nord. La première réunion devait avoir lieu à Tunis, mais elle a été annulée suite à un désaccord avec les Tunisiens. En 1952, Aherdane, qui est caïd d’Oulmès, refuse de signer une pétition en faveur de la France du Pacha El Glaoui. Un document qui remet en question la légitimité du souverain. Aherdane est alors démis de ses fonctions par le Résident général et entre dans l’Armée de Libération. «Nous étions d’accord sur l’essentiel, sur la base même de notre engagement : le principe monarchique. L’unité du pays garantie par le trône», raconte El Khatib dans l’ouvrage Aherdan, Ezzayegh. Avec les deux hommes, plusieurs membres de l’Armée de Libération comme Lahcen Lyoussi et Mbarek Bekkaï, organisent des réunions dans le but de former un mouvement qui puisse contrecarrer l’hégémonisme de l’Istiqlal. Le Dahir des libertés publiques qui donnerait aux nouveaux partis le droit d’exister est proposé par Mbarek Bekkaï. Mais il n’est pas accepté par les autorités. (more…)