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USFP : le grand retour de EL YAZGHI ?

Posted in Politique by hichambennani on décembre 2, 2009

L’USFP dos au mur

Même s’il conserve un poids important du fait de son passé politique, le parti de la rose traverse une dangereuse crise où la question du retour à l’opposition se pose en toile de fond. A la veille du conseil national du parti, un retour en grâce de Mohamed El Yazghi serait-il salutaire ?

par Hicham Bennani

Mohamed El Yazghi, qui n’occupe pas de poste officiel à l’USFP depuis décembre 2007, se retrouve en position idéale, après le retrait de la direction actuelle dans la prise en main de l’évolution du parti. Secrétaire général du parti de la rose de 2005 à 2007, il avait dû démissionner après la remise en cause par ses membres de la participation de l’USFP au gouvernement après l’échec des élections. L’homme garde toujours un œil attentif sur les siens. A quelques semaines du conseil national de l’USFP, le ministre d’Etat sans portefeuille pourrait-il faire son retour en grâce ? Pour Larbi Jaïdi, membre du conseil national de l’USFP, si Elyazghi est de retour, il faudrait qu’il soit à l’écoute de la société et qu’il consolide l’approche démocratique de débat. «Ce retour devra être un passage de témoin et pas une reconquête d’une position politique pour défendre des choix qui sont très loin de faire l’unanimité. Dans la culture de l’USFP, on ne jette pas le bébé avec l’eau de bain et on ne tire pas sur les ambulances». Il ajoute que la vision et les méthodes du parti sont «celles des années 60, le parti a besoin de renouveler son élite».

L’arme islamiste
Le fameux conseil national aura lieu les 5 et 6 décembre prochain. Plusieurs dates ont circulé avant que le secrétariat du parti n’en face officiellement l’annonce. Et la méthode de préparation de cet événement n’a rien de nouveau. Quels seront les enjeux de ce rendez-vous ? «Il faudra faire le bilan des élections précédentes avec des résultats qui ne sont pas très favorables au parti, répond Larbi Jaïdi, ce qui sera particulier, c’est que le fond du débat sera la question de rester ou non au gouvernement». Là où le bât blesse, c’est que la réponse à cette énigme ne sortira pas forcément de ce conseil et que la tenue d’un congrès sera peut-être nécessaire. S’il y a réajustement de la ligne politique, il faudra également un réajustement de la direction du parti. Le professeur universitaire ajoute que, dans le passé, il y avait des conseils où les enjeux étaient «beaucoup plus forts et plus graves». Les rapports entre le PJD et l’USFP seront-ils débattus ? «Pas seulement avec le PJD, il faudra aussi traiter de l’avenir de la Koutla, de la reconstitution de la gauche et la relation de demain avec le PAM, que ce soit dans l’opposition ou dans une alliance», clarifie Larbi Jaïdi. Comment gérer ces relations avec le PAM, c’est peut-être le véritable enjeu de l’USFP… «Il faudrait donc qu’il s’exprime à travers une plate-forme politique et qu’il donne l’assurance que c’est un parti autonome par rapport à l’Etat et au Palais», conclut Jaïdi.
Pour Omar M. Bendjelloun, ex-membre du conseil national de l’USFP ayant démissionné à la veille du dernier congrès, l’issue de l’USFP est de réunir la gauche et le camp démocratique en alternative au néolibéralisme et au fondamentalisme. «Il faut créer une troisième voie réelle et crédible dans les rapports politiques véritables de notre pays. S’allier avec le fondamentalisme administratif et électoraliste, à savoir le PJD, est primo en dehors des rapports politiques réels du Maroc, et secundo un suicide politique et identitaire nocif pour la nation !», prévient le neveu de Omar Bendjelloun, (un des fondateurs de l’USFP assassiné le 18 décembre 1975). Ainsi, le rapprochement entre les deux partis n’a rien à voir avec l’idéologie. Piégé entre la vindicte populaire et la tentation de s’adapter à un système électoraliste qui ne représente pas les rapports politiques du Maroc, l’USFP a échoué dans sa mission de contrer le PJD. Aujourd’hui, le PAM a clairement affiché son ambition de remplir ce rôle. «Que l’USFP se batte contre le PJD est normal compte-tenu de son idéologie, mais que le PAM le fasse est anormal. C’est ce que j’appelle l’endiguement électoral du PJD», constate le politologue Mohamed Darif. Pour un grand nombre d’USFPésites, l’opposition serait synonyme d’alliance avec le PJD. D’autres avancent que le moment n’est pas propice au retrait et que la solution n’est pas de rester ou de quitter le gouvernement. La pétition (pour le passage dans l’opposition) lancée par quelques membres au lendemain des élections ne représente qu’un indice (100 membres sur 430 l’ont approuvée).

Un débat orienté
Les déclarations assassines de l’ancien USFpéiste Abdelkrim El Amrani pourraient laisser croire à un retour d’El Yazghi. Dans les colonnes du quotidien arabophone Al Massae, pendant toute la première semaine du mois de novembre, il remet sur la table les détails et les humeurs qui ont déterminé, depuis la mort de Abderrahim Bouabid, la bataille rangée entre les «youssoufistes» et les «yazghistes». A court d’arguments, El Amrani raconte avec indignation que le journal du parti aurait «soutenu Saddam Hussein pendant la guerre». La faiblesse du propos, qui a servi à combattre le clan Youssoufi à l’époque des années 90, refait surface sans aucune volonté d’adapter les dires aux besoins du moment. Les conjonctures, la sociologie partisane, les défis du parti n’étant pas les mêmes, les déclarations du journaliste tendent à orienter un débat au sein du parti en faveur de ceux qui cautionnent la participation au gouvernement. L’accusateur était membre du SNE (Syndicat National de l’Enseignement) affilié à la CDT. Du temps où Mohamed El Yazghi, ex-secrétaire général de l’USFP, avait créé Al Ahdate Al Maghribiya en 1998, El Amrani l’avait rejoint pour contrer l’Itihad Al Ichtiraki (journal du parti) en endossant la fonction de rédacteur en chef. Ses idées servent donc le clan El Yazghi. «Depuis le départ de Abderrahmane Youssoufi, l’USFP n’est plus un parti alternatif, mais partie prenante d’un régime qui a toutes les commandes en main», pense Omar M. Bendjelloun. Et d’ajouter : «Lors du rendez-vous historique de l’Alternance, la transition monarchique a été assurée aux dépens de la transition démocratique». Selon lui, lorsqu’on pèse les pour et les contre, a posteriori, l’USFP a plutôt perdu que gagné par son incapacité à concrétiser des espoirs populaires. Sur le papier, l’USFP (Union socialiste des forces populaires) connaît une descente aux enfers depuis douze ans. Mais il reste toujours aussi incontournable. Tout cela explique sans doute pourquoi dans le régime, le makhzen maintient toujours l’USFP en lice grâce à ses moyens électoraux.

USFP-PJD : des relations complexes

Le 13 septembre 1996, pour la première fois de son histoire, l’USFP a voté pour une Constitution au Maroc. Les leaders de l’USFP ont justifié cette décision par le choix d’un vote adapté à un contexte politique. Le but était de faire face aux islamistes. Cette montée islamiste menaçait, selon eux, toute la composante de la société et de l’Etat. Une année plus tard, aux élections de 1997, le MPDC (ancêtre du PJD, Parti justice et développement) de Abdelkrim Khatib, ne remporte que 9 sièges. A l’époque, le MPDC cherchait à se légitimer à travers l’USFP. Lorsque Hassan II charge Abderrahmane El Youssoufi, alors premier Secrétaire de l’USFP, de former le nouveau gouvernement le 4 février 1998, les islamistes de Khatib ne se dirigent pas vers l’opposition. Youssoufi leur propose même un portefeuille. Ils refusent de participer au gouvernement et optent pour un soutien «critique» en faveur de ce dernier. Ils choisissent finalement l’opposition en octobre 2000. Aux législatives de 2002, l’USFP est surpris par les résultats du PJD. «Le problème reste que l’hostilité aux islamistes a été utilisée comme un mécanisme de mobilisation», explique le politologue Mohammed Darif. Autre complication  : une partie de la classe moyenne, qui était avec l’USFP, s’est orientée vers le PJD. Mais l’endoctrinement politique, la «rigueur dans la morale politique» (selon leurs termes) qui est de mise à l’USFP existe également au PJD, c’est en cela qu’ils se ressembleraient, même si leurs projets de société sont aux antipodes. Concernant leur éventuelle «alliance», aucun document officiel n’en fait état. Et les alliances lors des communales de juin 2009 ne prouvent rien.

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2 Réponses

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  1. Mounir said, on décembre 2, 2009 at 1:58

    @hicham : tu avais plus de ressources pour un texte, finalement pauvre d’idées.
    Amicalement

  2. Réda Chraïbi said, on décembre 2, 2009 at 2:04

    Si j’ai un conseil à donner à l’USFP ce serait :
    1) Se mobiliser dans la démarche d’union de la gauche initié par le Pôle progressiste et moderniste.
    2) L’USFP a besoin de clarifier son positionnement politique, donc il lui faut un nouveau discours mais aussi de nouveaux visages
    3) que les figures historiques conservent des fonctions honorifiques et laissent place à la jeune génération impatiente de prendre part aussi au destin de la nation.


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