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Najib Boulif : «Nous pouvons nous allier avec l’USFP»

Posted in Politique by hichambennani on décembre 25, 2009

Mohamed Najib Boulif,

membre du conseil national du PJD (Parti Justice et Développement), président du PJD dans la région Tanger-Tétouan, vice président de la commission des finances et vice-président du groupe parlementaire du PJD.

«La politique n’est pas un objectif en soi»

Q : Comment s’est déroulé le dernier conseil national du PJD qui avait lieu les 12 et 13 décembre derniers ?

R : Cette session ordinaire du Conseil national avait pour objectif d’évaluer le processus électoral de l’été 2009 et de tracer la voie pour 2010. Nous avons donc ouvert un grand débat juste après la présentation du rapport du bureau politique par le secrétaire général. Tout le monde à pu dire ce qu’il avait sur le cœur. Nous n’y sommes pas allés de main morte. Toutes les questions ont été évoquées. Il y a eu un certain nombre de recommandations que nous avons essayé de transmettre au secrétariat général du Parti, parmi lesquelles on peut citer l’alliance avec l’USFP. On a ainsi demandé à Monsieur Benkirane de faire le nécessaire de manière à ce que cela ce concrétise, c’est à dire passer à l’acte au lieu de théoriser davantage.

Q : Les militants se sont donc prononcés en faveur d’une alliance avec l’USFP ?

R : Nous avons retracé dans le texte du communiqué final le fait que sur le principe, nous étions d’accord avec cette alliance et qu’il fallait la pousser jusqu’à la fin. Tant qu’il y a une volonté politique d’aller dans le même sens de l’autre côté, nous pouvons nous allier avec eux.

Q : Quel regard porte le PJD sur l’USFP ?

R : C’est un parti qui garde une certaine force politique et organisationnelle. Parmi l’élite actuelle de l’USFP, qu’elle soit politique ou économique, il y a des gens qui pensent à une possible alliance démocratique avec le PJD. Nous pensons donc que même s’il est encore prématuré de parler d’alliance, l’évaluation des partenariats réalisés lors de la constitution des bureaux des communes montre que ce parti a tenu ses engagements et n’a pas cédé aux diverses manœuvres anti-démocratiques, et n’a pas lâché prise malgré les pressions exercées par certaines sphères. Il faudrait donc aller de l’avant et creuser cette alliance qui sera plus positive pour la nation.

Q : Quel est le bilan de cette alliance ?

R : Comme je viens de le préciser, nous avons évalué ce qui a été réalisé avec eux depuis le mois de juin. Les membres du conseil national ont constaté que là où il y avait collaboration avec l’USFP, le résultat pour nos deux partis étaient positifs. Présidence pour eux par exemple à Rabat et Agadir, et présidence pour nous à Tétouan, Larache et Chefchaouen. Or, là où nous n’avions pas eu d’alliance, nous étions à la merci du PAM ou du pouvoir en place ou des autorités malveillantes. Le PAM nous a déstabilisé dans plusieurs endroits où nous avions des alliances avec les autres partis, du fait que ces partis n’ont pas pu tenir jusqu’au bout. Mais là où il y avait l’USFP, il n’a pas pu déstabiliser cette alliance démocratique.

Q : Le secrétaire général du PJD a d’ailleurs tenu des propos virulents envers le PAM…

R : Les propos tenus qu’il a tenu ont été approuvés par tous les membres du conseil national. En effet, nous pensons que le PAM, parti qui est arrivé en première position au niveau de la chambre des conseillers ou de la deuxième chambre, est un parti qui n’existait pas lors des élections de 2007, c’est une création de l’administration, qui lui a facilité la vie et l’a aidé à se débarasser de tous ceux qui le gênaient, qu’ils soient partis politiques ou agents de l’autorité. Partant de notre leitmotiv politique, décidé lors du congrès national en 2008, et qui reprend la thèse de «nidal dimocraty» (NDLR : lutte pour une réforme démocratique), notre objectif lors de ce conseil national était de voir si la démocratie avançait au Maroc, et en évaluant ce qui s’est passé en 2009, on ne pouvait qu’être choqué par le fait que cette nouvelle formation politique. Cette formation représente une entrave à une démocratie populaire et créative.

Q : Ce conseil n’a-t-il pas révélé qu’il existait deux courants de pensée au sein du PJD ?

R : Les idées échangées au sein du congrès ont montré comment le parti du PJD était soudé malgré les divergences de vue qui peuvent être contradictoires. L’essentiel pour nous tous au sein du PJD, c’est de réfléchir haut et fort, mais lorsque les décisions sont prises démocratiques. Tout le monde doit se plier à la raison démocratique et au vote. En effet, je peux être d’accord avec un membre du parti qui n’a pas les mêmes idées que moi au sein du parti, comme sur la question du Sahara, en ayant des différents avec lui sur un autre point. Grosso modo, on peut dire qu’il y a une tendance qui pense qu’il est temps de penser positif au niveau de l’action étatique, et une autre tendance qui dit que tant que nous sommes dans l’opposition, il est de notre devoir de rester vigilent et de souligner tous les points négatifs du gouvernement. Mais concernant la thèse du parti que nous avons voté en 2008, tous les membres sont d’accord.

Q : Au final, que retenez-vous de ce conseil national ?

La première des choses sur laquelle nous avons insisté est le fait que la politique n’est pas un objectif et une foi en soi. La morale était de dire aux membres, qui sont dans l’action ou ceux qui ne sont pas politiquement élus, au niveau des communes et du Parlement : nous aboutissons tous à la même demeure, celle à laquelle nous a précédé le défunt Bouazza Fassini, (député et président de la commune de Ouad-Zem, décédé il y a deux mois et dont la session du conseil portait le nom). L’essentiel de notre travail politique devait répondre à la question suivante : sommes-nous un apport positif à la nation et au citoyen, peut-on gagner les acclamations du peuple en le servant, et peut-on gagner les louanges d’Allah par notre travail politique.

Q : Que pensez-vous du mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane ?

R : Ils se tiennent à l’écart de la politique par un choix décidé depuis des années, c’est pour cela que nous sommes obligés de garder une certaine distance vis-à-vis d’eux, tant qu’ils campent sur leur position, que nous respectons malgré la lecture différente que nous faisons de la réalité. Mais à part cette prise de position, ce sont des gens avec lesquels on s’entend bien au niveau relationnel, et l’idéal serait qu’ils entrent en politique et qu’on fasse cause commune pour couper court à tout ceux qui ne croient pas à la démocratie au Maroc et qui veulent nous retourner vers les années de plomb.

Propos recueillis par Hicham Bennani

Les leçons du conseil national du PJD

La session ordinaire du conseil national du PJD s’est tenue les 12 et 13 décembre 2009. Cette session était dédiée à un ancien élu, du nom de Bouaâza Fassini, ancien président de la commune de Ouad-Zem, décédé suite à un cancer. Le principal objectif des membres du bureau politique était avant tout de rassembler leurs troubles, au-delà des divergences qui se sont peu à peu tracés, suite au déclin des résultats du PJD après les dernières élections communales de juin 2009. L’ordre du jour portait sur plusieurs points. Tout d’abord sur le rapport politique annuel qui devait être validé. Ensuite, sur le programme du parti pour l’année 2010. Enfin, un certain nombre de problèmes internes ont été amendés. Globalement, cette rencontre a été marquée par les propos incendiaires de Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, envers le PAM. Les membres du bureau politique du PJD ont aussi mis l’accent sur la «concrétisation des réformes politiques». L’alliance avec l’USFP a également été au centre des débats des membres du conseil national qui ont exigé qu’un rapprochement avec le parti de la rose soit «accéléré». Lorsque les militants ont parlé du PAM, l’idée d’un retrait du gouvernement a été mise sur le tapis. «Si les résultats sont réglés à l’avance, à quoi bon rester au gouvernement !» ont dénoncé certains membres. Concernant la question du Sahara, les militants ont été unanimes en s’appuyant sur «la position nationale, mais il faut évaluer les erreurs du gouvernement qui ont été faites dans le passé pour le traitement de ce dossier. Le moment est venu de trancher avec ses personnes qui ont un pied à l’extérieur et un autre à l’intérieur. Le Maroc ne doit pas céder», déclare un membre du bureau politique.

Hicham Bennani

pour Le journal hebdomadaire, décembre 2009

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