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Mohamed Lahbabi : «Le makhzen rabaisse les partis et les hommes»

Posted in Politique by hichambennani on janvier 22, 2010

Mohamed Lahbabi , Professeur universitaire et membre fondateur de l’USFP (Union socialiste des forces populaires)

Intellectuel, homme de principes, enseignant et leader historique de l’UNFP (Union nationale des forces populaires) puis de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), Mohamed Lahbabi, de par son honnêteté et son expérience, bénéficie du respect de la gauche marocaine et de la classe politique en général. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la politique marocaine et l’économie. Si ses détracteurs tentent de le marginaliser, celui qui est aujourd’hui âgé de 85 ans a le mérite de ne pas user de la langue de bois tout en adoptant un discours modéré et cohérent. La déportation de Mohammed V en août 1953 fait partie des événements qui ont marqué la vie de ce militant chevronné. En mars 1965, il a fait une intervention au Parlement pour dénoncer les exactions du régime. Ce qui a provoqué la colère de l’ancien monarque qui a demandé au ministre de l’Enseignement de rayer Mohamed Lahbabi des cadres de son département. Mais Lahbabi était avant tout l’ami intime de Aberrahim Bouabid, membre fondateur de l’USFP, avec qui il a passé six mois derrière les barreaux à Missour en 1981 pour avoir remis en cause le référendum de Hassan II sur le Sahara. (more…)

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Fondation Bouabid : bilan d’une rencontre

Posted in Politique by hichambennani on janvier 22, 2010

Le 8 janvier dernier, plusieurs prises de position engagées sont ressorties d’une rencontre-hommage à l’icône de l’USFP Abderrahim Bouabid. Driss Lachgar, le nouveau ministre du parti de la rose qui flirte aujourd’hui avec le PAM, a brillé par son absence.

«La prison est préférable au silence sur un sujet qui touche à l’avenir du pays.» Ces paroles de Abderrahim Bouabid, un des principaux fondateurs de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), décédé le 8 janvier 1992, étaient inscrites en langue arabe sur une banderole, au siège de la Fondation Abderrahim Bouabid, le vendredi 8 janvier 2010. Ce jour-là, plus d’une cinquantaine d’acteurs de la société civile s’étaient donné rendez-vous pour commémorer le 18è anniversaire du décès de Abderrahim Bouabid. Driss Lachgar, membre du bureau politique de l’USFP qui vient d’être nommé ministre chargé des Relations avec le Parlement, était absent. Une fois son portefeuille obtenu, l’homme qui parlait d’un Front national pour la démocratie avec le PJD a radicalement changé d’orientation. «Je n’ai pas été invité. De toutes les façons, je n’ai pas l’habitude de participer à toutes les rencontres associatives, que ce soit pour la gauche ou pour El Himma !», nous déclare Lachgar. Pourtant, selon les organisateurs, tous les membres du bureau politique ont été invités. Abdelouahed Radi, secrétaire général de l’USFP ayant également eu des pourparlers avec le PAM et qui vient d’être éjecté de son poste de ministre de la Justice, était également absent. «Je suis très malade en ce moment», se justifie l’ex-ministre au bout du fil. Dernière absence remarquée, celle de Habib Malki, membre du bureau politique et proche de Radi. Contacté par téléphone, Habib Malki, un des fondateurs et membre actif de la Fondation Bouabid, a indiqué qu’il n’avait été prévenu que mardi 12 janvier et qu’il s’était rendu sur la tombe de Abderrahim Bouabid le vendredi matin avec Radi. «J’ai ensuite pris la route, car j’avais un engagement important en dehors de Rabat», précise H. Malki.
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Driss Lachgar ou la servitude volontaire

Posted in Politique by hichambennani on janvier 14, 2010

A la surprise générale, celui qui critiquait l’Etat, dénonçait les pratiques du PAM et prônait un rapprochement avec le PJD vient d’être nommé ministre. Tout porte à croire que sa nomination a été préméditée. Explications.


par Hicham Bennani

Au sein du Parlement à Rabat, on parle de «douche froide» en ce mardi 5 janvier 2010. Les parlementaires sont surpris et choqués. Driss Lachgar, membre du Bureau Politique de l’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) a été nommé la veille ministre chargé des Relations avec le Parlement à la place de l’Istiqlalien Mohamed Saâd Alami. La grande majorité des militants du parti de la rose sont également dépités. Ils se disent «gênées, trahis et déçus». Ali Bouabid, membre du bureau politique ayant boycotté le dernier conseil national de l’USFP, explique que «le remaniement ministériel est fondamentalement politique, mais il s’est fait en excluant les partis !»  Même son de cloche du côté de Mohammed Achâari, membre du bureau politique ayant aussi fait l’impasse sur le dernier conseil national. Il estime que le remaniement ministériel ne s’est pas fait dans la transparence politique. «Il n’y a pas eu de débat, pas d’analyse, rien n’est clair, où sont les grandes orientations politiques ?», questionne l’ex-ministre de la culture. Larbi Jaïdi, membre du conseil national de l’USFP s’étonne également du revirement de Driss Lachgar et préfère ne pas se prononcer «à chaud», en attendant des explications du bureau politique. Il nous souffle tout de même au bout du fil que «cela fait trente ans que je travaille avec Lachgar, il n’y a aucune rationalité dans sa nouvelle position !» Et d’ajouter : «Si les choses échappent à des structures nationales, on a plus rien à dire dans la prise de position». Que représentait Lachgar pour les Ittihadis ? Que lui reprochent-ils exactement ? Et pourquoi semblent-ils autant déboussolés ?

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