Maroc Infos

Presse marocaine : LA HOGRA !

Posted in Décryptage by hichambennani on novembre 22, 2009

Epée de Damoclès sur la presse

par Hicham Bennani

La justice marocaine n’en finit plus d’affaiblir la presse nationale, trop souvent coupable de titiller la monarchie. Le bilan du mois d’octobre, marqué par des sentences démesurées, fait indéniablement régresser la liberté de la presse au Maroc. L’étude des différents cas démontre que l’attitude des pouvoirs publics envers les journaux dépend de la ligne éditoriale qu’ils adoptent vis-à-vis du régime.

 

La caricature qui dérange

L’affaire Le samedi 26 septembre, jour du mariage de Moulay Ismaïl avec une ressortissante allemande de confession musulmane, Akhbar Al Youm publie une caricature du prince assis sur une aamaria, avec en toile de fond un drapeau du Maroc. Le numéro en question reste en vente dans les kiosques jusqu’au lundi. Le ministère de l’Intérieur décide alors de saisir tous les numéros ainsi que les archives. Les bureaux d’Akhbar Al Youm sont mis sous scellés et interdits d’accès. Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien et Khalid Gueddar, son caricaturiste, sont interrogés sans ménagement par la DST durant deux jours.
La sentence Vendredi 30 octobre, Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar sont condamnés par le tribunal de première instance de Casablanca à trois ans de prison avec sursis et à une amende de trois millions de dirhams à eux deux. Moulay Ismaïl avait déposé une plainte, qui a été maintenue, malgré des excuses de Bouachrine rendues publiques. Poursuivis également par le ministère de l’Intérieur pour «offense au drapeau national», les deux journalistes ont été condamnés par le même tribunal, à l’issue d’un second procès, à un an de prison avec sursis et à une amende conjointe de 100 000 dirhams.
Et maintenant ? (more…)

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Monarchie et Football : Les liaisons dangeureuses

Posted in Décryptage by hichambennani on juillet 19, 2009

Histoire d’une récupération permanente

par Hicham Bennani

couv 1:Mise en page 1La décision de Mohammed VI d’allouer 250 millions de dirhams à la fédération de football est avant tout un acte symbolique fort qui s’inscrit dans la continuité de la stratégie politique de Hassan II. Mais elle prouve également que le souverain est au-dessus de tout.

«Le roi renfloue les caisses !», titrait le journal français L’Equipe, le jeudi 25 juin. «Mohammed VI a décidé d’allouer 250 millions de dirhams à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), pour la mise à niveau structurelle du football national», ajoute le quotidien sportif. La version marocaine, rendue publique le même jour par le biais d’un communiqué de la Fédération est la suivante : «SM le Roi Mohammed VI a demandé à Bank Al Maghrib, à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et à l’Office chérifien des phosphates (OCP) d’accorder une aide financière de 75 millions de dirhams annuels chacun pour soutenir les équipes nationales.» Les 25 millions restants proviennent du Fonds Hassan II. (more…)

Ahmed Dlimi : l’homme des basses besognes de Hassan II

Posted in Décryptage by hichambennani on avril 10, 2009

L’ENIGME DLIMI

A la mort du général Oufkir, Ahmed Dlimi est le personnage le plus puissant du pays après Hassan II. Il devient le patron de l’armée mais aussi le responsable des services de sécurité et l’homme de toutes les missions secrètes. Enquête sur le mystère Dlimi.


par Hicham Bennani

«Dlimi est un Machiavel doublé d’un Richelieu version moderne». C’est ainsi que le qualifie le commandant Mahjoub Tobji qui a été sous ses ordres de 1980 à 1983, dans son livre Les officiers de Sa Majesté. Homme fort des années 1970, Ahmed Dlimi a été un acteur et un témoin essentiel des années de plomb. «Ses adversaires politiques voient parfois en lui un homme plus redoutable qu’Oufkir, un technicien des interrogatoires poussés qui n’hésite pas à opérer lui-même et en éprouve du plaisir», pouvait-on lire dans les colonnes du journal Le Monde en 1966. Excellent tireur, d’un calme intrigant, «il explose en colères brusques et assez terrifiantes», ajoutait le quotidien français. Dlimi est également le dernier militaire qui avait la confiance de Hassan II. Beaucoup pensent qu’il était l’oreille des services secrets français et britanniques. Ou encore qu’il collaborait avec le Mossad israélien. Ami du prince Moulay Abdallah, homme à tout faire de l’ancien monarque et diplomate à ses heures, Ahmed Dlimi ne parlait pas des gens en bien ou en mal. Discret, il était connu pour être l’homme des basses besognes. Bon vivant et amateur de femmes, fan de Jil Jilala, il a amassé une des plus importantes fortunes du pays. Au sommet de sa réussite, Dlimi avait donc tout pour lui. Est-ce pour cela qu’il est mort dans des circonstances douteuses ? Au même titre que la disparition de Mehdi Ben Barka en octobre 1965, la mort de ce haut gradé demeure une véritable énigme. Pourquoi le cas Dlimi n’a-t-il pas fait l’objet de plus d’intérêt ?
Le livre de Tobji est à ce jour le seul ouvrage qui souligne suffisamment l’importance du rôle de Dlimi sous le règne de Hassan II. Et pourtant, Tobji n’est pas un historien, mais un ancien militaire, victime, de surcroît, de la toute-puissance de son supérieur hiérarchique. Tous les autres documents de référence qui s’attardent sur les hommes-clés de l’ère hassanienne se focalisent surtout sur l’opposant Mehdi Ben Barka, le général Mohamed Oufkir et le ministre de l’Intérieur Driss Basri.
Aucun livre n’insiste sur le parcours de Dlimi qui a été l’homme le plus important du Maroc (après le roi) après la mort d’Oufkir.
Le journaliste Ignace Dalle, qui s’est intéressé de près à l’histoire politique du royaume, voit en Dlimi un personnage sulfureux. «Il est mort officiellement d’un “accident de voiture” et a eu des funérailles officielles. Mais tout porte à croire qu’il complotait contre la monarchie et qu’il a été liquidé. Difficile d’écrire sur un personnage aussi mystérieux, aussi brutal et cruel que secret».
En dehors du Maroc, et notamment en France où Oufkir a toujours eu des admirateurs pour avoir combattu avec «héroïsme» en Indochine en tant qu’officier de l’armée française, Dlimi n’a jamais intéressé grand monde parce que ses faits d’armes se sont pour l’essentiel limités à torturer et à réprimer ses compatriotes, conclut Ignace Dalle. (more…)

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