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Étienne Mougeotte : «Le Maroc est mon deuxième pays»

Posted in Interviews, Maroc by hichambennani on août 3, 2012

par Hicham Bennani

Quelle est la raison de votre présence à Agadir ?

Je suis un amoureux du Maroc. Je dois y venir en moyenne cinq ou six fois par an. Donc, j’aime le Maroc, j’aime les Marocains et parmi mille raisons de venir au Maroc, il y a évidemment le golf. Cela fait maintenant très longtemps que j’ai le bonheur d’être invité à l’occasion du Trophée Hassan II. J’y viens toujours avec plaisir, et là pour la première année, c’est à Agadir. C’est d’ailleurs une grande réussite. Agadir est une ville qui est en train de se développer de manière formidable avec une qualité d’accueil, des hôtels et des golfs. Donc, je trouve très bien que le Trophée Hassan II de golf reste deux ans à Agadir.

Ce n’est évidemment pas la première fois que vous venez ici…

Non bien sûr… J’ai fêté la nouvelle année à Agadir. J’ai beaucoup d’amis marocains que je me suis fais au fil des années. Je les vois quand je viens au Maroc, mais je les accueille aussi lorsqu’ils viennent à Paris. Et moi je dis toujours, le Maroc c’est mon deuxième pays. Je viens en moyenne cinq fois par an.

Il semble que vous aimez énormément les Marocains…

Les Marocains sont des gens exceptionnels. De qualité d’accueil, d’ouverture. Ils m’aident à comprendre la relation entre l’Afrique et l’Europe. La relation entre les pays émergents et les pays développés. Je m’enrichis toujours beaucoup en écoutant les Marocains, en parlant avec eux. Car ils sont à la fois très proches de nous, et en même temps, très différents. La richesse d’une relation est toujours fondée sur les différences et sur la volonté d’essayer de comprendre l’autre, de recevoir ce qu’il peut apporter et modestement de voir ce que l’on peut lui apporter. Il est essentiel de développer les relations entre l’Europe et les pays de la Méditerranée.

Puisque vous participez au Trophée Hassan II de golf, que Feu Hassan II lui-même a fondé, avez-vous eu l’occasion de rencontrer l’ancien monarque ?

J’ai rencontré effectivement Sa Majesté Hassan II pour des interviews. J’apprécie les qualités de ce très grand souverain et j’ai également eu l’occasion de rencontrer Sa Majesté Mohammed VI. J’ai été impressionné par sa vision et sa volonté de développer le Maroc. J’ai été notamment séduit par son dernier discours qui montre une grande vision de l’avenir du Maroc et des Marocains.

C’étaient donc des interviews que vous a accordé Hassan II sur le sol marocain ?

Au Maroc et aussi à Paris. Je l’ai rencontré le 16 juillet 1999, juste avant sa mort. J’avais passé avec trois ou quatre journalistes un long moment avec lui, malheureusement il y est mort 15 jours après.

Ici au Maroc, on a davantage le souvenir de ses interventions dans L’heure de vérité sur Antenne 2…

Il a aussi accordé une grande interview à Anne Sainclair sur TF1. Mais je l’avais aussi interviewé lorsque j’étais à Europe 1. Il y avait une émission qui s’appelait Le club de la presse sur Europe 1. Sa Majesté nous avait reçus et nous avait donné une très longue interview d’une heure.

Qu’est-ce qui vous a marqué chez Hassan II ?

Sa vision du monde appuyée sur une très grande culture et une analyse politique de grande qualité.

Pour revenir à Mohammed VI, dans quel cadre l’avez-vous rencontré ?

J’ai eu l’occasion de le rencontrer justement à l’occasion d’un Trophée Hassan II. Sa Majesté m’avait fait l’honneur de passer quelque temps avec lui. Cela doit faire deux ou trois ans.

Qu’est-ce que vous pensez du Maroc de Mohammed VI ?

C’est un pays qui s’inscrit vraiment dans la modernité. Je pense que Sa Majesté Mohammed VI a remarquablement conquis les défis du 21ème siècle. Et je pense qu’il a une très bonne approche de la question sociale. Il a fait beaucoup pour le statut des femmes, maintenant il engage une réforme constitutionnelle. Donc, je pense que c’est un souverain de son temps. Il a très bien compris les défis auxquels le Maroc était confronté. C’est une chance pour le Maroc d’avoir un souverain qui est encore jeune, même s’il a déjà une très grande expérience politique. Cette jeunesse lui permet d’encore mieux saisir ce qu’est en train de devenir le 21ème siècle. Et il sera l’homme du 21ème siècle.
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Documents de la CIA : Hassan II et Kissinger

Posted in Maroc by hichambennani on novembre 22, 2009

Prémices d’une marche annoncée

Treize jours avant l’annonce de l’annexion du Sahara par Hassan II, le directeur de la CIA avait écrit une lettre à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, pour le prévenir des intentions de l’ancien monarque. Un document qui éclaire sur les informations dont disposaient les USA dans cette affaire.

par Hicham Bennani

Henry Kissinger, secrétaire d'Etat américain aux Affaires étrangères, s'entretient avec le roi Hassan II du Maroc en novembre 1973 à Casablanca.

«Si l’armée espagnole reste au Sahara, un grave conflit pourrait éclater», prévient William Colby, directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) le 3 octobre 1975, dans un memorandum envoyé à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain. Le document parle d’un pari risqué du Maroc qui joue à «quitte ou double». Selon Colby, cela pourrait conduire soit à la chute du gouvernement de Rabat, soit à une crise politique du côté de Madrid. Le rôle éventuel que pourrait avoir l’Algérie et la Mauritanie est également signalé. Le rapport laisse à penser que la CIA a poussé l’administration américaine à jouer un rôle de médiateur entre le roi du Maroc et les autorités espagnoles. Le médiateur en question n’était autre que le Directeur-adjoint de la CIA à l’époque : le Général Vernon Walters, un proche de Hassan II. Les documents d’histoire attestent du fait que Walters et le défunt monarque se connaissaient depuis l’enfance. En 1973, lorsque l’OLP avait exécuté deux diplomates américains au Soudan, une rencontre entre les Etats-Unis et l’OLP avait été organisée au palais royal grâce aux liens solides qu’entretenaient Walters et Hassan II. (more…)

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Monarchie et Football : Les liaisons dangeureuses

Posted in Décryptage by hichambennani on juillet 19, 2009

Histoire d’une récupération permanente

par Hicham Bennani

couv 1:Mise en page 1La décision de Mohammed VI d’allouer 250 millions de dirhams à la fédération de football est avant tout un acte symbolique fort qui s’inscrit dans la continuité de la stratégie politique de Hassan II. Mais elle prouve également que le souverain est au-dessus de tout.

«Le roi renfloue les caisses !», titrait le journal français L’Equipe, le jeudi 25 juin. «Mohammed VI a décidé d’allouer 250 millions de dirhams à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), pour la mise à niveau structurelle du football national», ajoute le quotidien sportif. La version marocaine, rendue publique le même jour par le biais d’un communiqué de la Fédération est la suivante : «SM le Roi Mohammed VI a demandé à Bank Al Maghrib, à la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et à l’Office chérifien des phosphates (OCP) d’accorder une aide financière de 75 millions de dirhams annuels chacun pour soutenir les équipes nationales.» Les 25 millions restants proviennent du Fonds Hassan II. (more…)

Mahjoubi Aherdane : Tout ce que peut faire un Marocain, je peux le faire !

Posted in Interviews by hichambennani on mai 8, 2009

Interview. Mahjoubi Aherdane est président du Mouvement populaire depuis 50 ans. Il revient sur l’actualité de son parti, sur son passé et ses relations avec Hassan II.

Photo Alexandre Dupeyron

Le Mouvement populaire (MP) est en pleine déconfiture. Il y a beaucoup de départs. Comment réagissez-vous à cela ? Avez-vous juste un poste honorifique ?
On ne me donne pas un rôle. Je l’assume. J’ai dit que le MP devait marcher sans Aherdane car il est fait pour durer. Je ne veux pas que mon nom soit synonyme du Mouvement. Aujourd’hui, quand les gens ont besoin de moi, je fais tout mon possible pour calmer les choses et les guider. L’union des branches n’est pas chose simple. Il n’y a pas de crise particulière au MP.

Pourtant, tous vos fidèles se disent aujourd’hui complètement marginalisés par Mohand Laenser, Secrétaire général du MP…
C’est facile de tout reprocher à Laenser. Peut-être a-t-il une manière de procéder bien à lui. Il y a eu des départs mais il y a aussi des arrivées. (more…)

Ahmed Dlimi : l’homme des basses besognes de Hassan II

Posted in Décryptage by hichambennani on avril 10, 2009

L’ENIGME DLIMI

A la mort du général Oufkir, Ahmed Dlimi est le personnage le plus puissant du pays après Hassan II. Il devient le patron de l’armée mais aussi le responsable des services de sécurité et l’homme de toutes les missions secrètes. Enquête sur le mystère Dlimi.


par Hicham Bennani

«Dlimi est un Machiavel doublé d’un Richelieu version moderne». C’est ainsi que le qualifie le commandant Mahjoub Tobji qui a été sous ses ordres de 1980 à 1983, dans son livre Les officiers de Sa Majesté. Homme fort des années 1970, Ahmed Dlimi a été un acteur et un témoin essentiel des années de plomb. «Ses adversaires politiques voient parfois en lui un homme plus redoutable qu’Oufkir, un technicien des interrogatoires poussés qui n’hésite pas à opérer lui-même et en éprouve du plaisir», pouvait-on lire dans les colonnes du journal Le Monde en 1966. Excellent tireur, d’un calme intrigant, «il explose en colères brusques et assez terrifiantes», ajoutait le quotidien français. Dlimi est également le dernier militaire qui avait la confiance de Hassan II. Beaucoup pensent qu’il était l’oreille des services secrets français et britanniques. Ou encore qu’il collaborait avec le Mossad israélien. Ami du prince Moulay Abdallah, homme à tout faire de l’ancien monarque et diplomate à ses heures, Ahmed Dlimi ne parlait pas des gens en bien ou en mal. Discret, il était connu pour être l’homme des basses besognes. Bon vivant et amateur de femmes, fan de Jil Jilala, il a amassé une des plus importantes fortunes du pays. Au sommet de sa réussite, Dlimi avait donc tout pour lui. Est-ce pour cela qu’il est mort dans des circonstances douteuses ? Au même titre que la disparition de Mehdi Ben Barka en octobre 1965, la mort de ce haut gradé demeure une véritable énigme. Pourquoi le cas Dlimi n’a-t-il pas fait l’objet de plus d’intérêt ?
Le livre de Tobji est à ce jour le seul ouvrage qui souligne suffisamment l’importance du rôle de Dlimi sous le règne de Hassan II. Et pourtant, Tobji n’est pas un historien, mais un ancien militaire, victime, de surcroît, de la toute-puissance de son supérieur hiérarchique. Tous les autres documents de référence qui s’attardent sur les hommes-clés de l’ère hassanienne se focalisent surtout sur l’opposant Mehdi Ben Barka, le général Mohamed Oufkir et le ministre de l’Intérieur Driss Basri.
Aucun livre n’insiste sur le parcours de Dlimi qui a été l’homme le plus important du Maroc (après le roi) après la mort d’Oufkir.
Le journaliste Ignace Dalle, qui s’est intéressé de près à l’histoire politique du royaume, voit en Dlimi un personnage sulfureux. «Il est mort officiellement d’un “accident de voiture” et a eu des funérailles officielles. Mais tout porte à croire qu’il complotait contre la monarchie et qu’il a été liquidé. Difficile d’écrire sur un personnage aussi mystérieux, aussi brutal et cruel que secret».
En dehors du Maroc, et notamment en France où Oufkir a toujours eu des admirateurs pour avoir combattu avec «héroïsme» en Indochine en tant qu’officier de l’armée française, Dlimi n’a jamais intéressé grand monde parce que ses faits d’armes se sont pour l’essentiel limités à torturer et à réprimer ses compatriotes, conclut Ignace Dalle. (more…)

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Zaouiya Tijania

Posted in Religion by hichambennani on mars 10, 2009

Retour vers le futur

Le Cheikh de la Zaouiya Tijania vient d’être nommé officiellement par Dahir. Une annonce qui dépasse la simple sphère religieuse et par le biais de laquelle Mohammed VI recycle une ancienne stratégie politique de Hassan II.

« S.M. le Roi Mohammed VI a remis, à l’issue de la prière du vendredi 27 février, à la mosquée Al Quaraouiyne de Fès, leurs dahirs de nomination à Mohamed Al Kabir Ibn Ahmed Tijani en tant que Cheikh de la Tariqa Tijania, toutes les Zaouiyas confondues, et Abdellatif Ibn Mohamed Tayeb Charif Kettani, Cheikh de la Tariqa Kettania », pouvait-on lire dans la presse officielle en ce début de mois de mars. Cette nomination de Cheikhs de deux confréries soufies par Dahir constitue une première. « Dans le passé, un Dahir « de respect » était octroyé aux Cheikhs par le Sultan, explique l’islamologue Mohamed Darif, mais il n’y a jamais eu de Dahir de nomination ». Ainsi, les représentants soufis qui étaient auparavant de simples protégés du Makhzen deviennent aujourd’hui des « employés » de la monarchie. Comment réagissent les principaux concernés face à cette nouvelle donne ? Quelle volonté de l’Etat se cache derrière le geste royal ?

Allo la terre, ici La Mecque

Dans l’ancienne médina de Fès, le quotidien des membres de la confrérie Tijania au sein de leur Zaouiya, n’a pas changé. « La nomination de Mohamed Al Kabir Tijani par Sa Majesté est une reconnaissance de la Tariqa Tijania qui fait partie de l’Islam… », se félicite Jamal Tijani, conservateur des lieux. Il est coupé dans son élan par la sonnerie de son téléphone portable : « Allo. Oui Oumar… Allaaahou Akbar…il était âgé ? Mes sincères condoléances…On va faire une prière », lance le soufi dans un français impeccable. L’appel provenait du Sénégal. (more…)