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Enfants de Salafistes : victimes malgré eux

Posted in Maroc by hichambennani on février 2, 2010

Les enfants des présumés terroristes des attentats de Casablanca se souviennent de l’arrestation de leur père comme si c’était hier. Depuis, ils sont marginalisés par la société. Encore plus que les autres enfants aux conditions précaires, ils n’ont d’autre choix que de s’en remettre à Dieu. Témoignages à Sidi Moumen, quartier qui a vu naitre des kamikazes du 16 mai.

par Hicham Bennani

Les enfants du bidonville des carrières Thomas, en périphérie de Casablanca vivent toujours dans des conditions précaires. Mais certains sont plus marginalisés que d’autres. En ce lieu appelé «Kariane Toma», un grand nombre de présumés terroristes ont été arrêtés par la police, suite aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Selma Mouhim avait 5 ans, lorsque son père Abdelhak a été enlevé à son domicile. Abdelhak Mouhim, 36 ans, peintre en bâtiment, a été condamné à trente ans de prison ferme. «Je m’en souviens comme si c’était hier. Une vingtaines d’hommes en civil ont pénétré par la force dans la maison. En nous injuriant, ils nous ont demandé où était mon père. L’un d’eux m’a violemment frappé à la jambe. Ma mère venait d’accoucher, ils ont alors dit «mabrouk ziada» (bienvenue au nouveau né) !», témoigne la jeune fille aujourd’hui âgée de 12 ans. Après cela, Selma a continué de se rendre à l’école. «Les premiers mois, mes camarades m’insultaient et me traitaient de fille de terroriste. Une institutrice m’a reproché de porter le voile. Ils me disaient : comment se fait-il que tu obtiennes de très bonnes notes, alors que tu es fille de terroriste, tu ne le mérites pas ! Lorsque je rentre à la maison, je me réfugie dans le travail et je pleure. Je veux que l’innocence de mon père soit faite par la justice», lance Selma en éclatant en sanglots. Pour acheter leurs livres et leur matériel scolaire, les enfants de ceux qui ont été incarcérés après les attentats de Casablanca font avec les moyens du bord, car leurs familles sont coupées de toutes aides extérieures. Et personne n’a le droit de leur apporter de l’assistance. «Nous sommes surveillés en permanence, les voisins sont solidaires, mais on leur passerait les menottes s’ils nous donnaient quoi que ce soit», assure Khamissa Rtimi, sœur de Abderazak Karaoui, condamné à 30 ans de prison ferme. (more…)

Presse marocaine : LA HOGRA !

Posted in Décryptage by hichambennani on novembre 22, 2009

Epée de Damoclès sur la presse

par Hicham Bennani

La justice marocaine n’en finit plus d’affaiblir la presse nationale, trop souvent coupable de titiller la monarchie. Le bilan du mois d’octobre, marqué par des sentences démesurées, fait indéniablement régresser la liberté de la presse au Maroc. L’étude des différents cas démontre que l’attitude des pouvoirs publics envers les journaux dépend de la ligne éditoriale qu’ils adoptent vis-à-vis du régime.

 

La caricature qui dérange

L’affaire Le samedi 26 septembre, jour du mariage de Moulay Ismaïl avec une ressortissante allemande de confession musulmane, Akhbar Al Youm publie une caricature du prince assis sur une aamaria, avec en toile de fond un drapeau du Maroc. Le numéro en question reste en vente dans les kiosques jusqu’au lundi. Le ministère de l’Intérieur décide alors de saisir tous les numéros ainsi que les archives. Les bureaux d’Akhbar Al Youm sont mis sous scellés et interdits d’accès. Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien et Khalid Gueddar, son caricaturiste, sont interrogés sans ménagement par la DST durant deux jours.
La sentence Vendredi 30 octobre, Taoufik Bouachrine et Khalid Gueddar sont condamnés par le tribunal de première instance de Casablanca à trois ans de prison avec sursis et à une amende de trois millions de dirhams à eux deux. Moulay Ismaïl avait déposé une plainte, qui a été maintenue, malgré des excuses de Bouachrine rendues publiques. Poursuivis également par le ministère de l’Intérieur pour «offense au drapeau national», les deux journalistes ont été condamnés par le même tribunal, à l’issue d’un second procès, à un an de prison avec sursis et à une amende conjointe de 100 000 dirhams.
Et maintenant ? (more…)